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Lac rose ou lac retba Le cri l’alarme des acteurs du tourisme

Situé à quelque 35 km de Dakar, le lac rose est l’un des sites les plus visités de la capitale. Véritable curiosité naturelle, il doit sa couleur rose à une bactérie qui développe des piquants rouges pour se protéger des eaux fortement salées. Mais ce Lac à la mine d’or blanc se meurt lentement et doucement à cause de l’insalubrité, de l’insécurité et l’occupation anarchique.

Le lac rose, de son vrai nom Lac Retba, se meurt lentement et le tourisme de la région de Rufisque avec. Insécurité, construction anarchique autour du lac, insalubrité, absence totale de politique de conservation de ce site pourtant classé patrimoine mondial de l’Unesco, sont les maux qu’on peut citer. A l’heure où les questions liées à l’environnement préoccupent les dirigeants du monde entier, la situation au Sénégal semble être différente, notamment au lac rose où le spectacle est plutôt accablant, et pour cause. Depuis quelques années, le lac rose est laissé à son triste sort. « Déplorable »,  s’écrient les acteurs du tourisme de la zone. « Le tableau est accablant, devant nos yeux. Le lac est en train de rétrécir et on ne fait rien pour stopper ce désastre. Depuis des années, nous attirons l’attention des  autorités, mais nous ne sommes pas écoutés. Les arbres plantés autour du lac pour constituer un anneau de sécurité sont coupés, il y a également une forte activité de construction d’habitats qui se développe anarchiquement tout autour, les terrains sont vendus par les autorités. Les gens veulent habiter près du lac, au dépend de sa survie. Il ne faut pas aussi oublier l’extraction du sable qui n’est pas du tout contrôlée. C’est vraiment grave ce qui se passe ici. Toutes ces choses contribuent à dégrader l’environnement du lac et de son bassin versant», s’écrie Amadou Bocoum Diouf, le président d’initiative et du tourisme du Lac rose.

Selon Cheikh Ndoye, artiste spécialisé dans la fabrication de tableaux en sable, autrefois le lac s’étendait sur 8 kilomètres de long et 1,5 kilomètre de large. Aujourd’hui sa longueur est 4,5 km sur 800 mètres de large environ.

Absence d’activité

Côté tourisme, le lac perd peu à peu sa renommée de grand pôle touristique. « Nous avons de moins en moins de touristes depuis que le lac n’abrite plus l’arrivée du Paris-Dakar. Avant, on bénéficiait de la publicité qui était fait autour du rallye et toute l’année, les touristes venaient visiter. Depuis, on se contente de quelques visites. Rien n’est fait par notre ministère du Tourisme. Regardez, il n’y a même pas d’éclairage alors que souvent, les touristes aiment bien se promener tard. Il n’y a même pas un poste de gardiennage, aucune installation moderne pour renseigner les gens, c’est un site désert. Le tourisme ici se fait de manière archaïque », explique Monsieur Dia, guide touristique au Lac rose. « C’est triste que nous ne profitions pas assez de nos atouts pour développer ce secteur. Il faut vraiment une forte mobilisation pour redonner au lac sa notoriété. Nous devons créer des activités périodiques pour accompagner ce secteur, et c’est l’engagement de tous. Par exemple, un festival ou un concert géant sur le site du lac, ou encore une semaine découverte du lac, ces genres d’initiatives doivent pouvoir être organisés. Les acteurs de ce secteur eux-mêmes doivent se mobiliser pour promouvoir ce site avec l’aide de spécialistes. Par exemple, nous sommes prêts à organiser une session de formation à la création de blog et de contenus pour accompagner », laisse entendre Ismaël Cabral Kambell, Chargé de Communication et Relations publiques à Jumia Travel. « Nous ne devons pas laisser ce site unique mourir, c’est notre devoir de le protéger ».

L’urgence est signalée, si rien n’est fait, il ne restera plus rien que des souvenirs, dans une dizaine, vingtaine d’années ? Sauver le Lac rose est un devoir, les acteurs du tourisme autour de ce site y croient et entendent bien, face à l’absence d’une oreille attentive, interpeller le secrétariat général de l’Unesco et le centre du patrimoine mondial, car ce site a été inscrit au patrimoine mondial depuis 2005.

Marie Joseph (Correspondance particulière)

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