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La Sierra Leone cherche à valoriser sa manne diamantifère

La Sierra Leone, qui a relancé un secteur minier dont la réputation avait été fortement pénalisée par la guerre civile (1991-2001), tente de donner un nouveau souffle à cette manne en incitant les professionnels à transformer les pierres sur place.

Source : Jeune Afrique
Mais cette démarche, qui implique que les gemmes soient taillées et polies en Sierra-Leone, paraît pavée d’embûches pour les experts du secteur.

En juin 2003, l’ONU a de nouveau autorisé l’importation des diamants bruts en provenance de la Sierra Leone après l’avoir interdite en 2000 pour éviter leur vente illégale par les rebelles pendant la guerre.

Pour rompre avec son image associée aux « diamants du sang », le pays a adhéré au processus de Kimberley, un système de certification assorti d’une série de contrôles et de suivi des gemmes.

Depuis la fin du conflit, la production a repris progressivement et les exportations sont passées de 10 millions de dollars en 2000 à 125 millions de dollars en 2006, les prévisions pour 2007 avoisinant les 160 millions de dollars.

Mais les autorités, qui perçoivent 3% sur chaque diamant exporté, ne s’en satisfont pas et souhaitent accompagner la mise en place d’une industrie de transformation (taille et polissage) des pierres brutes pour en accroître la valeur ajoutée.

« Il n’y a pas de taille (en Sierra Leone) pour le moment, mais le gouvernement a mis en place une politique visant a ajouter de la valeur à nos minéraux, dont les diamants », explique le ministre des Mines, Swarray Deen, soulignant que la nouvelle loi prévoit l’embauche et la formation d’un quota de personnel local.

« Pour tailler des diamants, vous avez besoin de (gros) volumes de pierre et des compétences pour le faire. Or, ces compétences font défaut », relève le consultant Andrew Kilie.

En outre, souligne-t-il, les petits producteurs, qui extraient environ 80% des gemmes, sont organisés en groupements déjà connectés aux marchés étrangers. « Convaincre les vendeurs de céder leur marchandise localement ne va pas être facile », prédit-il.

Selon le directeur des mines, Alimany Wurie, certains exportateurs se sont déjà engagés à vendre leur marchandise à des tailleurs locaux.

Si la taille et le polissage sont effectués sur le territoire, « cela créera des emplois et des revenus en hausse pour le gouvernement », affirme-t-il, évoquant même un possible marché dans le pays.

Pour M. Kilie, il n’y a pas de place pour un marché dans ce pays très pauvre où sept personnes sur dix survivent avec moins d’un dollar par jour.

« Le commun des Sierra-Léonais connaît ou a entendu parler des diamants et de leur valeur, mais il préfère investir dans la terre ou dans d’autres biens », confirme Riad Hassan, un des rares joailliers de Freetown.

Une demi-douzaine d’entreprises américaines, russes et britanniques ont déjà manifesté leur intérêt pour investir dans la transformation des diamants, mais aucune ne s’est encore formellement engagée.

« Le gouvernement est préparé, nous avons pris nos dispositions, mais nous ne pouvons forcer personne », souligne le ministre Swarray Deen.

L’industrie minière sierra-léonaise, dominée par les diamants, représentait jusqu’à 80% des exportations avant la guerre.

« Nous travaillons à retrouver ce niveau et même à faire mieux », affirme M. Deen.

Les zones d’exploitation diamantifère de la Sierra Leone couvrent près de 20.000 km2, soit plus d’un quart de son territoire, et sont principalement localisées dans le sud et l’est du pays.


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