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Le ministère du Commerce sonne l’alarme : Une grande pénurie de lait en poudre est en vue

Les investigations menées auprès des gros importateurs de lait en poudre par une structure de la Direction du Commerce intérieur laissent apparaître de sérieux risques de pénurie dans une quinzaine de jours pour non disponibilité de l’offre au niveau du marché mondial.

Source : Walfadjri
Le pire est à venir. Les consommateurs qui se plaignent de la hausse sensible du prix du lait en poudre, risquent de ne plus découvrir ce produit sur le marché. En effet, les investigations menées auprès des gros importateurs de lait en poudre par la Division de la consommation et de la sécurité des consommateurs (une structure de la Direction du Commerce intérieur) laissent apparaître de sérieux risques de pénurie dans une quinzaine de jours pour non disponibilité de l’offre au niveau du marché mondial. Et c’est le chef de division lui-même qui a tiré la sonnette d’alarme lorsque, dans une note technique sur la situation du marché du lait en poudre distribuée hier aux participants de la réunion convoquée par le ministère de tutelle, il fera remarquer la baisse sensible des stocks disponibles sur le marché sénégalais. ‘A l’analyse de la situation du marché mondial, il ressort que les prix pratiqués aujourd’hui variant entre 60 000 et 65 000 F Cfa par sac de 25 kg sont fortement influencés par les cours actuels du lait en poudre. D’où la forte probabilité, selon les offres de prix communiquées par la plupart des principaux importateurs, de voir ces cours atteindre 3 500 euros par tonne sous peu, soit 78 000 F Cfa par tonne ou 3 120 F Cfa par kg, à condition que le produit soit disponible compte tenu du fait que nombre de fournisseurs ne sont plus à même de satisfaire les contrats des importateurs. Et cette situation est d’autant plus probable que les stocks disponibles sur le marché sénégalais sont très en-deçà des niveaux habituels (environ 600 tonnes au mois d’avril 2007 contre 3 000 tonnes habituellement)’, a déclaré Mme Maïmouna Diop dans la note technique.

Le chef de la Division de la consommation et de la sécurité des consommateurs impute cette situation à la distorsion constatée sur le marché mondial du lait en poudre. Et cette distorsion a eu des répercussions sur les importations sénégalaises de ce produit estimées entre 30 à 40 000 tonnes par an. C’est ainsi, dira-t-il, que les prix sont progressivement passés d’environ 40 000 F Cfa par sac de 25 kg au troisième trimestre 2006 à 60 000-65 000 F Cfa au deuxième trimestre 2007.

Depuis le quatrième trimestre 2006, le marché mondial du lait en poudre subit une distorsion notoire liée à la combinaison de multiples facteurs pouvant, à terme, aboutir à une crise, indique-t-on dans la note technique. D’après la même source, ces facteurs relèvent principalement de la baisse de la production mondiale de lait en poudre face à une hausse de la demande combinée à la mise en œuvre de nouvelles politiques commerciales.

La production mondiale de lait en poudre, principalement assurée par l’Union européenne (France et Allemagne), l’Océanie (Australie et Nouvelle Zélande) et l’Amérique du Sud (Argentine, Mexique, Brésil et Uruguay), a connu une baisse de près de 15 %, selon les services de la Direction du Commerce intérieur.

Selon la même source, cette baisse résulte de plusieurs facteurs. Parmi lesquels il a été cité la sécheresse en Australie où la production a baissé de 50 % et de l’effet domino créé en Nouvelle Zélande (anticipation de vente).

Il a été aussi noté comme facteur expliquant la baisse, la réorientation de la production de lait des pays de l’Union européenne vers des produits à haute valeur ajoutée, tels les fromages, les yaourts et les produits laitiers liquides. Le dernier facteur explicatif de la baisse de production du lait en poudre cité a trait à la promotion de la consommation intérieure de lait et de la création locale de valeur ajoutée en Argentine (politique de nutrition).

Mais les producteurs ne sont pas restés passifs. Devant cette situation de baisse de la production mondiale de lait, plusieurs pays producteurs ont mis en œuvre de nouvelles mesures de dissuasion des exportations. C’est ainsi que, selon le chef de la Division de la consommation et de la sécurité des consommateurs, l’Union européenne a progressivement supprimé depuis novembre 2006 la ristourne à l’exportation de 500 euros par tonne de lait en poudre vendue (restitution suivant retour de déclaration de dédouanement). En ce qui concerne l’Argentine, gros producteur, elle a imposé une taxe à l’exportation de 2 000 dollars par tonne rendant hors portée son produit. S’agissant de l’Inde, elle a opté pour un arrêt pur et simple de ses exportations pour des besoins d’autosuffisance alimentaire. Parallèlement, la demande sur le marché mondial a augmenté de plus de 5 % en raison de l’appétit grandissant de grands pays tels que la Chine, selon Mme Maïmouna Diop.

Comment faire face

La très forte flambée des prix du lait en poudre est liée à l’insuffisance de l’offre. Ainsi, d’après le chef de la Division de la consommation et de la sécurité des consommateurs, de 1 800 à 2 000 euros par tonne en décembre 2006, les prix sont passés en avril 2007 à 3 200-3 400 euros par tonne, soit une augmentation de 65 à 80 %. Il explique cette forte hausse enregistrée en mars-avril par la réaction du marché face à l’appel d’offre de 2 000 tonnes lancé par l’Etat algérien pour les exigences de son marché intérieur.

Face à cette situation, le chef de la Division de la consommation et de la sécurité des consommateurs n’a pas manqué de faire des recommandations au gouvernement. ‘Devant cette difficulté de la disponibilité de l’offre au niveau international, toute mesure d’ordre tarifaire risque d’être inefficace. Il convient, dès lors, de prendre en compte l’influence des droits de porte sur les prix finals du lait en poudre par l’application des valeurs transactionnelles en lieu et place des valeurs indicatives, eu égard à la flambée fulgurante et rapide des cours mondiaux ; de suivre régulièrement les stocks disponibles afin d’éviter une pénurie totale de lait en poudre sur le marché local et d’explorer un mécanisme d’anticipation de prise en charge par l’Etat d’un appel d’offre international afin d’éviter une situation de pénurie totale (cas de l’Algérie)’, a-t-il indiqué.


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