24 juillet, 2014
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Le marin reconverti en vendeur avait assassiné son employeur, ligoté ses membres avant de consumer sa dépouille

Le marin reconverti en vendeur avait assassiné son employeur, ligoté ses membres avant de consumer sa dépouille

Fils unique, Yu Xue Yong, marin de profession, avait, au début de l’année 2009, rejoint ses compatriotes Chinois à Dakar, sur le Boulevard Général de Gaulle plus exactement, pour faire fortune. C’est alors qu’il a fait la con- naissance de Hu Yueping qui l’a recruté d’abord comme cuisinier, avant de l’accueillir dans son magasin. Etant la seule source de revenue de sa famille, Y. X. Yong, nourri et logé

par sa patronne, avait signé un contrat de 3 ans avec celle-ci avec un salaire mensuel estimé à 250 000 francs Cfa que son employeur s’était engagée à lui garder, le temps de leur collaboration.C’est ainsi que 10 jours après avoir épuisé son contrat, il s’était présenté chez la dame, pour lui réclamer la globalité de son argent. C’est, en effet, à partir de cette visite que tout a com- mencé. L’ayant trouvée seule, dit-il, celle-ci a refusé de lui restituer son argent. Ce qui l’a mis dans une colère noire. Une dispute est née, mais la suite a été fatale à la dame qui a été tuée par son ex-employé ce 14 août 2009.Il ressort de l’accusation que la Division des investigations criminelles (Dic) était informée de la découverte du cadavre d’une asiatique dans un appartement sis à la rue Marsat X Allées Pape Guèye Fall. Une enquête qui a permis d’arrêter Y. X. Yong. Lequel a reconnu les faits à la barre de la Cour d’assises. Et même s’il faut relever qu’il y a controverse sur la manière dont le crime a été commis, l’ac- cusé soutient l’avoir seulement étranglée durant 3 minutes. Selon la police, le mis en cause reconnaissant le vigile de l’immeuble où loge sa patronne, a pu sans difficulté s’introduire dans son appartement avec un couteau soigneusement dissimulé. Ce qu’il a rejeté à la barre. Toujours est-il qu’au cours de la dispute, il a bâillonné la bouche de sa patronne sous la menace d’un couteau pour l’empêcher de crier. Il l’a ensuite ligotée avant de l’étrangler avec un cordon pris sur place. Son forfait commis, il lui a subtilisé 2 millions de francs Cfa puis a consumé la dépouille de la dame.Dans son réquisitoire, l’avocat général a relevé le caractère «manifeste» de l’intention homicide qui a animé l’accusé. Estimant que ce dernier a prémédité son acte, il a rappelé qu’il a violenté la dame en la propulsant. Ce qui lui a occasionné un traumatisme crânien. Quant au fait de consumer un corps inanimé, l’avocat général l’a assimilé à des «actes de barbarie», avant de requérir les travaux forcés à perpétuité. Mes Nohine Mbodj et Abdou Rahmane Sow, assurant la défense de Young, ont soutenu que la preuve de la préméditation n’a pas été démontrée pour retenir l’assassinat. Ils ont donc demandé à la Cour d’écarter l’assassi- nat, les actes de barbarie et de tortures et de requalifier des faits en homicide involontaire. Ils ont aussi sollicité une application bienveil- lante de la loi pénale. Après requalification des faits en meurtre, profanation de corps, vol commis la nuit Y. X. Young a été condamné aux travaux forcés à perpétuité.

Ndèye Anna NDIAYE

Le Populaire