23 octobre, 2014
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Le gouvernement et le MFDC invités à bannir les « affrontements armés »

Le gouvernement et le MFDC invités à bannir les « affrontements armés »

L’évêque du Diocèse de Ziguinchor (Sud), Monseigneur Paul Abel Mamba Diatta, a appelé mardi, les autorités sénégalaises et les dirigeants du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC, rébellion) à se passer des « affrontements armés » pour engager le dialogue et trouver une « solution politique » au règlement du conflit dans la partie méridionale du Sénégal.

‘’Je lance un appel pressant et solennel au Gouvernement et au MFDC pour qu’ils bannissent totalement, parmi les solutions pour la paix, les affrontements armés afin de promouvoir par le dialogue et lui seul, une solution politique au conflit en Casamance’’, a-t-il plaidé.

Mgr Mamba s’exprimait à l’occasion d’une cérémonie interreligieuse dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de prière pour la paix, instituée par le Pape Jean-Paul II.

Cette journée a été marquée par une messe pour la paix à l’église Notre Dame de Lourdes à Bignona, suivie d’une procession silencieuse jusqu’au Rond-point Emile Badiane et un lâcher de colombes.

L’évêque de Ziguinchor a salué la bonne volonté d’écoute et d’ouverture notée de part et d’autre, en qualifiant la libération récente des soldats par Salif Sadio, le chef d’Atika (aile militaire du MFDC), comme ‘’un signal d’espoir fort’’.

Mgr Paul Abel Mamba Diatta a encouragé le gouvernement et le MFDC à poursuivre les efforts de dialogue déjà entrepris. ‘’Et cela nous réconforte dans notre optimisme à un retour définitif de la paix en Casamance par le dialogue et la négociation.’’

‘’La période d’accalmie que nous observons depuis quelques temps montre bien qu’il est possible de se passer d’affrontements armés pour bien réfléchir à la vraie solution de la question de la paix en Casamance’’, a-t-il fait savoir.

‘’Mieux encore, cette accalmie est le signe d’une prise de conscience de l’absurdité de la violence et de la guerre. Elle est enfin révélatrice d’un désir profond de paix qui s’impose partout avec force’’ a-t-il poursuivi.

‘’La paix est possible. La paix est bien possible. La paix est bien possible en Casamance. C’est une question de volonté de part et d’autre’’ a insisté l’Evêque de Ziguinchor.

‘’Mais, elle n’arrivera pas toute seule, il faut la faire. Car la paix, ce n’est pas l’absence de guerre. Si bien que nous ne pouvons pas nous contenter de belles avancées ou de bonnes intentions. La paix que nous recherchons, ce n’est pas la situation actuelle de ni paix ni guerre’’, a-t-il averti.

‘’La victoire de la paix, c’est celle des cœurs et des esprits de tous les hommes de bonne volonté’’, a-t-il lancé, en invitant les pays voisins, la Gambie et la Guinée-Bissau, à collaborer franchement et activement pour la recherche de solutions viables à la crise casamançaise.

Le religieux a lancé aussi un appel à l’endroit de tous ses compatriotes sénégalais, à toutes les bonnes volontés et à toutes les organisations engagées dans la recherche de la paix en Casamance, à être des artisans de la paix et de la réconciliation.

La présidente de la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance (PFPC), Ndèye Marie Thiam, a souligné l’urgence de réunir les conditions pour aller vers des négociations sincères et inclusives pour une paix définitive à laquelle aspirent tous les ressortissants casamançais.

‘’La paix n’a jamais été si proche de nous. Il faut la saisir’’, a-t-elle estimé, tout en réaffirmant la volonté des femmes d’être impliquées dans les négociations entre le Gouvernement et le MFDC.

Abdoulaye Diédhiou, représentant de l’Imam Ratib de Bignona (Fansou Bodian) et Solange Sagna, au nom des enfants affectés par le conflit en Casamance, ont tous abondé dans le sens d’œuvrer pour un retour définitif de la paix dans la partie méridionale du Sénégal.

Avec Aps