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Le chantage à la « sextape » n’est pas l’apanage des stars

  • Date: 10 novembre 2015

L’affaire Valbuena ne doit pas faire oublier que, dans la plupart des cas, le racket à la vidéo intime vise des victimes anonymes.

Souvenez-vous : en 2003, bien avant l’affaire de la « sextape » du footballeur Mathieu Valbuena, une vidéo volée de ParisHilton en train de faire l’amour avec son petit ami, filmée en vision nocturne, est diffusée sur Internet. L’affaire fera les délices de la presse à scandale. La même année, une autre starlette-héritière, Kim Kardashian, enregistre une vidéo de ses ébats. Rendue publique en 2007, elle connaîtra le même destin.

Autre affaire, plus récente, le vol spectaculaire de milliers de photos intimes de célébrités, mises en ligne en août 2014 par des pirates qui avaient profité de mauvais réglages de sécurité chez des utilisateurs du service de sauvegarde en ligne d’Apple.

Mais si ces vidéos ou photos dérobées de stars font les gros titres, les vols d’images intimes touchent en réalité bien plus de monde.

L’essor de la « sex-tape »

D’abord parce que les vidéos intimes, aussi anciennes que le caméscope, se sont multipliées avec l’essor des webcams et des téléphones mobiles. La pratique, perçue comme sulfureuse, est entrée peu à peu dans les moeurs, surtout chez les jeunes générations. Selon l’étude la plus récente, réalisée par l’université de Drexel à Philadephie, près de huit Américains sur dix affirment avoir déjà échangé des messages (texte, photo ou vidéo) à caractère sexuel par SMS. Il s’agit toutefois dans la majorité des cas de texte : l’échange d’images, vidéos ou photos concernerait plutôt 10 % des populations interrogées d’après plusieurs autres études récentes.

Mais plus encore que la mise à disposition du grand public d’« outils de production », c’est la simplicité de diffusion qui a eu le plus grand impact sur la brève histoire de la « sex tape ». Stockées sur des supports numériques, faciles à copier et à distribuer, ces vidéos constituent ainsi une proie rémunératrice pour des pirates informatiques.

Vol massif sur Snapchat

En octobre 2014, un fichier de 13 gigaoctets d’images est mis en ligne sur les sites de téléchargement illégal. Il contient des milliers d’images volées sur Snapchat, le populaire réseau social qui permet de s’envoyer des images « éphémères » – le récepteur ne peut voir la photo prise par l’expéditeur que pendant quelques secondes, avant qu’elle ne s’efface. Ce caractère temporaire des images Snapchat en a fait un outil de choix pour échanger images et vidéos coquines.

Pour contourner la suppression automatique des « snaps », plusieurs services proposaient d’enregister des copies des messages reçus. C’est de l’un d’entre eux, Snapsaved, que proviennent, au moins en partie, les 200 000 photos mises en ligne en octobre 2014 – le service dit avoir été victime d’un piratage. Toutes les images rendues publiques ne sont pas intimes, mais environ 5 % à 10 % d’entre elles le sont, avec de nombreuses photos de penis.

Plus ennuyeux encore, les photos n’ont pas été publiées « en vrac » : elles sont accompagnées du pseudonyme Snapchat de l’utilisateur, ce qui permet à certaines personnes peu scrupuleuses de créer desmoteurs de recherche pour vérifier si des photos de l’un de vos contacts figurent parmi les documents…

« Revenge porn » et « sextorsion »

Ces vols d’images d’ampleur restent cependant exceptionnels. Dans la majorité des cas, lorsque des images ou vidéos intimes sont diffusées en ligne, elles le sont par le destinataire, le plus souvent un ex-partenaire. Le phénomène a un nom : le « revenge porn ». Après plusieurs cas de harcèlement de ce type fortement médiatisés – dont la publication d’images intimes de la créatrice de jeux vidéo Zoe Quinn, cible du mouvement antiféministe du #Gamergate – les géants du Web ont renforcé leurs règles en la matière : successivement, Twitter, Reddit et Facebook ont pris des mesures pour interdire cette pratique, qui constitue par ailleurs un délit. Certains pays (Japon, Canada, Etats-Unis…) ont voté des de loi créant des peines spécifiques pour les personnes publiant des images intimes dans un but de vengeance.

 Volées ou publiées dans le but de nuire, ces images alimentent aussi après leur publication des sites pornographiques « d’images amateurs ». Certains se spécialisent directement dans les photos volées : en avril, un Américain de 28 ans, administrateur d’un site spécialisé dans le « revenge porn », a été condamné à 18 ans de prison. Son site avait publié plus de 10 000 images de ce type, mais il avait également mis en place un service permettant aux personnes figurant sur les photos de les faire supprimer… Moyennant le paiement de 350 dollars par photo.

Le racket aux images intimes prend également bien d’autres formes, dont « l’arnarque à la Webcam », souvent appelée « sextorsion ». Le principe est simple : la victime, généralement un homme, est séduite sur un chat en ligne ou un site de rencontre par un(e) escroc qui l’incite à se dévêtir ou à se masturber devant la caméra de son ordinateur. L’escroc enregistre la scène et menace ensuite de la diffuser en ligne et auprès des amis de la victime si cette dernière ne verse pas une rançon, en général d’un montant de quelques centaines d’euros. En juin dernier, un jeune homme de 18 ans s’est suicidé à Carcassonne après avoir été victime d’un chantage de ce type.

Des étapes simples pour se protéger

Face aux risques de vol et de chantage, il existe cependant quelques règles basiques pour se protéger : prévenir la police en cas de chantage, de menaces ou de tentatives d’extorsion et n’envoyer des images ou vidéos confidentielles qu’à des destinataires auxquels on peut faire absolument confiance.

Plus généralement, il est fortement recommandé de prendre des précautions quant au stockage de ses photos ou vidéos personnelles : désactiver la sauvegarde automatique en ligne de son téléphone, choisirun mot de passe fort, vérifier ses paramètres de confidentialité sur les réseaux sociaux… Autant de conseils qui ne concernent pas uniquement les personnes qui souhaitent réaliser ou partager une sextape ou des photos dénudées, mais aussi toutes celles qui considèrent que leurs photos de famille n’ont pas vocation à être rendues publiques… Qu’elles soient ou non des stars pourchassées par les paparazzis.

Le Monde.fr

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