Accueil / SOCIETE / « La protection sociale est un instrument de lutte contre la pauvreté »

« La protection sociale est un instrument de lutte contre la pauvreté »

Le directeur général de la Caisse de sécurité sociale Ahmadou Yéri Diop a relevé, dans un entretien avec l’Aps, l’importance de la sécurité sociale pour prévenir « les aléas » de la vie, soulignant notamment qu’elle peut être « le premier instrument de lutte contre la pauvreté ».

« En Europe, la protection sociale est essentiellement utilisée dans la lutte contre la pauvreté. C’est d’ailleurs l’une des erreurs du Sénégal avec le premier Dsrp (Document stratégique de réduction de la pauvreté, Ndlr) de ne l’avoir pas utilisé comme véhicule de lutte contre la pauvreté », a soutenu M. Diop qui était l’invité des « petits déjeuners » de l’Aps.

Source : Le Soleil
Il s’est empressé de souligner que l’erreur a été corrigée dans le deuxième Dsrp tout en relevant que « le fait même de mettre la protection sociale dans le secteur agricole, c’est pour pouvoir lutter contre la pauvreté ».

En effet, a-t-il souligné, les paysans, qui utilisent des engrais, pesticides et autres produits chimiques dangereux se retrouvent sans revenus en cas d’accident ou lorsqu’ils contractent une « maladie professionnelle » et « c’est toute la famille qui devient pauvre ».

« Donc, la lutte contre la pauvreté, c’est cette protection sociale qu’on peut offrir aux gens. C’est vraiment essentiellement un outil de lutte contre la pauvreté », a-t-il fait valoir. Autre exemple relevant des mêmes causes pour les mêmes effets : le cas d’un « agriculteur qui devient âgé, malade », qui « n’a pas de retraite, n’a pas de revenus » et dont les enfants parfois peuvent avoir quitté le village pour la ville. Dans une telle situation, a-t-il commenté, c’est la pauvreté « qui s’abat sur toute une famille ». « Donc, la liaison qu’il y a entre la protection sociale et le secteur agricole, c’est le lien de revenu permanent qu’il faut assurer à la personne », a argumenté M. Diop.

Selon lui, il est « clairement défini » que dans une famille, « tant que le père a des revenus, le milieu familial est maîtrisé », mais « dès l’instant que le père est à la retraite ou n’a plus de revenus, ses filles sont laissées à elles-mêmes », tentées par la prostitution quelquefois. Sortis de l’école, sans revenus, les garçons, quant à eux, « deviennent de petits bandits », a-t-il ajouté avant de faire remarquer que c’est ce que les pays occidentaux en général ont compris. « Les sociétés européennes sont des sociétés qui se sont construites autour de la sécurité sociale. S’il n’y avait pas de sécurité sociale en Europe, je vous assure que le nombre de pauvres serait extraordinaire », a indiqué M. Diop. Pour lui, le rôle de la protection sociale est de « protéger contre les aléas de la vie », en procurant des revenus qui pourront assurer la protection contre notamment les accidents, les maladies, la retraite et le chômage. « Selon la richesse d’un pays, il y a des branches qu’on paie et des branches qu’on ne paie pas encore », a précisé le directeur général de la Caisse de sécurité sociale dont les prestations sont limitées à quatre branches au Sénégal.

Les prestations familiales (allocations prénatales, de maternité, les allocations familiales, les indemnités journalières de congé maternité), l’action sanitaire sociale et familiale, les accidents du travail et les maladies professionnelles, les relations intercaisses sont les services offerts par la Caisse de sécurité sociale.


À voir aussi

Le Sytjust dénonce le mutisme de IMF

En sit-in, hier, devant le palais de justice de Dakar, les travailleurs de la justice n’ont …

L’APS renoue avec la grève

L’Agence de Presse sénégalaise (Aps) va renouer avec la grève. Selon le secrétaire général de …