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Le financement après la privatisation : Jafza a imposé le changement de statut de l’Apix

L’Apix étant la haute autorité qui va contrôler la zone économique intégrée, les investisseurs émiratis voulaient pouvoir avoir un contrôle sur son mode de gestion. Hier, lors de leur conférence de presse conjointe, le ministre délégué au Budget et le directeur général de l’Apix ont reconnu sans ambages, que c’est à l’initiative de la société de Dubaï que les modifications législatives ont été opérées dans ce sens, rendant l’Apix intouchable.

Source : Le Quotidien
L’Apix étant la haute autorité qui va contrôler la zone économique intégrée, les investisseurs émiratis voulaient pouvoir avoir un contrôle sur son mode de gestion. Hier, lors de leur conférence de presse conjointe, le ministre délégué au Budget et le directeur général de l’Apix ont reconnu sans ambages, que c’est à l’initiative de la société de Dubaï que les modifications législatives ont été opérées dans ce sens, rendant l’Apix intouchable.

L’aveu leur a presque involontairement échappé, mais quasiment personne ne l’a relevé sur le moment. En fait, le ministre délégué, chargé du Budget, Ibrahima Sarr, et le directeur général de l’Agence nationale pour la promotion de l’investissement et des grands travaux (Apix Sa) voulaient absolument convaincre que le Sénégal était le plus grand gagnant de son nouveau mariage avec l’entreprise émiratie, Jebel Ali Free Zone Authority (Jafza). Même si cette union a entraîné la séparation d’avec les gérants américains du Millenium challenge account (Mca).

L’argumentaire du ministre chargé du Budget, préposé à rassurer l’opinion sénégalaise, consistait hier à déclarer que Jafza va construire et mettre à la disposition des opérateurs du secteur national et étranger, des bâtiments industriels clé en main, sur «financement de 800 millions de dollars». Mais s’empresse-t-il d’ajouter, «l’Apix Sa exercera la haute autorité de la zone économique spéciale et délivrera tous les services et facilitations dont l’investisseur a besoin». Ces propos, confirmés par le directeur de l’Apix Aminata Niane, lèvent le dernier doute des observateurs de ce dossier.

Cela permet de faire comprendre l’étendue des pouvoirs qui sont octroyés à ladite haute autorité par le législateur. Et pour faire bonne mesure, les deux orateurs du jour vont confirmer une autre information, à savoir que c’est à l’initiative de la Jafza que le statut de l’Apix a été modifié. M. Sarr expliquera d’abord, dans cet ordre d’idées, que la mise en œuvre du projet et la réalisation de la zone économique spéciale «démarreront au cours du premier semestre de 2008». Les travaux menés à travers les groupes de travail mis en place, ont permis d’aboutir à l’élaboration de deux projets de loi et d’un projet de décret. Il s’agit de la loi portant «création de la zone et de la loi autorisant la création de la société Apix Sa», souligne M. Sarr. Ces actes législatifs ont été présentés en «conseil des ministres le 28 janvier 2007, en commission des finances de l’Assemblée nationale le 02 février, avant de passer en séance plénière, le 06 février 2007», dit plus loin le ministre. La promulgation des deux lois est intervenue le «19 février 2007». En novembre 2006, un protocole d’accord a d’ailleurs été signé entre le Premier ministre du Sénégal et le directeur général de Jafza international. De cette manière, la voie a été ouverte pour que Jafza puisse mettre ses billes dans la zone économique intégrée. Et de prendre pied dans l’Apix également ? Les conférenciers d’hier ne l’ont pas déclaré.

Toutefois, avoue «le porte-parole du jour” du gouvernement, le projet de mise en place de la zone économique spéciale «remonte à 2003, à la suite de la visite officielle que le président de la République avait effectuée aux Emirats arabes unis» et à la suite de laquelle, les deux pays avaient émis le souhait de «renforcer leur coopération économique à travers un partenariat stratégique». Par la suite rappelle Ibrahima Sarr, une visite des cadres de l’administration avait été faite à Dubaï à «la zone économique spéciale de Jebel Ali en 2004». Plus tard, par arrêté «n° 007332 du 09 novembre 2006», le président de la République a formalisé et précisé les modalités de fonctionnement du groupe de travail chargé de la mise en place de la zone économique spéciale intégrée. Ainsi, des études de faisabilité ont été réalisées, confiées au «cabinet américain The Services group-Sa (Tsg)».

Il s’agissait de mieux cerner les contours du projet dans ses aspects techniques, réglementaires et financiers. Ces études de faisabilité ont été bouclées en septembre 2006. Et, les conclusions, selon le ministre, ont été convaincantes sur les opportunités que le projet présentait


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