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Lamine Ba: « On ne sait pas sur quoi Macky veut dialoguer… »

Lamine Ba, membre du Comité directeur du Parti démocratique sénégalais (Pds) et par ailleurs porte-parole de la Fédération nationale des cadres libéraux (Fncl), a été, ce samedi, l’invité du Grand Oral. Devant Fatou Thiam Ngom sur les ondes de la 97.5 Rewmi FM, il est revenu sur la vie du parti démocratique sénégalais et sur l’actualité politique. Morceaux choisis.

Lamine Bâ, un insoumis ?

On me reprochait souvent de ne pas me soumettre aux ordres du parti. Mais, ce problème est clos et je ne peux pas revenir là-dessus. Ce qui devrait être dit est dit et le plus important c’est qu’au niveau du parti que nous puissions nous entendre, avancer ensemble vers l’objectif. Par principe si je clos un sujet je ne me permets plus d’y revenir. Ce qui devrait être dit est dit. Nous sommes dans un parti politique et les choses se règlent en interne. Cette affaire est close et nous pouvons passer à l’essentiel. L’essentiel c’est les questions qui nous préoccupent, qui nous interpellent. On ne peut pas sortir le Pds d’un ensemble et vouloir caricaturer.

Absence du Pds de la présidentielle

C’est un constat. C’est une première dans histoire politique du Sénégal et nous ne sommes pas les seuls. Je rappelle aussi que le parti socialiste n’était pas un rendez-vous. Notre vocation ce n’est pas de soutenir un politique mais c’est de conquérir le pouvoir. Et, je pense que c’est la mission principale du parti socialiste. Sauf que nous ce qui nous a empêché de participer à cette élection tout le monde le sait. C’est qu’on nous a empêchés de participer avec notre candidat et ça aussi nous l’avons refusé. Je pense c’est très claire. Le parti démocratique sénégalais est un parti souverain, libre. Ce parti a choisi librement son candidat pour participer à l’élection présidentielle et vous avez vu tout ce qui s’en est suivi avec le forcing d’Etat, l’instrumentalisation de la justice, le harcèlement politique. Tout ce que le Pds et Karim Wade ont vécu ces 7 dernières années ont montré que le combat était politique.

Sans Karim Wade, pas d’élections

On avait dit que sans Karim il n’y aura pas d’élections. Mais vous savez que la politique est parfois une communication qui ne peut pas être comprise. Nous, nous sommes dans une constance et ça a été prouvé à l’issue des élections législatives de 2017. Nous étions les premiers à nous réunir pour sortir un livre blanc. Dans lequel livre blanc nous avions condensé un certain nombre de récriminations, de manquements, de dysfonctionnements sur le processus électoral et qui sont des manquements de nature à entacher substantiellement la crédibilité d’une élection dans un Etat démocratique. Quand nous l’avions dit à l’époque, peut-être que les gens ne nous avaient pas compris et ne nous ont pris au sérieux. Dans des conditions d’opacités, de gestion solitaire du processus, de rupture du principe du dialogue qui était le socle de notre évolution démocratique. Et c’est dans des conditions comme ça que l’élection présidentielle a été organisée. Si les 90% du processus ont été biaisés et le jour du scrutin tout se passe correctement. Je ne vois pas en quoi cela peut changer la donne.

L’appel au dialogue lancé par le Président Sall

Le parti n’a pas encore donné de position sur la question du dialogue. Donc, je ne peux engager le le parti ni parler en son nom. Quant à mon opinion, je pense nous ne sommes pas au stade de répondre ou de ne pas répondre. Nous sommes au stade d’une intention de vouloir dialoguer manifestée par le Président de la République. Mais, on ne sait pas sur quoi il veut dialoguer et comment il va dialoguer, qu’entend-t-il par ce dialogue? Soyons patients. Il a dit qu’il va parler aux sénégalais le 2 avril prochain il faut l’écouter et il n’y a aucune pression à cela. Ce qui est important pour moi en tant que militant d’un parti politique c’est qui est-ce qu’il faut pour pouvoir amener mon parti plus de l’avant, à dépasser ces moments difficiles et à se mouvoir vers un nouveau cap.

Amnistie pour Karim et Khalifa Sall lors du deuxième mandat de Macky ?

Ça me fait rire parce que vous ne parlez de chose dont je ne vois pas le lien avec le deuxième mandat de Macky Sall. Vous savez que moi je n’ai pas de problème avec les institutions de notre pays. Je ne vois pas les hommes qui les composent mais je vois les institutions. Je fais partie d’une fange de populations qui ont un rêve démocratique, d’être dans un pays où les gens jouissent de leurs libertés, de leurs droits civils et politiques et de la capacité à pouvoir l’exercer en toute circonstance sans contrainte, ni calcul politicien. Ce que je constate de cette affaire c’est que personne n’aurait cru qu’en 2019 au Sénégal il serait possible d’avoir un Président de la République qui, peut êre, utiliserait la justice ou des dossiers politiques pour empêcher des candidats ou des potentiels candidats de se présenter. Nous sommes arrivés dans une situation où malgré les acquis démocratiques que nous avons, la démocratie sénégalaise est fragile.

Cheikh Moussa SARR

 

 

 

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