Confidences

LE MASSAGE- Une activité aux vertus diverses

  • Date: 8 janvier 2016

De plus en plus, des complexes d’esthétiques abritent des coins pour massage. Cette proximité avec les populations fait que, naturellement, les gens vont se faire belle instinctivement. Avec ses vertus apaisantes et relaxantes, le massage est une forme de thérapie qui agit sur la peau, les muscles et les nerfs en activant la circulation sanguine.

Des techniques très sophistiquées de massage sont de plus en plus déployées dans les salons de massage. Bien qu’une formation dans ce domaine n’est pas trop reconnue, en France comme au Sénégal, à l’exception de quelques rares écoles reconnues par l’État. Par contre, la pratique parallèle connue dans le domaine de la médecine, c’est la kinésithérapie. Cette dernière est une science, enseignée dans de grandes écoles de santé. Un masseur est souvent assimilé à un kinésithérapeute. Ils font à peu près le même boulot, sauf que la kinésithérapie est plutôt axée sur des problèmes de rééducation. Généralement, on fait appel à cette science pour réanimer le corps. C’est le cas, par exemple, pour retrouver l’usage d’une main après une chirurgie réparatrice ou, du moins, entrainer le corps à s’adapter à son nouvel état (apprendre à un patient amputé à marcher avec une prothèse). La kinésithérapie signifie : traitement par le mouvement. Elle agit au niveau musculaire et articulaire. Les techniques sont utilisées dans le but de la rééducation du mouvement et de la posture de l’individu. Cette pratique se fait sans huile de massage.

Hormis ce massage pour rééducation, il existe d’autres formes de massage comme le massage traditionnel du nourrisson. Il se fait généralement, chez les nourrissons, par des dames expérimentées. Son but est, selon certaines personnes, « de rendre les os plus durs et de corriger les imperfections du corps et de la forme ».

Par contre, les très courus massages thaïlandais, suédois et californiens se font avec des huiles essentielles. Avec ces différentes huiles et techniques, les vertus sont visibles : ça relaxe, apaise et vitalise. Un abonné de ces soins dira ceci : « C’est plus qu’un moment de détente. Le massage contribue à réduire le stress, à prévenir la maladie et à améliorer l’état de la santé ». Ainsi, des huiles naturelles à base d’ail, d’olive, d’eucalyptus, de citron et d’amande accompagnent les gestes techniques et adroites.

De plus en plus, des centres d’esthétique se modernisent, à l’instar des pays occidentaux. Ces centres proposent également des Hammam, Sauna, Balnéothérapie… Ces méthodes modernes sont entrées en force dans le quotidien des Sénégalais qui n’hésitent plus, le temps d’un week-end, à  aller faire un bon massage relaxant, tonifiant et même amaigrissant. De quoi se laisser aller pour un gommage du corps et de soins du visage.

Le témoignage poignant « d’une masseuse professionnelle »

Le métier de masseuse professionnelle est devenu très répandu à Dakar. Des salons spécialisés dans le massage sont érigés par des professionnels du domaine pour monnayer leur talent. Métier très tentant et parfois même à risque, les jeunes femmes y gagnent pourtant bien leur vie, à leurs risques et périls. Lisons plutôt les propos de Moussou, masseuse professionnelle…

« Je suis une jeune femme de 32 ans, divorcée. Je suis originaire de Kaolack où j’ai effectué une formation en massage dans un salon à Ndorong. Ma formation a duré trois ans et je suis sortie avec un diplôme de masseuse professionnelle que j’exerce depuis maintenant plusieurs années. Dans ma carrière, j’ai toujours souhaité masser les femmes plus que les hommes.  Avec les hommes, c’est toujours plus compliqué. Non seulement ils t’appellent parfois, à des heures tardives, à minuit parfois. Mais aussi ils se permettent, dès ton arrivée, de se mettre nu sans complexe devant toi. Des inconnus qui ne font qu’appeler. Ils te disent tout simplement « je t’appelle de la part de tel… »

Selon Moussou, « souvent, pour t’encourager au déplacement, ils peuvent même te proposer le double du prix de la prestation. La séance s’élève à 10 000 francs Cfa. Mais dès que tu arrives, ils commencent à te faire des propositions malsaines, sans vergogne. Chaque fois que je réponds à une sollicitation, j’ai des palpitations, par peur d’être agressée physiquement. C’est pourquoi, je préfère toujours prendre mes précautions en me mettant d’abord en slip, cuissard, short et ensuite un jean très serré que je complète avec une ceinture en cuir. » Et de poursuivre : « À plusieurs reprises, j’ai échappé belle à une tentative de viol. Mais en femme expérimentée, j’essaie par pure courtoisie de dévier les intentions et d’expliquer les raisons de ma présence. Ils ne m’écoutent pas en général et me tournent en dérision, en avouant avec une belle ironie que ce métier n’est pas reconnue au Sénégal et que toutes les femmes qui le font sont des ‘’vendeuses de sexe’’. Cela me fait très mal parfois et j’en souffre ».

Mais j’ai décidé, depuis quelques mois, d’arrêter ce métier à risque bien que je l’adore. « Je suis fatiguée d’être considérée comme une pute. J’ai cessé de me présenter comme masseuse. Ils te regardent tous d’une certaine manière lorsque tu déclines ton identité et ton métier. À un certain moment, j’ai voulu ouvrir mon propre salon à la maison, pour ne plus rejoindre les clients. Malheureusement, je me suis heurtée à la résistance de ma mère qui préfère tout bonnement que je change de métier. Peut être qu’un jour, je recommencerai à pratiquer. Mais cela ne serait possible que lorsque les conditions de travail des masseuses changeront et que les gens arrêtent de nous prendre pour des femmes faciles. Notre objectif à nous, c’est de faire respecter notre métier et d’exercer librement, sans remords. »

Masseuse ou prostituée ?

Les masseuses font de la pub pour se faire connaitre. Elles font publier leur carte de visite dans certains sites ou journaux de petites annonces, histoire de se faire connaitre et d’avoir des clients. Aussi, ce métier est-il une autre forme de prostitution déguisée ?

« Pour recevoir tout tranquillement chez vous un massage et offrir une pause à votre corps, dans la discrétion totale, libérez-vous du stress qui vous ruine peu à peu et retrouvez la sérénité qui vous manque à domicile. À l’hôtel ou chez moi, appelez au…» Vous devinez déjà que c’est une annonce d’une masseuse. Ce sont ces genres de messages qui sont distillés, sous forme d’annonces, sur des supports de communication. Ce même message aurait aussi suffi à une prostituée, peut-être clandestine, de faire sa promotion pour se faire voir et désirer. Pourquoi pas ? Ce n’est pas interdit. Certains sites abritent pourtant ces fameux messages. Décryptons une autre annonce d’une masseuse et les commentaires qui s’en sont suivis. « Massage sensuelle… Jolie masseuse sénégalaise (C’est le titre de l’annonce)… Vous êtes dans votre hôtel, domicile où vous vous ennuyez ? Bibiche, 22 ans, jolie, jeune femme sénégalaise propose massage, détente, relaxation complet du corps, massage sensuel et intégrale : 25 000/heure, 30 000/ 1h 30. Je me déplace partout à Dakar ! Appelez vite au 77 …… et je serais là dans moins d’une heure ». Fin de citation.

Voici en intégral aussi, l’un des commentaires recueillis à la suite de ce message : « Bonjour ! Je suis en France et je serais au Sénégal  dès le 15. Je peux avoir le massage et l’amour en même temps ? »

Là, le massage est carrément relié à l’amour. Des mots comme câlins, doux et sensuels, une disponibilité immédiate, un prix assez élevé quand même pour une séance de massage qui se déplace. L’on est tenté de croire, que beaucoup de femmes, se cachent derrière ce métier pourtant sérieux, pour attirer de potentiels clients dans le commerce du sexe. « Sincèrement, j’ai couché avec toutes les filles que j’ai appelé pour un massage. Mais attend, ça va de pairs ! Une femme ne peut pas se permettre de se déplacer jusque-là où vous êtes, vous masser tout le corps et repartir comme ça ! C’est impensable ! Toutes celles qui se déplacent cachent un autre métier… Je ne sais pas les autres, dans les instituts, je n’ai jamais mis les pieds, mais j’imagine que c’est différent », lâche A. W. avec beaucoup d’ironie. No comment !

Les professionnels de ce métier de massage, devraient-elles laisser ces masseuses clandestines, salir leur peau ou, au contraire, devraient elles sortir de l’ombre pour dénoncer ce fait ? En tout cas, ce métier, est beaucoup utilisé par les filles par ces temps qui courent. Elles sont nombreuses à s’identifier en tant que « masseuse ». Une situation que déplore Maty, qui, selon elle, toutes les masseuses ne sont pas les mêmes, surtout les professionnelles qui siègent dans les instituts reconnus. « Pourtant, dans les instituts, les hommes comme les femmes se font masser sans problèmes ! Peut-être aussi, que ces mêmes filles masseuses se donnent rendez-vous après leur boulot pour autre chose après. Mais, je trouve qu’elles sont clean, et pas intéressées », tranche-t-elle. Et pointant du doigt les hommes, elle les accuse de vouloir les choses très faciles en faisant appel à « ces masseuses clandestines » et les traite de « beugeu lou yomb ».

Finalement, l’on est tenté de se poser la question à savoir : Comment reconnaitre une professionnelle masseuse d’une masseuse clandestine ?  Quand on sait qu’il n’y pas encore d’école proprement dite, pour accueillir ces filles, qui tiennent, contre vents et marées à exercer ce métier.

Vivement un institut qui peut sanctionner les études par un diplôme reconnu par l’État puisse voir le jour… Pour qu’enfin, tout soit clair…

Khady Thiam Coly

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