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L’Athme en constante augmentation au Sénégal La dégradation de l’environnement serait la principale cause

Le Soleil- Dans le cadre de ses Séances académiques de lecture, l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (Ansts) a voulu parler de thèmes actuels liés à la médecine, à l’environnement et la technologie. Le Pr Mamadou Bâ, pédiatre-pneumologue, qui parlait du thème «Asthme et environnement» a montré qu’il existe une constante augmentation de cette maladie avec pour cause la dégradation de la qualité de l’air.

C’est connu. La qualité l’air, plus généralement celle de l’environnement, a un lien direct avec la recrudescence de certaines maladies respiratoires, en premier l’asthme. Cette maladie respiratoire chronique est devenue la plus fréquente chez l’enfant au Sénégal. Le Pr Mamadou Bâ, pédiatre-pneumologue, a informé que le taux de prévalence dans le pays se situe entre 3 et 6 % selon des statistiques hospitalières. «Mais, il pourrait se situer autour de 10 %», a-t-il précisé.

M. Bâ introduisait le thème «Asthme et environnement» lors des Séances académiques de lecture de l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (Ansts). Lesquelles sont organisées par l’Ansts pour «rapprocher la science de la société et lui faire bénéficier des retombées des réflexions».

Sur le plan mondial, les chiffres donnés par l’Oms parlent de 300 millions de personnes concernées par l’asthme avec 250.000 de décès par an. Les enfants sont les premiers exposés.

«L’asthme survient souvent chez l’enfant avant l’âge de 10 ans. Au Sénégal, il est la première cause des consultations aux urgences, la première cause des hospitalisations, la première cause d’absentéisme scolaire. Cette incidence sur l’enfance, en constante augmentation, est surtout liée à la pollution de l’air», a expliqué le Pr Mamadou Bâ. Il a divisé les polluants facteurs de cette augmentation en deux catégories : externes et internes.

Disparité de prévalence dans les grands centres urbains

Pour les polluants externes, le pédiatre-pneumologue a fait référence à la pollution atmosphérique. «La fumée dégagée par les vieilles voitures dont le combustible est le diesel, les pollens, les polluants chimiques, la destruction de la couche d’ozone et les changements climatiques, de façon générale, sont autant de facteurs considérés comme des polluants externes et ayant un impact direct sur la constante augmentation des crises d’asthme. Dans nos villes, s’il y a une densité de trafic supérieure à 20.000 véhicules par jour, il y a la possibilité de créer ce qu’on appelle des leucémies et des tumeurs cérébrales», a-t-il ajouté.

Avec une carte à l’appui, M. Bâ a montré une certaine disparité entre les taux de prévalence dans les grands centres urbains et les zones rurales d’un pays à un autre. Cela, pour justifier la pollution atmosphérique plus présente en ville que dans les zones rurales. A côté des polluants externes, il y a ceux internes constitués généralement des fumées de l’encens, du tabagisme passif ou actif, des irritants comme les sprays domestiques, l’humidité. C’est pourquoi le praticien a appelé à une utilisation judicieuse de l’encens et du tabac au Sénégal. Ainsi, les changements climatiques ne menacent pas seulement les côtes maritimes ou le désert et le climat, ils ont un impact réel sur la santé. L’Oms, selon Mamadou Bâ a donné des prévisions de 250.000 décès annuels supplémentaires entre 2030 et 2050, tous liés aux changements climatiques avec des maladies comme l’asthme, le paludisme, etc.

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