Accueil / FAITS DIVERS / Le meurtrier libre dans 10 mois, après 7 ans en prison

Le meurtrier libre dans 10 mois, après 7 ans en prison

Tout est parti du 14 novembre 1998 à Pikine, au quartier Lansar. Un jeune du nom de Matar Seck dit Vieux arrive au domicile des Diouf, et adresse des propos déplacés à la fille de l’accusé, proférant des injures de toute nature. Le père, n’ayant pas digéré ce comportement bizarre, tente de raisonner ledit visiteur, en vain ; l’inconnu s’acharne sur ce dernier, en le traitant de tous les noms d’oiseaux. Alors, éclate une altercation à l’issue de laquelle l’accusé fait usage d’une arme blanche tirée de la cuisine, et qui se trouvait à sa portée. Et survint l’irréparable. Le frère de la victime n’a demandé qu’un franc symbolique.

Source l’Office
Chauffeur de son état, Boubacar Diouf est né en 1954 Dakar. Marié, et père de quatre enfants en vie, il a été inculpé de meurtre, arrêté et placé en mandat dépôt le 19 mars 2001, suite à une plainte déposée au commissariat de Guédiawaye par le demi-frère de la victime, un certain Amadou Matar Seck. C’est lui également qui a fait ses investigations pour déloger le meurtrier dans un autre quartier dénommé Darourahmane à Guédiawaye ; alors qu’après l’irréparable, Boubacar Diouf et sa famille avait déménagé de Pikine.

Ce jour du 14 novembre 1998 donc, un jeune du nom de Matar Seck dit Vieux, arrive dans la famille des Diouf vers 14 heures. Une fois dans l’enceinte de la concession, il s’adresse directement à la fille de Diouf du nom de Aminata Diouf, avec laquelle il est familier. Matar Seck dit Vieux, piqué par on ne sait quelle mouche, lance des propos irrespectueux à la fille. Et, d’injures en injures, les unes plus salaces que les autres, la discussion dégénère. Intervenue dans un premier temps, à la demande de sa fille, la mère de famille ne peut calmer le jeune Seck. Entre en scène alors, le père,

en l’occurrence Boubacar Diouf. Mais ce dernier récolte une bordée d’injures, les unes plus humiliantes que les autres. Pis, même les voisins, venus aux nouvelles, sont impuissants devant la furie du jeune Seck. Ce qui devait arriver arriva. La situation dégénère. Matar Seck s’empare d’une grosse pierre qui servait à coincer la porte de la maison, et se dirige menaçant vers Boubacar Diouf. Ce dernier se saisit alors d’un couteau de cuisine, et le lui enfonce violemment dans l’abdomen. Matar Seck s’effondre, la blessure est telle que le sang suintait de partout… La victime sera évacuée à l’hôpital Principal de Dakar, et immédiatement admis à la réanimation, où il a lutté contre la mort pendant près de deux mois, avant de succomber à ses blessures. Boubacar Diouf est arrêté et placé en mandat de dépôt le 19 mars 2001. Il a comparu à la barre de la Cour d’assises de Dakar ce 18 juillet 2007. A l’interrogatoire, l’accusé a reconnu avoir détenu un couteau au cours de la bagarre, mais que c’est la victime qui s’est jetée sur l’arme, et qu’il n’avait aucune intention de le tuer. Le président Demba Kandji a eu à poser plusieurs questions, non seulement à l’accusé mais également à l’épouse et à la fille de Boubacar Diouf, comparaissant toutes deux pour un apporter un éclairage sur l’affaire.

Mais leurs déclarations étaient ponctuées de contradictions avec la version de l’accusé. Egalement, le témoignage d’une dame du nom de Soukèye Ndour, voisine immédiate de la famille Diouf. Laquelle, se disant témoin oculaire des faits, déclarera dans le PV, que c’est Boubacar Diouf qui a rejoint la victime en dehors de la maison pour lui donner le coup mortel. Tandis que madame Diouf et sa fille soutiennent toutes les deux que le coup qui coûté la vie à Matar Seck a été porté dans l’enceinte de la concession. L’avocat général Antoine Diome, dans son réquisitoire, a mis l’accent sur plusieurs points quant à la qualification de l’acte de l’accusé. Pour l’avocat général, le coup fatal était trop violent. Ajoutant qu’on ne peut parler de légitime défense, ni de l’excuse de provocation. Et de pencher pour la culpabilité de l’accusé. Avec 20 ans de travaux forcés. Mais la cour ne l’a pas suivi, et a condamné Boubacar Diouf à 7 ans ferme ; il lui reste 10 mois pour recouvrer la liberté. Concernant les intérêts civils le frère de la victime n’a demandé qu’un franc symbolique.


À voir aussi

Bamba Ndiaye a été jugé hier

Ahmadou Bamba Ndiaye, le meurtrier de sa femme Bigué Ndao a été jugé hier au …

Pédophilie: Une fille de 13 ans contrainte à faire l’amour pour 1.000 francs

 2 ans de prison ferme et une amende d’un million de nos francs, c’est la …