Thierno Ibrahima Diakhaté AMBASSADEUR DU SÉNÉGAL A OMAN : « Il n’y a qu’au Sénégal où le terrorisme fait rire… Wade a tellement détruit que Macky … Les gens s’accrocheront à ses pieds pour lui demander de rester… J’ai mendié… »

Le terrorisme, la mendicité des talibés, le pèlerinage à la Mecque avec la mainmise de l’Arabie Saoudite sur le Hadj, le Président Abdoulaye Wade et sa gestion, son successeur le Président Macky Sall et ses exploits, l’emprisonnement de Karim Wade, la question du référendum, de l’homosexualité et de la laïcité …autant de sujets abordés par Son Excellence Thierno Ibrahima Diakhaté , ambassadeur du Sénégal à Oman. Une interview exclusive !

Son Excellence, vous êtes l’ambassadeur du Sénégal à Oman. Qu’est-ce qu’on peut savoir d’autre de vous ?

J’ai fait mes études primaires à Diourbel à l’institut Islamique Cheikh Ahmadou Mbacké. J’ai fréquenté un collège franco-arabe avant de bénéficier d’une bourse d’études en Arabie Saoudite où j’ai été à Jazzera School à Riyad  qui n’était pas encore la capitale, mais qui servait de fief à la famille royale. En un moment donné j’ai sollicité une nouvelle bourse pour la Tunisie. J’avais besoin de faire de l’interprétariat mais la Gouvernement Sénégalais avait refusé car incapable d’annuler une bourse en cours. C’est après que j’ai obtenu mon diplôme de DEA avant d’être recruté par la ligue Mondiale Islamique pour siéger au bureau et à Paris. Je suis le premier africain noir à occuper ce poste. J’ai fait un moment le Gabon avant d’être réorienté à Dakar où j’ai siégé dans le bureau régional. L’histoire retient que je suis le premier arabophone Sénégalais à oser créer une Ong financée par des non-arabes. C’est avec ce partenariat que j’ai pu réfectionner à hauteur de 38 millions le poste de santé de Médinatoul.  J’ai été dans le reboisement, dans l’encadrement des GIE, dans la construction de toilettes publiques à Diourbel etc… J’ai été nommé par la suite comme commissaire adjoint avec des prérogatives au pèlerinage. J’ai travaillé avec Moustapha Guèye et notre tandem était devenu le numéro 1 de l’Afrique.

L’organisation du pèlerinage est devenue un gâchis, vous partagez l’avis ?

Je ne veux pas beaucoup parler du dernier pèlerinage. En tant qu’ancien haut commissaire, j’ai été consulté pour donner mes conseils. C’est un inélégant que j’en parle.

Le drame de Mouna est encore dans les mémoires.  Est-ce l’Arabie Saoudite ne devrait pas intégrer d’autres pays dans l’organisation du pèlerinage ?

Il ya des gens qui suggèrent cela. La Libye, du temps de Mohamar Khadafi avait préconisé une solution pareille. Moi, je suis d’avis que le royaume n’acceptera jamais de cogérer avec le reste du monde musulman le pèlerinage. C’est comme si elle perdait une partie de sa souveraineté. Et cela, les Saoudiens le refuseront toujours. On peut bien continuer à le dire, mais c’est un combat perdu d’avance même si une gestion collégiale aurait été plus efficace. Il faut aussi dire que l’Arabie Saoudite fait partie des pays les plus riches au monde avec son pétrole. Forte de ce pétrole et servant de terre de repos au prophète Mouhammad (Psl) , elle se croira capable de relever tous les défis

Le terrorisme vous fait peur monsieur l’Ambassadeur ?

Le Sénégal, est le seul pays au monde où le terrorisme est sujet pour faire rire. C’est extrêmement grave quand je vois un Kouthia, vêtu à la manière des membres de Boko Haram, jouer pour faire rire. Tirer à droite et à gauche des coups de feu…J’étais à Mascates. Je n’en revenais pas. Je me suis dit que ces gens-là ignorent ce que ce veut dire le terrorisme. Le terrorisme est une affaire très sérieuse mon cher. On ne doit pas jouer avec! Les terroristes ne font pas le distinguo entre les riches, les pauvres, les marabouts, les journalistes, les enfants, les femmes, les vieilles personnes. Il frappent partout et n’importe comment. Ils sont en Tunisie selon les dernières  informations. Alors en tant qu’artiste, il n’a pas le droit de faire rire en parlant du terrorisme. Moi, je sais ce que je dis. La presse doit en faire un traitement sérieux et moins laconique.

Les daaras, les talibés, les difficiles conditions de ces derniers surtout, cela vous inspire quoi ?

D’abord, je tiens à dire que je ne suis pas un arabisant, mais un « Serigne Daara ». J’ai effectivement mendié. J’ai fait « sarakh agn, sarakh réér, du larabiralan ». Je me rappelle que quand le repas qui m’était donné ne me convenait pas , je le versais devant la porte dès que je sortais de la maison en question. Aujourd’hui, je pense que le monde a évolué. Il faut tout de même octroyer aux talibés de meilleures conditions d’études. Vous voyez que les maîtres coraniques disposent maintenant de tablette, de téléphone portable. Ce qui ne fut pas le cas auparavant. Par conséquent, il faut évoluer dans le bon sens sans toutefois altérer l’environnement culturel des daaras.

Parlons politique. Vous avez collaboré d’abord avec Iba Der Thiam et ensuite avec Wade. Qu’avez-vous retenu de l’homme Wade ?

Beaucoup de choses ! Il faut reconnaître qu’il a fait beaucoup de choses pour ce pays, mais il a aussi beaucoup détruit dans ce pays. C’est sous son magister qu’il est devenu possible, par presse interposée de détruire des pères de famille en un tour de bras. Comment de personnalités se sont réveillées en fermant les yeux parce qu’elles ne pouvaient plus regarder leurs familles les yeux dans les yeux ? C’est terrible. Wade a la lourde responsabilité morale de ce drame. Du temps de Senghor et de Diouf, il y avait une certaine rigueur. Mais avec lui la liberté de détruire est devenue acquise, d’emblée dès qu’on est journaliste. C’est avec lui que l’argent du pays a été dilapidé, qu’il a été question de détournements, de gestion opaque, de gabegie. Wade a tellement détruit que Macky est obligé de cravacher fort pour respecter ses engagements.

Et le Président Macky Sall ?

Je le connais depuis longtemps. Je me rappelle un jour lui avoir rendu visite chez lui. L’actuelle première dame m’avait demandé de l’attendre. Macky Sall est arrivé aux environs d’une heure du matin pour me dire qu’il n’avait même pas mangé de la journée. C’est dire que c’est un travailleur hors pair.

Comment vous trouvez son bilan ? 

Très satisfaisant si on prend en considération l’état de délabrement avancé dans lequel il avait trouvé le pays. Ne serait-ce que pour ce qu’il a fait des finances publiques. Tant tout est transparent ! Ensuite regardez un peu comment il a métamorphosé les secteurs de l’agriculture et de l’élevage. S’il termine son mandat dans deux ans, vous verrez un bilan élogieux. Et tenez-vous, parole d’expert, s’il arrive à boucler deux ans, les Sénégalais s’accrocheront à ses pieds  pour lui demander de ne pas partir. Il a construit des ponts, un aéroport, des routes , celle de Touba sera achevée  bientôt…

Et son wax-waxett, pour un Chef d’Etat, c’est terrible ?

Il n’y a pas de wax waxett. Les Sénégalais aiment ce genre de mot et ce genre de débat. Il n’était pas obligé de faire cette promesse. Dès que le Conseil Constitutionnel lui a interdit de réduire son mandat, il l’a, par la même occasion, affranchi de son engagement. A l’impossible, nul n’est tenu. Maintenant les commentaires sont libres. Ils ne veulent que l’empêcher d’achever ses chantiers.

Autre chose, vos convenez que son projet de révision constitutionnelle recèle des zones à interprétation multiple ?

Il n’y a aucune zone d’ombre. Ce sont les politiciens malhonnêtes qui vous tiennent ce langage. Quand Barack Obama était venu, obligeant toutes les caméras du monde à braquer leurs projecteurs sur Dakar, le Président Macky Sall a été clair. II lui avait clairement signifié que l’homosexualité ne sera jamais légalisée au Sénégal. Un autre Chef d’Etat aurait forcément accepté de se plier à la volonté de l’homme le plus puissant au monde. Mais Barack n’a pas impressionné Macky. Et c’est cela le plus important. Nous devons être fiers de lui. N’écoutez ces racontars de mauvaise augure.  J’ai aussi parlé de laïcité. Tout cela c’est de la politique politicienne.

Karim en prison… il est temps qu’il sorte non ?

(Long silence et un petit sourire) Je préfère ne pas me prononcer sur cette affaire. La justice a fait son travail et j’ai confiance en la justice de mon pays.

Êtes-vous pour la réconciliation Wade-Macky ? 

Oui, je le voudrais bien, mais à une condition. Que le Président Wade reconnaisse que le pouvoir qui lui avait permis d’aller cueillir Idrissa Seck chez lui pour l’amener en prison est aujourd’hui entre les mains du Président Macky Sall. Au cas contraire, je dis non.

Mais dites, qu’est-ce que son Excellence fait au Sénégal ?

Je suis venu uniquement pour soutenir le Président Macky Sall. Je suis venu pour l’aider à faire triompher le Oui au soir du 20 mars. J’irai personnellement rendre visite aux familles pour leur expliquer les 15 points du projet constitutionnel.

Son Excellence, Dakaractu vous remercie…

Permettez-moi pour terminer de saluer la crédibilité de votre journal. C’est un journal en ligne redouté, car très sérieux et très professionnel.

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