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LE CONGO EST-IL UN PAYS GOUVERNABLE ? L’AFRIQUE AU FEELING – PLUS D’UN SIECLE DE RECOMPOSITION TERRITORIALE, DIALOGUES DE SOURDS AU NIVEAU DE LA CLASSE POLITIQUE

  • Date: 16 février 2016

2016, année d’élections en République démocratique du Congo mais aussi dans plusieurs pays du continent ? Difficile sera de fixer la date exacte. Néanmoins, le compte à rebours a commencé depuis l’année dernière et le peuple congolais pour qui ces élections sont organisées, se pose encore plus de questions dont les réponses risquent de ne pas encore venir de ce tour de scrutin pipé dès le départ par l’actuel président Joseph Kabila. Avec  un nombre de mandats arrivés à expiration, l’homme attend. Les Congolais aussi qui retiennent leur souffle. Dans cette partie du continent où c’est soit le viol de la constitution ou la guerre, la démocratie sous sa forme humaine, peine à donner un sens à son nom. Pays de contraste, rien n’est simple au Congo. Et au final, avec tout ce qui passe dans le monde anglophone à coté en Zambie, en Tanzanie et même au Kenya, c’est à croire que la République démocratique du Congo ratera encore la marche du progrès. Pour rester dans une forme de destruction territoriale qui ne favorise ni l’émergence d’un Etat encore moins celle d’une nation.

Une terre devenue quasi ingouvernable ; le Congo. De la mort de Patrice Lumumba aux prochaines élections à venir en 2016 ou 2017, c’est bien à un pays qui se cherche au plan démocratique qu’on a affaire. Des élections compliquées au vu du vaste territoire qui est en jeu ici. Un contexte politique et géopolitique qui mélange tous les genres, le cocktail n’est pas fini. De part et d’autres de ce pays immense, ne se cache que des dictatures ou des pays sans histoire démocratique : l’Ouganda, le Burundi, le Rwanda, Le Zimbabwe et encore la République populaire du Congo. L’Afrique des hautes terres malades de ses hommes politiques ? La vérité est presque dite au vu de ce regard panoramique sur un sous-continent où seuls la Tanzanie, la Zambie et le Kenya parviennent à organiser des élections normales ou presque.   Président depuis 2001 en remplacement de son père assassiné, Joseph Kabila (1), aujourd’hui seulement âgé de 44 ans, se voit trop jeune pour quitter le palais de Kinshasa. L’enfant de Laurent Désiré, a pris goût aux affaires, mais a épuisé ses deux mandats de 2006 à 2011 et de 2001 à 2016. Cette fois, l’échéance s’arrête avant la fin de cette année 2016 au terme de laquelle devrait prendre fin le mandat de l’actuel président de la République. Nommé le 14 janvier dernier par Mme Nkosazana Dlamini Zuma, présidente de la Commission de l’Union africaine, l’ancien Premier ministre togolais et Secrétaire Général de l’Oua, Edem Kodjo s’est rendu aussitôt rendu à Kinshasa pour discuter avec la classe politique et les forces vives congolaises favorables et opposées au dialogue. Sans en revenir avec quelque chose de réellement concret.

Jeudi 4 février à Bruxelles,  l’émissaire de l’Union africaine a rencontré le vieux président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps), Etienne Tshisekedi (2) qui  lui a réaffirmé le refus de son parti de participer au dialogue convoqué unilatéralement par le président Kabila, selon un communiqué de la présidence de ce parti résumant cette rencontre. Candidat sorti victorieux des présidentielles de 2006 et 2011, Joseph Kabila, n’a plus de mandat à prendre, mais nul doute qu’il imitera son proche voisin, Denis Sassou Nguesso. Mais, toutes proportions gardées, les mauvais exemples ne sont pas loin de son regard : Yoweri Museveni en Ouganda ne semble guère vouloir partir. Il va imiter lui aussi NGurunziza et Kagamé qui sont juste à côté. Mais pour le Congo Rdc, tout cela n’est là que pour poser le décor. Les problèmes restant plus globaux que simplement politiques.

KAMERHE – KATUMBI : La solution pourrait-elle venir de ce duo ?

Autrefois proche de Joseph Kabila, l’ancien président de l’Assemblée nationale (décembre 2006 à mars 2009), Vital Kamerhe (3) est l’un des leaders de cette opposition qui ne veut pas entendre parler d’un autre mandat du président congolais. A la tête de l’Union pour la nation congolaise (Unc), il revient sur la création et les objectifs de ce nouveau mouvement. A coté de lui, une autre tête d’affiche, Moïse Katumbi, ancien Gouverneur du Katanga, avec qui, s’est lié le leader de l’Unc autour de deux principes répète Vital Kamerhe : « la nature de notre lutte commune et notre attitude. On a décidé d’unir nos forces pour un respect de la Constitution et pour l’alternance, d’oublier nos ambitions dans un premier temps. »

Autrefois proche de Joseph Kabila, l’ancien président de l’Assemblée nationale (décembre 2006 à mars 2009), Vital Kamerhe est l’un des leaders de cette opposition. A la tête de l’Union pour la nation congolaise (Unc), il revient sur la création et les objectifs de ce nouveau mouvement. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Vital Kamerhe est l’ancien président de l’Assemblée nationale congolaise sous le premier mandat de Kabila fils. Né en 1959 à Bukavu, il est assez jeune pour la classe politique congolaise qui compte encore en son sein, de vieux chevaux de retour comme Etienne Tshisekedi ou encore d’anciens compagnons de Laurent Désiré Kabila comme Abdoulaye Yoro Dia. Il a été  président de l’Assemblée nationale.

Ancien secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (Pprd), parti du Président Joseph Kabila,  il devient le directeur de campagne du président Joseph Kabila lors des élections de 2006, avant de tomber en disgrâce en 2009. Candidat aux élections de 2011 où il n’obtient que 7, 74% des voix, le voila qui s’érige en opposant au système Kabila. Aujourd’hui c’est son alliance avec le pratique Moise Katumbi qui donne un petit brin d’espoir aux congolais et qui fait peur au président Kabila qui a épuisé ses deux mandats présidentiels.

Alors Moise Katumbi.  Le voilà, le sphynx. Ancien gouverneur du Katanga, c’était presque un fidèle du clan Kabila, katangais comme le président actuel. Dans les milieux du sport congolais, il est nul doute le congolais le plus connu avec le président de l’As Vita Club, général Gabriel Amisi Kumba dit «Tango Four ». Né en 1964, l’homme (4) est un « ambitieux », comme le décrit le numéro de L’hebdomadaire Jeune Afrique.

Un homme de réseaux aussi qui compte beaucoup d’alliés politiques et des soutiens à l’étranger. Jeune Afrique lui colle trois points faibles néanmoins : l’absence de parti, ses origines katangaises avec le poids de l’histoire de cette région et enfin l’opacité de son business. Mais peut-on lui reprocher dans l’ambiance d’aujourd’hui où tout manque à ce pays. Sa jeunesse, son amour du sport, le fait d’avoir pas été mêlé directement à la gestion de l’actuel pouvoir, font de lui aux cotés de ses amis de l’Unc, un homme de poids dans la vie politique congolaise. Dans une démarche de leadership, son objectif aujourd’hui, est de se façonner une stature d’autorité de l’opposition. L’homme sait déjà où il veut désormais aller.

Pour tourner la page Kabila et sortir du duel qui oppose Tchisékedi à tout le monde, depuis l’instauration d’une certaine démocratie dans ce pays, Katumbi est nul une des voies qui pourraient permettre au Congo de réunifier autour d’une nation et d’un Etat en reconstruction. Tout cela dans l’optique de réaliser le rêve de Patrice Lumumba, de bâtir l’unité nationale au sein d’un mouvement plus crédible. Le continent en tirerait un large bénéfice et le peuple congolais avec lui.

L’UNIVERS CULTUREL BANTOU SUR LA CARTE : Le Congo, véritable patchwork identitaire

Une véritable curiosité géographique, terre d’exploration pour les chercheurs en sciences tout courts: dures comme molles.  Les mots ne suffisent pas pour décrire la richesse de ce pays, mais aussi, le cauchemar du peuple congolais otage d’un dialogue politique impossible entre les quatre coins d’un vaste territoire de 2,3 millions de kilomètres carré qui rassemblent, à lui seul, un bloc composite de plusieurs pays en son sein. Avec des noms qui ont changé tout le temps, on est dans l’empire des grands inconnus. De 1888 à 1947, le sort du pays est lié à celui d’un homme et d’un pays: Léopold II. On l’appelle alors le Congo Belge.

On parle alors de districts, 11 en 1888 et 15 à partir de 1895. Dès 1914, le Congo Belge est restructuré en 4 grandes provinces, le Congo-Kasaï, l’Equateur, la Province Orientale et le Katanga. S’articulent autour de 22 districts divisés en territoires, eux-mêmes subdivisés en secteurs. En 1933, avec la crise mondiale, l’autonomie de gestion, jusqu’alors assez large des provinces, est sévèrement rognée et leur nombre passe à 6, et elles prennent le nom de leur chef-lieu: provinces de Léopoldville (Kinshasa)  et Lusambo (par scission du Congo-Kasaï), de Coquilhatville, (Mbandaka, l’ex-Equateur), de Stanleyville (Kisangani) et Costermansville (Bukavu, par scission de la Province Orientale), d’Elisabethville (Lubumbashi, l’ex-Katanga). En 1947, on les rebaptise encore – provinces de Léopoldville, du Kasaï, de l’Equateur, Orientale, du Kivu et du Katanga – et le nombre des districts est porté à 25. Le pays n’en a pas encore fini avec les recompositions au niveau géographique.

Arrive alors les périodes d’indépendance et la réforme appelée «les 21 provincettes ». Ainsi,  à partir de 1965 en effet, le régime nouveau de Joseph-Désiré Mobutu cherche à raffermir l’unité du pays. Dans cette optique, il revient à l’organigramme colonial, tout en changeant l’intitulé des divers échelons – on parlera de régions, de sous-régions ou villes, et de zones – et surtout en les vidant de toute réalité politique. Bientôt, en vertu de son idéologie de «retour à l’authenticité», Mobutu rebaptise non seulement le Congo lui-même, qui devient le Zaïre, mais, aussi plusieurs provinces. Si l’Equateur et le Kivu gardent leur nom, le Katanga et la Province Orientale deviennent le Shaba et le Haut-Zaïre; la province de Léopoldville fait place aux régions de Kinshasa, du Bas-Zaïre et du Bandundu; celle du Kasaï donne naissance au Kasaï-Occidental et au Kasaï-Oriental. On le voit, la logique de l’émiettement territorial n’est que partiellement enrayée, face aux aspirations identitaires. Elle se renforce encore en 1988 avec la création de plusieurs sous-régions (ou villes), et surtout des régions du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Maniema, pour remplacer le Kivu ; mais aussi à titre expérimental, dans l’optique d’un futur redécoupage de l’ensemble du pays.

Arrive encore la période d’une autre réforme qui date de 1988, avec cette fois-ci une volonté plus marquée sur les groupes ethnique. En ce temps de crépuscule du mobutisme, les forces centrifuges semblent devoir l’emporter sur les facteurs d’intégration – et à cet égard la Conférence nationale souveraine de 1990-92 n’arrange rien. Une partition nouvelle du pays se dessine, qui décalque en réalité les grandes aires socioculturelles du passé précolonial. Une mouvance occidentale, globalement lingalaphone et (kikongophone) reste orientée vers Kinshasa et l’Atlantique; une mouvance orientale, axée sur les hautes terres, swahiliphone, et presque sans lien avec la capitale, est tournée vers l’océan Indien; et une mouvance méridionale, l’espace katangais, swahiliphone encore, est tournée vers l’Afrique australe.
Fait exceptionnel,  l’espace kasaïen du Centre-sud, tshilubaphone, qui affirme son dynamisme et son identité propre. Mais, ce schéma ne concerne guère que l’anneau utile, la cuvette centrale faisant figure d’immense isolat.

Un canevas territorial encore flou

A cette situation, le régime imposé en 1997 par le coup de force de Laurent-Désiré Kabila n’est pas en mesure de changer grand-chose. Consacrant le canevas territorial en place, il se borne à rétablir les anciens intitulés (provinces, districts et territoires), et à restaurer quelques dénominations d’avant Mobutu: le Zaïre redevient le Congo (République Démocratique du Congo), et l’on voit renaître le Bas-Congo, le Katanga, la Province Orientale. Mais, la généralisation des conflits armés confirme très vite la partition déjà émergente, faisant du Congo un géant dépecé par ses voisins, qu’ils soient «protecteurs» du régime ou des rébellions: dans l’Ouest, les Angolais, dans le Sud, les Zimbabwéens, au Kasaï les deux; dans l’Est (et le Nord) les Ougandais et les Rwandais; et dans la cuvette forestière, une très incertaine «Ligne de front»

Annoncée pour le mois de février 2010, la nouvelle réforme qui devrait permettre au pays de réorganiser le vaste territoire congolais n’a pas été suivie d’effet. Et, ont coexisté jusqu’en 2006, les  11 grandes provinces, toujours en place, et 26 petites en gestation (5), dans une incertitude porteuse de conflits, selon les observateurs et spécialistes de l’historiographie congolaise. Entre le Kasaï, le Kivu, le Pool, le Katanga, la République Démocratique du Congo est une sorte de no man’s land divisée en 11 provinces. Sur la liste, on peut trouver le Bandundu avec comme capitale, Bandundu. L’Equateur, avec Mbandaka comme principale ville.

Cette région est plus grande que la Guinée. Suivent encore le Bas-Congo (dont la principale ville et capitale est Matadi sur le fleuve) et les deux Kasaï: l’Occidental avec Kananga comme capitale et l’Oriental avec Mbuji-Mayi. Ces deux provinces réunies ont une superficie respective de 156.967 et 168.216 km2, pour une population de 13,8 millions d’habitants. Autre province qui brille par sa grandeur l’Orientale avec 503.239 km2. Ici, la capitale s’appelle Kisangani encore sur les rives du Congo. Le Sud et le Nord Kivu respectivement avec comme capitale Bukavu et Goma, encore des villes fluviales, sont encore des provinces au dessus du Togo et du Benin en superficie. Autre grande province aux allures d’un pays, le Katanga.

Mobutu, au nom de l’authenticité, l’avait rebaptisé Shaba. Sa superficie est de 496.877 km2 et Lubumbashi est sa capitale. Nombre de joueurs de l’équipe congolaise qui ont gagné le Championnat d’Afrique de football d’il y a quelques jours devant le Mali viennent de l’équipe de cette région, Le Tout Puissant Mazembé du Président Moise Katumbi. 10ème région de cette liste, le Maniema avec ses 132.000 km2. Ici, la capitale s’appelle Kindu. C’est la moins peuplée avec un peu plus de 2 millions d’habitants. La dernière région que nous abordons dans ce panorama, est celle de Kinshasa, l’ancien Léopoldville. Elle a une superficie de moins de 10.000 (9965 km2), mais elle est la deuxième la plus peuplée avec ses 11 millions d’habitants.

Dans ce pays où rien que la province du Bandundu, avec quelque 295.658 km2 est plus grande que le Sénégal, la Gambie et la Guinée Bissau réunis, il est difficile de parler d’une même voix. Le pays est trop grand. Au sein de ces vastes ensembles provinciaux, cohabitent plus de 250 groupes ethniques et quelque 85 millions d’habitants qui ne se comprennent ni ne s’entendent pas parler toujours. Cela, malgré quatre langues déclarées officielles: le Swahili, le Lingala, le Kikongo et le Tshiluba.

10 FRONTIERES INSTABLES AUTOUR D’UN PAYS : Un complexe géographique et politique très compliqué

L’immense zone qui porte aujourd’hui le nom de République Démocratique du Congo et autour de laquelle se trouvent dix pays: la Zambie, le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi, le Congo (Brazzaville), l’Angola, la Zambie, le Soudan, la Centrafrique et la Tanzanie,  est peuplée depuis au moins 200.000 ans environ, d’après les découvertes de pierres taillées sur les sites de Mulundwa (Katanga), Katanga et Senga (Kivu). Des vestiges archéologiques de l’homo sapiens (os, pointes de harpons, outils en quartz) ont été découverts à Ishango dans le parc national des Virunga datées entre 25.000 et 20.000 ans. Des peuples bantous venus d’une zone comprise entre l’Est du Nigeria et les Grassfields du Cameroun viennent s’y installer dès 2600 ans avant Jésus-Christ (Jc).

Les grands royaumes (Luba, Lunda, Kongo) se forment entre les premiers siècles après Jésus-Christ et avant le XVe siècle, époque de l’arrivée des premiers Portugais sur le littoral atlantique. Mais, de nombreuses populations vivaient alors dans des chefferies, c’est-à-dire de petites principautés plus ou moins auto-suffisantes. À partir de cette époque, on voit ces royaumes éclater sous l’impulsion de la traite et l’émergence de nouveaux rapports de force qui déboucheront sur la colonisation. Des jésuites portugais christianisent les rois et les peuples du Kongo.

Les cultures du maïs et du manioc, importées d’Amérique, se répandent. La première carte européenne de la région est due à l’explorateur vénitien Alvise Cadamosto au service du Portugal (16e siècle). Le pays évolue. Et, dans les forêts claires et savanes du pourtour, il se structurait en royaumes plus ou moins vastes: au Sud ceux des Kongo, des Yaka, des Luba, ou l’empire Lunda; à l’Est les royaumes des Grands Lacs, tel le Rwanda; au Nord, les royaumes (non bantous) des Zande et des Mangbetu.

Le tableau change au 19ème siècle, lorsque se resserre l’étau des ingérences venues d’outre-mer: le futur Congo se trouve partagé de facto entre deux mouvances, luso-africaine à l’Ouest, orientée vers les Amériques, arabo-swahilie à l’Est, tournée vers le Proche-Orient. L’ébranlement des vieux royaumes laisse alors le champ libre à des pouvoirs inédits, fondés sur la traite des esclaves: Ngongo-Lutete au Kasaï, Tippo-Tip au Maniema, Msiri au Katanga.

C’est cet espace en réorganisation qui va être, pour la première fois, unifié politiquement dans le cadre de l’État indépendant du Congo, en fait la propriété personnelle du roi des Belges Léopold II. Après la période léopoldienne, relativement courte (1885-1908), celle de la colonisation belge effective (1908-1960) sera décisive pour la mise en place d’un schéma fonctionnel encore lisible de nos jours. En relisant Jean Claude Bruneau, à propos de la réforme de 2006, l’on retient ce constat selon lequel, «L’ex-Bandundu, vastes plateaux de l’arrière-pays oriental de Kinshasa, est scindé en trois provinces. Au Sud, le Kwango n’est que maigrement occupé par les Yaka (héritiers d’un ancien royaume), les Pelende et les Suku. Au Centre, le Kwilu est bien mieux peuplé: marqueterie de groupes entremêlés, où s’affirment notamment les Pende, les Mbala, les Yanzi et les Mbun.»

La ville majeure est Kikwit, longtemps pépinière d’intellectuels, qui redevient chef-lieu de province aux dépens de Bandundu (ville) ; du coup celle-ci revendique un rôle similaire dans le Maï-Ndombe limitrophe. «Pour multiethniques qu’ils soient, explique Bruneau, Kwango et Kwilu, unis par l’usage véhiculaire du kikongo, ont une identité bien marquée, presque commune: le temps des guerres civiles, qui ensanglantèrent la région après l’indépendance, paraît oublié. Le Maï-Ndombe, plus au Nord, est bien distinct. Son peuplement, composite et diffus, inclut côté fleuve les Teke, présents au Congo-Brazzaville et même au Gabon ; mais ici leur district des Plateaux, de création récente, semble voué à disparaître.»

LE SENEGAL INVITE DANS LA VIE POLITIQUE CONGOLAISE : Un front citoyen clone de Y’en a Marre…

Dans la foulée, société civile et figures de l’opposition ont créé le 20 décembre à Kinshasa une coalition, le « Front citoyen 2016 », pour empêcher le président Joseph Kabila de violer la Constitution et briguer un troisième mandat en 2016. Du 11 au 14 décembre, le Sénégal a accueilli une conférence de la fondation allemande Konrad-Adenauer-Stiftung sur les processus électoraux en Afrique. Outre le pays hôte, plusieurs pays africains ont été conviés à partager leur expérience : Tanzanie, Côte d’Ivoire, Mozambique, Namibie, Togo, Ouganda, Ghana et République démocratique du Congo (RDC). Mais Kinshasa s’est senti menacé.

L’objectif est de créer des « mouvements de perturbation » et un « pays africain » ne devrait pas autoriser des réunions « manifestement destinées à favoriser la déstabilisation » d’un autre, a tempêté le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende. Des allégations jugées « sans fondement » par Human Rights Watch, qui voit dans cette réaction une nouvelle tentative de « réprimer » l’opposition.  La suspicion est si grande qu’elle refuse de prendre part à son futur dialogue national, qui doit jeter les bases d’élections « apaisées » et « crédibles ». L’église catholique, qui appelle le 16 février à marcher pour « consolider la démocratie », compte pour sa part assister aux pourparlers. Elle a d’ailleurs quitté la rencontre de Dakar en constatant que les seuls responsables politiques présents étaient des « opposants », ce qui menaçait sa « neutralité. Compliqué ce pays, le Congo…

NOTES

–    Né le 4 juin 1971 à Hewa Bora II dans le territoire de Fizi (province du Sud-Kivu), Joseph Kabila Kabangé est président de la République démocratique du Congo depuis l’assassinat de l’ancien président, son père Laurent-Désiré Kabila, le 16 janvier 2001, au cours de la deuxième guerre du Congo. Il a été à la tête de l’Alliance pour la majorité présidentielle (Amp) et a créé en 2002 le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (Pprd). Il a une sœur jumelle dont le nom est Jaynet.
–    Étienne Tshisekedi wa Mulumba, né à Kananga (alors Luluabourg au Congo belge) le 14 décembre 1932, est un homme politique de la République démocratique du Congo (Rdc), ancien Premier ministre du Zaïre (nom de la Rdc sous Mobutu) et Président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps). Il est d’origine luba. Entre 1961 et 1965, Étienne Tshisekedi est le recteur de l’École nationale de droit et d’administration (Enda).
–    Économiste et Homme politique, Vital Kamerhe lwa Kanyiginyi Nkingi est originaire de Walungu dans la province du Sud-Kivu. Polyglote, il parle les quatre langues principales du pays : le Kikongo, le Lingala, le Swahili et le Tshiluba. Il est actuel Président de l’Unc.
–    Moise Katumbi est né le 28 décembre 1964 à Kashobwe au sein de l’ethnie bemba, est un homme d’affaires et un homme politique congolais.
–    Jean-Claude Bruneau, « Les nouvelles provinces de la République Démocratique du Congo : construction territoriale et ethnicités », 2009, In l’Espace politique ; Revue en ligne de géographie politique et de géopolitique.

Mame Aly KONTE – (Avec Afronline (It) et Jeune Afrique, Rfi) –

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