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LA POLITIQUE HIER ET AUJOURD’HUI L’école des grandes idéologies face au manque de convictions et d’éthique

  • Date: 21 janvier 2016

 Hier, les Sénégalais aimaient la politique. Soit par les idéologies, soit par les liens de parenté basés sur des comités. Entre animations folklore et autres meetings, chacun a ses trucs et astuces. Aujourd’hui, l’entrée en politique est synonyme de calculs, guéguerres, intérêts et surtout une violence aveugle.

Les histoires politiques sénégalaises étaient belles et plaisantes mais surtout agréables à entendre. À Saint-Louis, les comités battaient campagne de manière civilisée. Lors des réunions, les femmes étaient en première ligne, perceptibles, dès les premières lueurs de l’aube. Dans un même quartier, des familles vivaient en harmonie, mais chacune avec son appartenance politique. Une mobilisation, à nulle autre pareille. Dans les maisons, tout était bien préparé. Restauration, accoutrement, etc. On s’habillait, selon les couleurs de son parti. Du vert, rouge ou bleu. Et tous les accessoires étaient parés de ces couleurs. Du cure-dent « sothiou » aux chaussures, en passant par les boubous auxquels on accrochait des insignes. La conviction et l’éthique étaient les maîtres mots.

Après avoir gâté les militants, place aux démonstrations de force. Pour la ruée vers l’école de l’idéologie. Le grand combat.  Les grandes dames de comité, avec beaucoup de classe, la démarche fière, accompagnées des sons de « sabars » passaient à travers les ruelles. Souvent, elles étaient des analphabètes, mais savaient faire adhérer le maximum à leurs causes.

Dans la ville du refus, les week-ends étaient aussi marqués par cette grande offensive. Les grosses pontes du Parti socialiste (Ps), à l’époque, savaient fidéliser les militants. Pour la plupart, des directeurs de sociétés, très balèzes. Ils sondaient les quartiers pour trouver sympathisants et nouvelles adhésions. On offrait des bourses, des stages, et surtout beaucoup d’argent. L’argent coulait à flots. Souvent c’étaient des hommes et femmes, nés dans le quartier mais qui revenaient par la grande porte. En voulant faire revivre leurs racines. Les jours de grande offensive, la curiosité l’emportait. Devant ce défilé de belles voitures, il n’y avait pas de médias. Une seule télévision, calée juste sur l’essentiel. Cela a beaucoup payé, vu que certaines familles vivaient dans une grande pauvreté. Les enfants en âge d’être scolarisés, ne savaient pas trop ce qui se passait. Et c’est plus tard que la note a été salée.

Les années de braise et la politique deviennent informelles

Mais c’est au fil du temps que la politique a changé de visage pour devenir très hideuse. Les comités n’existent presque plus. On ne se réunit plus dans les quartiers et les villages. La politique est devenue informelle. Et ouvre ses portes à toutes sortes de dérives. De nouveaux comportements qui font fuir le plus gros du lot. Beaucoup de Sénégalais n’osent plus s’engager par peur des représailles. Le linge sale se lave par presse interposée. On ne  bat plus à cause de théories mais plutôt on se crêpe le chignon. La vie privée menacée.

Les premiers partis politiques n’attirent plus. Par la force des choses, les dés ne sont plus pipés. Beaucoup de jeunes, d’intellectuels ne se sentent plus concernés. Parce que les questions urgentes ne sont plus posées là où il faut, quand il faut. Et qu’au Sénégal, chacun empiète sur le territoire de l’autre. Chacun veut prouver qu’il est le roi dans son domaine. L’intérêt personnel prime sur tout. Hier, les questions brûlantes étaient débattues en toute confidentialité. Et pas sur la place publique.

La base n’est plus consultée. Combien de partis politiques sont structurés ? Les réunions ne sont plus décentralisées avec de grands responsables pour porter la parole. Cadres, intelligentsia sénégalaise préfèrent changer de fusil d’épaule. L’ère des consultants est née.

Se rendre dans une manifestation politique devient un danger, pour beaucoup. De plus en plus, les nervis, le recrutement de gros bras est dans l’air du temps. Chacun y va, avec ses manières souvent très violentes. Dans les familles, on se mène une guerre sans nom. Et sur tous les plans. La promotion ne se fait plus au prix du mérite. Les partis politiques ferment leurs portes. Ils ouvrent juste une mansarde ou une porte dérobée.

Le Sénégal, sur le plan politique s’appauvrit à cause d’une petite élite qui veut tout accaparer. Les jeunes ne se sentent plus concernés. À force d’être laissés en rade, les intellos abandonnent les politiciens sur les carreaux et ne les épaulent plus. Le pays devient ainsi très vulnérable. On nous impose tout. Et on laisse de côté nos valeurs et nos belles idées.

Ndèye DIAW

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