ECONOMIE

LASSANA GAGNY SAKHO, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’OFOR, CAURIS D’OR DE L’ENTREPRISE LA PLUS INNOVANTE « OFOR mérite sa consécration »

  • Date: 2 juin 2016

Directeur général de l’Office des Forages Ruraux (OFOR), Lassana Gagny Sakho a reçu, samedi 7 mai dernier, les Cauris d’Or de l’entreprise la plus innovante. Dans cet entretien, M. Sakho a déclaré que cette distinction est le travail d’une équipe d’une trentaine de jeunes issus du secteur privé et public.

Vous a été primé, samedi 7 mai dernier, à l’occasion de la soirée des remises des Cauris d’Or comme l’entreprise la plus innovante. Qui est-ce qui, selon vous, vous a permis d’avoir cette distinction ?

« La première chose qu’il faut dire c’est que cette consécration est une grosse satisfaction parce que l’OFOR est opérationnel, depuis le 1 octobre 2014. Donc, cela fait moins de 2 ans. Mais, c’est le travail d’une équipe d’une trentaine de personnes, de jeunes qui viennent du privé mais aussi du secteur public. Je pense qu’on est arrivé à mixer un ensemble de compétences de tous horizons mais il y’a aussi une grosse passion dans tous ce que nous faisons de l’ensemble de l’équipe qui est arrivée à avoir cette consécration et j’espère qu’il y en aura d’autres. Cependant, la meilleure consécration que nous puissions avoir c’est que demain les populations se disent :  » Nous avions des problèmes d’accès à l’eau potable et que l’OFOR est arrivé à les régler. L’OFOR s’est attaché à relever tous les défis importants, nous avons une équipe très jeune et dynamique et je pense aussi que c’est très encourageant vis-à-vis des énormes défis auxquels nous devons faire face ». »

Vous avez fait l’essentiel de votre carrière dans le secteur privé. Qui est-ce qui vous a motivé à accepter d’être à la tête d’une entreprise publique ?

« C’est toujours très difficile de parler de soi-même mais je vais essayer de m’y atteler un peu, est-ce que c’est mon parcours professionnel qui m’a propulsé à la tête de l’OFOR ? Je ne sais pas trop. Mais, ce qui est certain, c’est que j’ai travaillé pendant plus de vingt ans dans le secteur privé. J’ai commencé à travailler au Sénégal et j’ai eu la chance, c’est vraiment une chance. Je projette d’intégrer dans des grosses multinationales comme Coca Cola, Phillip Morris, Palmolive, SCI Johnson … Après cela, je me suis dit que je vais mettre mon expertise au service de mon pays. J’ai monté un cabinet qui s’appelle EXPERT VISION. J’ai travaillé pour ce cabinet pendant 4 ans ; après cela, j’ai bénéficié de la confiance de son Excellence, le président de la République, Macky Sall, qui m’a appelé pour venir m’occuper de l’Office des Forages Ruraux, en septembre 2014. »

Voulez-vous dire que vous l’avez acceptez pour retourner ce que ce pays a investi en vous ?

« Je pense que c’est une façon de retourner ce que ce pays a investi en moi. J’ai eu des bourses de l’État du Sénégal et j’ai bénéficié d’un ensemble de choses. Ce n’est pas une question d’argent, si vous voulez gagner de l’argent, vous ne devez pas venir travailler dans le secteur public. C’est autre chose mais c’est vraiment un moyen pour moi de rendre l’investissement que j’ai reçu de mon pays pour soulager les populations rurales. Je pense que l’OFOR est une première expérience en Afrique noire où on prend vraiment en compte la dimension sociale du monde rural pour régler les problèmes d’accès à l’eau potable. En résumé, l’OFOR est la SONES du monde rural, je pense que c’est globalement simple. Dans la vie, il faut toujours arriver à un moment où on se dit qu’il faut rendre service, il faut retourner ce qui a été fait, nous avons tous bénéficier de financements, de bourses qui nous viennent des paysans en général. Donc, en un certain moment, je me suis dit qu’il fallait que je mette mon expertise au service de mon pays. Ce n’est pas toujours facile parce que vous venez du privé vous rentrez dans le public ou para-public et les modes de fonctionnement ne sont pas les mêmes, les standards ne sont pas les mêmes, la façon de faire non plus. La qualité d’un bon dirigeant, c’est la capacité de s’adapter et je pense c’est ce que nous sommes en train de faire et cela se passe très bien. »

Nous sommes dans une période où l’emploi est devenu presque introuvable et plusieurs jeunes se questionnent même sur leur avenir. Quel message lancez-vous à ces jeunes de notre continent ou de notre pays plus particulièrement ?

« Je commencerai par parler des jeunes. Le continent africain, c’est 57% des jeunes qui ont moins de 25 ans. L’emploi salarié n’est malheureusement pas toujours l’alternative la plus crédible et je pense qu’il faut avoir de l’audace, il faut persévérer pour arriver à s’en sortir, çà c’est la première chose. Si on ne règle pas le problème de l’emploi, on obtient une bombe sociale et ce qu’il faut savoir c’est que la réussite repose sur trois choses : la formation, l’humilité et les valeurs que l’on ne vous enseigne pas à l’école. Je pense que si vous avez ces trois choses, vous devez pouvoir y arriver. Mais il y a un autre élément que l’on appelle l’audace et le continent africain a énormément d’opportunités à offrir et le Sénégal ne déroge pas à cette règle donc il faut savoir les saisir. L’État a un rôle central à jouer. C’est de mettre le cadre propice pour permettre aux entreprises de s’installer et de se développer. Mais il faut que ce soit clair, la Fonction publique n’a pas pour vocation de créer des emplois, la Fonction publique n’a pas pour vocation de créer de la valeur ajoutée, c’est le secteur privé qui va développer ce pays. La deuxième, c’est qu’il faut avoir un environnement compétitif ; en réalité ce qui peut amener l’émergence dans mon pays, ce n’est pas le secteur public mais plutôt le secteur privé qui va le faire. Mais pour cela, il faut que les conditions soient réunies. Il y a des efforts très importants qui sont faits ; maintenant, ce qu’il faut, c’est accompagner l’ensemble de nos États pour avoir un secteur privé très compétitif. »

Quelles sont vos ambitions pour donner un lendemain meilleur à tous ces milliers de personnes qui sont dans le monde rural ?

« Aux milliers de personnes dont je parle, je vais parler de l’Office des Forages Ruraux (OFOR). 8 millions de personnes vivent dans le monde rural, 8 millions vivent dans des conditions très difficiles et je pense qu’il faut qu’on arrive à casser cette césure sociale entre le monde rural et le monde urbain pour arriver à faire décoller notre pays. Ce n’est pas quelque chose qui n’est valable qu’au Sénégal mais cela est valable partout en Afrique. On concentre tous les efforts économiques dans les centres urbains et en général on oublie ce qui ce passe dans le monde rural et je pense que la démarche novatrice est la mise en place de l’OFOR qui répond à ce besoin de rééquilibrage. Encore une fois, c’est vraiment la première fois, en Afrique, qu’une solution de cette nature est trouvée pour permettre au monde rural de prendre les rails de l’émergence même s’il y a encore beaucoup d’efforts à faire. »

Mariétou Seck et Maїmouna Diop

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