24 octobre, 2014
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LE DEPUTE SOKHNA DIENG MBACKE AUX DEPUTES «Avant de pouvoir dire oui, on doit pouvoir dire non. Et la majorité d’entre vous ne peuvent dire non»

LE DEPUTE SOKHNA DIENG MBACKE AUX DEPUTES «Avant de pouvoir dire oui, on doit pouvoir dire non. Et la majorité d’entre vous ne peuvent dire non»

Le député Sokhna Dieng Mbacké, seule à avoir pris la parole, a fustigé la levée de l’immunité de trois députés libéraux et s’est accordée à noter que cela fragiliserait l’assemblée nationale et la fonction de député. En pique aux députés, elle leur a balancé qu’elle ne voterait pas la levée de l’immunité parlementaire, ayant le choix de dire non, contrairement aux autres députés.
Seul défenseur des députés dépouillés de leur immunité parlementaire, hier, Sokhna Dieng Mbacké du Parti de la Vérité pour le Développement (Pvd), a dit refuser l’injustice, sous quelque forme qu’elle peut se présenter et encore plus, à tout ce qui peut ressembler à un déni de justice. «Sur quelles bases solides, à partir de quels dossiers probants, allons-nous nous fonder, pour décider de la levée de l’immunité parlementaire de trois de nos collègues. La lettre du procureur parle de vagues soupçons d’enrichissements éventuels dans l’exercice de leur fonction gouvernementale. Donc, ils étaient ministres et avaient le bénéfice du privilège juridictionnel et ne peuvent être jugés par la Crei», a-t-elle rappelé. Poursuivant, elle précisera que «lors de la convocation de l’honorable Oumar Sarr, aussi bien l’exécutif que la majorité parlementaire avaient soutenu qu’il ne s’agissait que d’une audition qui n’avait rien à voir avec une poursuite et que l’on pouvait écouter tout citoyen, quel qu’il soit et que l’on ne parlait pas disculpation, d’arrestation, encore moins, de jugement. Pourquoi, dès lors, dans cette phase d’enquête, pensez-vous qu’il faille lever l’immunité parlementaire de ces trois députés ? Qu’est-ce qui explique que vous ayez changé de fusil d’épaule, après quelques semaines», a-t-elle demandé au ministre de la justice Aminata Touré.

S’adressant aux députés, l’ancienne journaliste leur a demandé d’examiner leur conscience, avant de voter, vu qu’ils vont fragiliser l’institution parlementaire, banaliser la fonction de député. Déclarant ne pas voter la levée de l’immunité, elle dira à ses pairs députés : «vous devez refuser cette vision manichéenne d’un Sénégal, fracturé en deux : d’un coté, les mauvais, de l’autre, les bons et que celui qui serait dans l’un des camps, celui de BBY qui a la majorité parlementaire, rouleau compresseur, écrase tout sur son passage et de l’autre, pourtant des sénégalais, des députés d’égale dignité. Je pense que l’on devrait se respecter». Pour finir, elle leur signifiera : «avant de pouvoir dire oui, on doit pouvoir dire non».

Mamadou DIOUF

REWMI QUOTIDIEN