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La vie des locataires du Palais Présidentiel : Entre époux, amis, confidents…

Abdou Diouf

Il a succédé à Léopold Sédar Senghor. Né avec une cuillère en or dans la bouche, Abdou Diouf a été un Président,  par défaut. En passant d’abord par l’administration territoriale. C’était un chef d’Etat très à cheval sur les valeurs républicaines. Le palais présidentiel était une sorte de bunker. Certaines tenues n’étant pas admises dans le Saint des saints. Abdou Diouf a été baptisé par les Sénégalais, Monsieur forage. L’homme a eu à souffrir avec la politique d’ajustement structurel. Le fameux plan Sakho Loum. Abdou Diouf a été victime d’un entourage qui le confinait dans ses bureaux. C’est en 1998 qu’il se réveille de sa torpeur. Avec une campagne 2000 où il fit venir à Dakar, le fameux publiciste Jacques Séguela. Ce dernier a gagné beaucoup d’argent, en faisant miroiter un plan de communication  inimaginable.  Les Sénégalais  ont dû le renvoyer au second tour. Et pour la première fois, Abdou Diouf dût faire de nouveau face à des adversaires coriaces comme Moustapha Niasse, Landing Savané, Amath Dansokho et Abdoulaye Wade. Ce dernier que les socialistes ont toujours peint comme un «fauteur de troubles» le remplace et pour la première fois, le Sénégal connaît sa première alternance.  Le Président Diouf s’est souvent frotté à des jeunes fougueux comme Mademaba Sock et la jeunesse Thiessoise. Qu’il a qualifié de «jeunesse malsaine». Ce qui l’a beaucoup handicapé dans la capitale du refus. Après avoir trop couvé Ousmane Tanor Dieng, Diouf, comme on le surnommait, n’a pu contrôler le Parti socialiste qui a dû connaître sa véritable métamorphose. Djibo Kâ, Moustapha Niasse ont dû couper les ponts avec l’Homme qui n’écoutait plus que les seuls conseils de son second. Un malaise qui a fini par emporter la déferlante socialiste.

Le Président Abdou Diouf a toujours été un Homme très élégant. Du haut de sa grande taille. Avec ses cheveux poivre-sel. Ses costumes bleu-Mitterrand ou pétrole, marron. Ses grands boubous blancs. Il a toujours été un Homme à l’écoute. Dans les moments difficiles, les conseils des chefs religieux lui étaient d’un grand apport. Aujourd’hui, il a droit à une retraite bien dorée, dans la capitale française, loin de ses racines lougatoises.

Son épouse Elisabeth Diouf a dirigé la Fondation Solidarité partage. Cette grande dame aimait les mondanités. C’étaient des soirées où le couvert se monnayait autour de 100000 francs. C’était le rendez-vous de la jet-set. Une carte toujours très raffinée.  L’association trouvait ses fonds auprès de mécènes et lors de soirées de charité. Elisabeth Diouf était souvent baptisée Madame Moulin. Certaines la disaient muette, mais elle ne l’était point. Juste pour des règles de diplomatie. Son premier discours a été comme une motte de pluie en plein Sahara. Elle s’est exprimée à l’étranger. Pour les besoins d’un sommet. C’était une femme de petite taille, mais élégante. Avec des tailleurs toujours très stricts et des tenues à l’Africaine. Sa dame de compagnie était Ramou Baudin. Elles participaient ainsi aux kermesses diocésaines, faisaient des œuvres caritatives. Confidente de son époux, Elisabeth a été une première dame attentionnée. Lors de leurs week-end dans la résidence secondaire du couple, Mme Diouf soutenait son mari, dans des situations souvent très difficiles.

Abdoulaye Wade, l’homme du «19 mars»

Personne ne le voyait à la Présidence. Les socialistes l’ayant  caricaturé sous tous les traits. Mais il y a toujours cru.  Ce n’était pas la bonne. Sauf en 2000. Abdoulaye Wade a enfin conduit les destinées du Sénégal. Epuisant la terrible machine verte mise en branle.

Abdoulaye Wade est un dur à cuire. Toujours très téméraire. Selon une confidence, le jeune Wade aimait les défis. Son père recevait souvent dans sa cour, des marchands. Mais un jour, un Maure arrive, avec son chameau. Avec ses frères et cousins, le petit Ablaye avait la tête ailleurs. Comment passer entre les pattes de l’animal, sans qu’il s’en aperçoive. En un temps quatre mouvements, Ablaye Wade commence à ramper, jusqu’à se frayer un chemin  sous le chameau. C’est après avoir crié «j’ai réussi» que le Maure cria fort. L’animal commençait à s’agiter. La maison était sens dessus-dessous. Personne n’a jamais tenté une telle épreuve. C’est ce jour que le maure leur confesse que cet enfant irait loin. Après cet exploit, Abdoulaye Wade était prêt. De défaite en défaite, il construit son parti autour de projets souvent piratés ou dénigrés par les socialistes de l’époque.  C’étaient pour eux des éléphants blancs. Il est souvent entré dans le gouvernement de Abdou Diouf. Avec quelques de ses collaborateurs. Mais c’était juste pour calmer ses ardeurs. Au fil du temps, les Ssénégalais commencent à se lasser du régime de Diouf. Abdoulaye Wade devient le candidat du peuple. Avec Idrissa Seck, c’est la marche bleue. Un jackpot, dans une période de vaches maigres. Face à la puissance de Jacques Séguela et sa dream team, Abdoulaye Wade pousse Abdou Diouf au second tour. D’une campagne avec ses surprises. C’est le temps des amours impossibles en politique. Des combinaisons inimaginables.

Wade triomphe. Porté par une marée humaine impressionnante. Et c’est en 2000 qu’il déroule sa stratégie pour faire émerger le Sénégal. Les éléphants blancs changent de couleurs. Après avoir essayé trois premiers ministres, Wade trouve en Macky Sall, la solution. L’ingénieur en pétrochimie et l’avocat forment une belle équipe. C’est l’ère des infrastructures. Le Sénégal est en chantier. Au portillon du Sénégal, les investisseurs se bousculent. Abdoulaye Wade pardonne à plusieurs reprises ses ennemis d’hier. Pour revendiquer, il demande aux Sénégalais d’arborer le brassard rouge. Sa communication est excellente.  Le peuple lui donne deux mandats pour poursuivre son travail. Wade investit tous les continents, voyage de pays en pays. Pas pour des villégiatures, mais pour y chercher le savoir. Chinois, brésiliens, arabes, russes, beaucoup de pays nouent des  partenariats. C’est sous son magistère que le Sénégal entre dans le panthéon, en coupe du Monde. Battant d’abord la France puis le Danemark. Un exploit. Ce fut une belle après-midi où le Monde écarquille les prunelles en regardant sur une carte, ou le web, un pays qui se nomme Sénégal. Et ses fameux joueurs.

C’est ainsi que le Président Abdoulaye Wade ouvre ses portes à tous les secteurs de la vie économique. Dans toutes les régions du Sénégal, les chantiers émergent. Il met en place la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance. L’arachide, la tomate cerise sont prisées sur les tables Ukrainienne et Bavaroise. Les cultivateurs du dimanche voient le jour. Des produits comme le sésame apportent leur plus value.

Mais lé régime de Abdoulaye Wade flanche, avec la naissance de la génération du Concret, du Mouvement Y’en a marre, ajoutons-y l’éviction de Macky Sall de l’Assemblée nationale.  Le Père de l’alternance envoie son fameux ticket, sur le fameux quart bloquant. C’est le début de la guerre froide. Les Occidentaux et la Maison Blanche n’acceptent pas les sorties du Président Wade. Ce dernier sollicite un troisième mandat. C’est la guerre des lois. Et c’est dans cette  atmosphère que le scrutin présidentiel se dessine. Macky Sall, le poulain, envoie son mentor au second tour. Avec une forte coalition, Macky Sall gagne au second tour.

Malgré sa défaite, Abdoulaye Wade reste toujours un dinosaure politique. Fortement médiatisé, il est toujours au devant de la scène. Ses combats sont pour un retour du Pds au pouvoir. Avec cette fois, son fils, en pôle position.

Le pape du Sopi, malgré son âge, était toujours seyant. Des costumes qui lui allaient comme un gant. Mais son style le plus In, ce sont des tenues style Hamid Karzaï. Un mélange de traditionnel d’occidental. Avec cette toque carrée. Me Abdoulaye Wade s’habillait aussi avec de grands boubous. Et il aime bien cette écharpe blanche, cadeau d’un vénéré fils de Serigne Touba. Aujourd’hui, il porte une canne. Comme pour montrer que même avec l’âge, il fait encore des émules.

Viviane Wade et la spiruline

Ayant rencontré Abou, en France, Viviane devient tout de suite sénégalaise de cœur. Elle a dû souffrir à cause des nombreux coups fourrés du régime socialiste. Abdoulaye Wade étant souvent, dans les liens de la prévention, Viviane s’étonnait toujours de ces va-et-vient dans les geôles du Port, ou de Reubeuss. Première militante, elle soutenait son mari, dans des moments difficiles. La valise, le panier à repas. La Besançonne, dans ces durs moments, avait toujours un moment, pour des jeunes filles. A qui elle apprenait la couture. Au Point E. et c’étaient des va-et-vient, entre la France et Dakar. Viviane Wade est devenue une première dame, qui a choisi de faire dans le social. Surtout au niveau de la santé. C’est Madame propre. Madame Santé. En construisant à la lisière de la frontière avec la Guinée, la Fondation Education santé, elle innove. Pour la première fois, la télémédecine fait son apparition. Permettant aux populations de se soigner vite et bien.  Mieux, la première dame exploite la spiruline. Un produit riche. Pour les bébés et enfants mal nourris.  Lors d’une campagne, demandez à l’équipe de télévision détachée au palais !!! La prise quotidienne de vitamines pour la chaleur, la poussière. Elle venait avec ses comprimés et sa bouteille d’eau. Une first lady qui s’appelle Viviane Wade et aime les tailleurs caramel, praline, beige. Des colliers en perle fine. Le brushing toujours parfait.  Aujourd’hui, à l’image de son mari, elle suit le combat de son fils.

Ndèye DIAW

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