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Lamine Bâ aux Nations Unies : Nos techniciens doivent se mettre à l’Anglais

Mamadou Lamine Bâ, ministre du Plan, en charge du Développement durable s’est adressé le 9 mai dernier , à New York, à la 15ème session de la commission de l’organisme mondial qui s’occupe des questions liées au développement durable. Cette année le thème de la réunion de haut niveau était l’Energie au service du Développement durable. Cette rencontre a encore confirmé une tendance que l’on constate depuis fort longtemps : Il y a toujours une unanimité sur l’importance des questions de développement et l’urgence à leur apporter des solutions. Mais les ressources financières font défaut.

Source : Sudonline
A la tribune de l’Organisation des nations unies qui abrite la session, Mamadou Lamine Bâ a dressé le constat : « La session d’examen de 2006 nous a rappelé combien des progrès importants restent à accomplir, tant les avancées dans les secteurs considérés demeurent minimes et éloignés des objectifs que la communauté internationale avait arrêtés, à Rio en 1992, et à Johannesburg en 2002, pour relever les défis de l’environnement en particulier, et du développement durable, en général. » .

Ces insuffisances relevées par le ministre du plan n’ont pas empêché les pays développés de rester sur les mêmes positions à savoir que tout débours de ressources financières doit être accompagné d’exigences de démocratie et de bonne gouvernance. Le dialogue de sourds continue. Si, comme l’a souligné Mamadou Lamine Bâ des pays comme le Sénégal ne sont pas épinglés sur la démocratie et la bonne gouvernance, , la question reste entière. Dans le cadre des négociations multilatérales les pays du Nord viennent avec des postions de groupe face au pays du Sud en ordre dispersé.

Comment peut-on imaginer le Sénégal, la Guinée, le Mali ou le Niger, défendant les mêmes positions sur les questions énergétiques que l’Arabie Saoudite, le Nigeria, la Lybie et autres producteurs de pétrole, si ce n’est pour réaffirmer une solidarité du groupe des 77 ? A preuve, au moment où les techniciens qui accompagnaient le ministre du Plan et du développement durable défendaient les mêmes vue que les pays producteurs de pétrole dans les commissions de négociations, le chef de la délégation montait une défense vigoureuse de la « Wade Formula » qui exige des mêmes partenaires pétroliers de donner leur « super profits » au pays qui sont dans le besoin. C’est dans ce chapitre également qu’il faut loger le fait d’insister pour que le Zimbabwe obtienne la présidence rotative de la commission stratégique du développement durable des Nations Unies, tout en sachant que les pays développés ont déjà fait comprendre qu’ils comptent négocier avec des pays,peu regardants sur la démocratie et la bonne gouvernance. Autre lacune qui influe sur la capacité de négociation des fonctionnaires de pays comme le Sénégal, la question de la langue.

Les documents introductifs des débats, comme les interventions dans les groupes de négociations sont généralement faits en Anglais. Un négociateur qui ne parle pas cette langue est désorienté. Aussi, Mamadou Lamine Bâ a t-il estimé que nos cadres doivent se mettre à l’Anglais. Il a promis de travailler avec les partenaires du Sénégal pour trouver les moyens de mettre en place des programmes de formation et de mise à niveau linguistique de nos négociateurs internationaux.

En attendant, il a promis de n’intégrer dans les délégations devant l’accompagner que des fonctionnaires capables de s’exprimer dans la langue de Shakespeare.


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