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Le développement et la promotion des Exportations, clé de la réussite du PSE (Par

Y’aurait-il encore un besoin de présenter le Plan Sénégal Emergent ? Assurément, non ; le PSE est parfaitement clair pour avoir, d’une part, mis à contribution l’expertise de Sénégalais, et, d’autre part, obtenu l’adhésion de la communauté des bailleurs de fonds réputée rigoureuse dans l’analyse critique des politiques de développement.

Ce Plan est connu du Sénégalais, parce qu’à la deuxième année de mise en œuvre, les signes d’une amélioration de la conjoncture économique au Sénégal se multiplient et se ressentent ; mais il sera encore mieux compris par chacun, si la vision et le contenu sont traduits et présentés en langues nationales pour une meilleure appropriation par tous les sénégalais.

Il n’est, néanmoins, pas inutile de rappeler que le Plan Sénégal Emergent est un programme de  développement économique et humain, bâti sur une vision, celle d’« Un Sénégal émergent en 2035 avec une société solidaire dans un Etat de droit ». Le PSE s’appuie sur trois axes dont  celui de la « transformation structurelle de l’économie » à travers la consolidation des moteurs actuels de la croissance et le développement de nouveaux secteurs créateurs de richesses, d’emplois, d’inclusion sociale et à forte capacité d’exportation et d’attraction d’investissements.

Ce plan s’appuie aussi sur différents secteurs clés de l’économie : l’agriculture et l’élevage, la pêche, l’énergie, les infrastructures et le tourisme, les secteurs logistiques, industriels et de services, l’éducation, la formation, l’emploi, la santé… Tous ces secteurs sont exportables pourvu qu’ils génèrent une offre réelle ; c’est, d’ailleurs pourquoi, le PSE a comme objectif la multiplication des exportations par 2,5 dans les 10 prochaines années avec le développement d’une économie diversifiée, à valeur ajoutée et qui s’exporte.

L’économie sénégalaise, à l’instar de celles des pays d’Afrique subsaharienne est encore dépendante de ses matières premières. De ce fait, leurs exportations sont constituées presqu’entièrement de produits à faible valeur ajoutée et très sensibles aux prix fixés sur le marché international.

Les exportations y sont caractérisées, du point de vue des statistiques, par des quantités relativement faibles, mais aussi, par une concentration sur un nombre limité de produits. C’est ainsi que le Sénégal reste encore mal intégré au commerce multilatéral du fait notamment des contraintes liées à l’insuffisance et la qualité de l’offre exportable.

Toutefois, le Sénégal reste ainsi un pivot des échanges internationaux de marchandises du fait surtout de sa situation géographique, de la stabilité de régime politique marquée par une ouverture démocratique qui fait référence, de sa dotation en infrastructures portuaire et aéroportuaire…

C’est fort de ce constat que nous sommes tentés de réfléchir sur la contribution des exportations dans la réussite  du PSE.

Contribution des Exportations à la réussite du PSE

Il est couramment admis que le commerce constitue un déterminant important de la croissance économique à long terme, au-delà de tout débat doctrinal sur les théories empiriques en la matière.

En effet, les exportations constituent un agrégat macroéconomique suffisamment pertinent pour juger de la force d’une économie ; leur niveau est le signe de la compétitivité des productions nationales sur le marché international. Aujourd’hui encore, les politiques économiques privilégiant la croissance des exportations et la libéralisation commerciale ont été au cœur des stratégies recommandées aux pays en développement.

D’ailleurs, le PSE ambitionne une croissance plus forte et durable, de l’ordre de 7 % à 8 %, fondée sur une mutation structurelle portée par l’IDE et les exportations. Aussi, selon la Banque Mondiale, un dollar investi dans la promotion commerciale rapporte 40 dollars ; ce que confirme cette analyse qui dispose que chaque dollar d’aide au commerce investi génère 697 millions USD de commerce supplémentaire  (AFD Document de travail n° 110 • L’aide au commerce : état des lieux et analyse / avril 2011).

La croissance économique des pays en développement, mue par les exportations, leur a permis d’accumuler plus de 4.400 billions de devises, soit environ les trois quarts des réserves mondiales (Le Financement du Développement,  Les échanges commerciaux, moteur de développement, ONU – DPI/2520C – Novembre 2008).

Vademecum d’un succès du PSE  garanti par le développement et la promotion des Exportations : Partir du marché

Le PSE comporte 27 projets phares, 17 mesures clés et réformes majeures et près de 150 projets. Tous les projets de ce plan comportent une dimension commerce en général et export en particulier,  notamment :

  • le secteur agricole : la mise en place de fermes intégrées, dont les DAC ; les agropoles intégrées de transformation agroalimentaire ; les zones greniers de stockage; la relance de la production nationale d’arachide, les corridors céréaliers, la NASAN, le PRACAS, le PAPSEN, le PASA, le PDIDAS, le PRRIASN;
  • le développement des infrastructures commerciales dont la construction de plateformes commerciales de produits agricoles en milieu rural ; l’édification d’un complexe d’infrastructures commerciales à DIAOBE ; les zones dédiées aux services d’export prêtes à l’emploi ; la création de marchés de gros pour les céréales et les fruits et légumes ; la création de maisons de labellisation de produits du terroir dans les zones touristiques ;
  • le secteur de la Pêche : les pôles industriels intégrés ; la gestion durable des ressources halieutiques par l’aménagement des pêcheries ; la création de stations de production au sein d’espaces aménagés, la création de Centres pilotes multifonctionnels ainsi que des réseaux de distribution des produits finis adéquats ;
  • le développement accéléré des filières clés d’élevage (bétail-viande, lait, cuirs et peaux, aviculture) à travers le renforcement des infrastructures de transformation, de conservation et de commercialisation de la production animale ;
  • le secteur de l’artisanat avec la création de 20 centres de développement artisanal ;
  • le secteur de l’économie numérique : zones dédiées aux services d’exports prêtes à l’emploi ;
  • le domaine logistique et industriel : la ligne de chemin de fer Dakar-Bamako ; la modernisation du port de Dakar ; la construction de plusieurs plateformes logistiques (transit, stockage), les Plateformes industrielles intégrées” et la “Création de 3 agropoles intégrées” ;
  • le secteur du tourisme : de nouveaux pôles touristiques intégrés ; la requalification des sites existant, ciblés autour des filières balnéaires, d’éco-tourisme, de culture, des sites religieux et d’affaires ; l’implantation d’un Hub Services à Diamniadio ; l’offre de formation aux métiers de l’hôtellerie et surtout du tourisme.

En plus de ces programmes et projets, dont la liste est loin d’être exhaustive, il convient d’ajouter les services et sociétés traditionnelles, les agences et autres projets de développement qui ne cessent de contribuer de manière significative à la productivité et à la compétitivité de l’économie.

C’est dire que, dans la planification stratégique actuelle, tout est bien pensé pour produire une offre exportable.

Toutefois, un vieux principe de marketing rappelle que pour s’assurer un marché, il ne suffit plus à chercher à écouler une marchandise déjà produite, à un prix déjà fixé ; il faut s’assurer, avant même de la concevoir et de la produire, qu’elle disposera d’une clientèle.

Il n’est point besoin de rappeler que l’exportation est un métier et elle demande beaucoup de réflexion et exige quelques techniques capables de réussir la démarche d’exportation.

Néanmoins, la croissance notée dans les exportations ces dernières années montre que le Sénégal peut se hisser en exportateur net  notamment de produits non pétroliers et ainsi résorber progressivement le déficit de sa balance commerciale. En effet, les exportations du Sénégal se sont hissées à 1206,1 milliards de FCFA en 2014, contre 1173,1 milliards de FCFA en 2013, soit une hausse de 2,8%.

Il urge alors, d’intensifier le développement et la promotion des exportations pour une bonne atteinte des objectifs du PSE.

Pour ce faire, il faudra mettre en œuvre, sans délais, la stratégie élaborée par les acteurs de l’exportation, sous la direction de l’Agence sénégalaise de Promotion des Exportations, laquelle agence il faudra renforcer en ressources humaines et financières. En effet, une équipe d’une trentaine de personnes, soit-elle d’une bonne expertise, demeure insuffisante pour piloter une telle stratégie ; de même, une allocation budgétaire de trois cent millions, par an, ne peut assurer la promotion d’un seul produit à l’export, encore moins s’approprier les objectifs du PSE.

Le FMI, dans son Rapport du FMI N° 15/15 Sénégal, Janvier 2015, estime qu’« une stratégie d’exportation intégrée et coordonnée favoriserait considérablement la stratégie de croissance du Sénégal. À terme, le PSE vise à doper les exportations à destination des pays partenaires actuels et des pays limitrophes en Afrique de l’Ouest. Cet objectif devrait être réalisé indirectement, par l’amélioration de la compétitivité et de la productivité. Dans le cadre du plan actuel, moins de 1 % des financements publics seront directement alloués à une stratégie d’exportation indépendante ».

Des pays ont emprunté cette voie et ont vu leur économie devenir des modèles d’efficacité sur la scène commerciale internationale (Corée, Philippines, Irlande, Finlande, Maurice, Nouvelle Zélande, Chili et récemment le Maroc).

Cette démarche ne sera efficiente que si trois principes conducteurs sont respectés: faire face aux défis plus vastes du développement économique comme le développement rural, la création d’emplois et le développement technologique ; se concentrer sur le secteur des petites et moyennes entreprises, en analysant l’offre et la demande internationales dans des domaines spécifiques ;  mettre l’accent sur le partenariat entre les secteurs public et privé, le secteur public fonctionnant comme catalyseur et le privé comme leader et agent de la stratégie nationale.

Une telle approche globale permettrait de refléter l’aspect prioritaire que revêt le développement des exportations dans les dossiers économiques et découlera sur la création d’un Conseil du développement des exportations sous la présidence du Ministre en charge du commerce avec la participation de tous les départements sectoriels et le secteur privé.

De par sa position géographique, ses ressources en terres et en eaux, ses ressources humaines, sa stabilité politique et sociale, et son environnement des affaires, le Sénégal dispose d’avantages comparatifs pour attirer les IDE dirigées vers l’exportation sur les marchés régionaux et internationaux et développer la base industrielle en vue de l’exportation..

Le Sénégal  peut, dès lors, devenir un modèle d’efficacité sur la scène commerciale internationale, en diversifiant ses exportations tant dans leur composition que dans leurs destinations et en se transformant en acteur principal de l’exportation de produits et services de haute technologie. Il faudra pour cela glisser de la base des exportations traditionnelles vers l’industrie manufacturière, l’agro-industrie et les services, en fixant les exportations sur la valeur ajoutée dans une approche chaine de valeur.

Notons que le Sénégal, du fait des préférences tarifaires qui  lui sont offertes, bénéficie d’un accès préférentiel sur les marchés mondiaux, qui représentent plus de trois milliards de consommateurs.

Mettons en œuvre le Plan Sénégal Emergent autour d’un développement des exportations pour une transformation structurelle de l’économie.

Dr Mbaye Jean-Marie DIOUF

Juriste/Expert en Politiques et Négociations Commerciales Internationales

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