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La radio communautaire de Rufisque perd sa voix- Les journalistes en ordre de bataille contre leur directeur

 La radio communautaire de Rufisque, Jokko FM, est loin de  quitter l’actualité médiatique sénégalaise. En effet, après la bataille de paternité entre l’homme politique Abdourahmane Diouf et le directeur Boubacar Khalil Ndiaye, c’est autour des journalistes d’entamer un bras-de-fer avec leur directeur. Ils reprochent à leur patron de leur avoir fermé injustement le micro, suivi de menaces de licenciement, alors que du côté de la direction, on parle de situation provisoire.

Rien ne va plus entre journalistes de la radio Jokko Fm et leur directeur. En effet, depuis bientôt deux mois, c’est presque le silence radio à l’antenne, exception faite à l’animation musicale et de certaines émissions thématiques. A l’origine de cette situation, les conséquences directes ou indirectes de la guéguerre politico-médiatique entre le porte-parole de Rewmi, le Dr Abdourahmane Diouf et son ex-concessionnaire, le directeur de la radio, Khalil Ndiaye qui, dans un premier temps, avait concédé la gestion de la radio à l’homme politique; ainsi, depuis la « rétrocession » de la radio Khalil, les journalistes se disent « victimes de représailles et de sanctions » de la part de leur patron. Las de cette situation, ils ont tenu hier  une conférence lors de laquelle, ils ont tenu à décrire leur mal-vivre. Et selon un de leur porte-parole, Amadou Bayel Sow : « depuis deux mois, la radio communautaire Jokko Fm subit une situation de crise sans commune mesure ».

Selon toujours le red-chef de Jokko, ce qui se passe n’est ni plus ni moins qu’un « règlement de compte qui ne dit pas son nom parce qu’il accuse les journalistes d’être des pro-Abdourahmane Diouf qui a eu à gérer la radio pendant deux mois ».

Ainsi, d’après toujours Sow, « le 13 octobre dernier, les journalistes de la radio communautaire Jokko Fm avaient observé un arrêt de travail afin que leurs indemnités leur soient versées ». Et sans avoir une réponse positive de leur patron, ce dernier sortit une note de service le 16 octobre dernier, « pour arrêter définitivement la diffusion au sein de la radio de toute édition, rien que pour procéder à une décapitation de la rédaction. Et pour orner le tout, il nous dit qu’il veut revenir à l’esprit de la radio communautaire. Ce qui est totalement faux parce que». durant 12 ans, il s’est enrichi. Nous disons que c’est un Machiavel de la presse ».  Poursuivant, le porte-parole du jour, complété par Moussa Pouye et Mbaye Sow, a déclaré qu’ils sont prêts désormais «à répondre œil pour œil, dent pour dent. Nous lui disons que nous sommes des Rufisquois. Il ne peut pas venir de Fatick et imposer tout ce qu’il veut à Rufisque ; parce que tout simplement c’est le secrétaire de la mairie de Fatick et il y a Matar Ba et Mbagnick Ndiaye qui sont derrière lui. Il dit qu’il a l’Etat à ses côtés ».

Du côté du doyen de la presse à Rufisque, Moussa Guèye Jaraaf, qui se dit outré par l’attitude du directeur de la station radio rufisquoise, c’est du totalitarisme. En effet, affirme l’attaché de presse du maire de Rufisque, « Boubacar Khalil Ndiaye ne peut pas avoir utilisé la compétence, le talent et la jeunesse de ces jeunes journalistes pendant douze ans en les privant de tout et lui, il a tout eu », avant de qualifier en outre l’acte d’escroquerie. «Aujourd’hui, il a tenté un coup d’escroquerie, ça n’a pas marché. Maintenant, pour réparer les pots cassés, il veut sauver la face en prenant des mesures aussi totalitaires », tonne-t-il.

Les travailleurs de radio Jokko Fm affirment avec force qu’ils sont en train de dérouler un plan d’action qui en est à sa première phase. Et selon eux, tout dépendra de la suite que donnera leur directeur à leur conférence de presse.

Djiby GUISSE

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