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LE MINISTRE Hadjibou Soumaré au CRAES : La fraude dissimule le drame des milliers d’emplois perdus

Les activités de la première session ordinaire de l’an 2007 du conseil de la République pour les Affaires Économiques et Sociales ouverte depuis le 6 mars dernier sur le thème « Libéralisation de l’économie Sénégalaise : atouts et contraintes » s’est poursuivie au siège de l’institution avec l’audition du minstre-délégué chargé du budget M. Cheikh Hadjibou Soumaré sur le thème : « Lutte contre la fraude, la contrebande et la contrefaçon. »
À l’entame, Me Mbaye Jacques Diop Président du CRAES au nom des 110 femmes et hommes qui composent l’institution s’est réjoui de recevoir le ministre du budget qui dira-il forme avec le ministre d’État, ministre de l’Économie et des finances Abdoulaye Diop un binôme de compétence et de patriotisme avérés. Abordant le sujet, Me Diop dira que la globalisation, la production de masse, les délocalisations et la multiplication des circuits de distribution, légaux et illégaux, offrent à la fraude, la faculté de se développer à grande échelle suivant des pans entiers de notre économie. C’est pourquoi dira-t-il , aucun secteur n’est épargné par le fléau : industrie de la musique et des arts, industrie pharmaceutique, industrie de transformation et de production de biens de consommation courante etc…. Et de souligner que c’est parce que cette question est érigée en rang de priorité par l’État qu’un conseil présidentiel exclusivement consacré au sujet, s’est tenu sous l’égide du chef de l’État en présence de tous les acteurs concernés. Selon le président du Conseil de la République, le phénomène engendre une forte évasion fiscale, favorise une concurrence déloyale avec notre industrie locale, pose un problème de santé et de sécurité publiques et biaise les stratégies de notre commerce extérieur. Pour corroborer ce constat fort triste, le CRAES a initié des visites de terrain auprès des unités industrielles qui subissent les effets dévastateurs de la contrebande et de la contrefaçon notamment la CSS ( Compagnie Sucrière Sénégalaise), la SOCAS, SIGELEC, AGROLINE, SEDIMA et SOTIBA. C’est donc fort de cette moisson d’informations que le CRAES, dont la vocation est de conseiller les pouvoirs publics, entend engager avec l’état un dialogue à l’issue duquel des recommandations pertinentes seront formulées pour enrayer ce fléau qui obère l’essor de notre industrie locale dira-t-il.

Après que les différentes commissions ont lu leurs rapports sur l’État de la fraude, la contrebande et la contrefaçon, le ministre délégué, chargé du Budget Cheikh Hadjibou Soumaré après avoir rappelé toutes les définitions du mot fraude, a dit que le lieu commun à toutes les fraudes est un double impact négatif aux plans économique et social. Selon M. Soumaré, la fraude vise sous ses diverses formes en général sinon toujours l’objectif de réduction de la pression fiscale pour obtenir des prix de revient plus faibles. Ce qui peut entraîner des pertes de recettes et d’autres effets pervers comme le chômage ou le sous-emploi qui désorganisent les secteurs dans lesquels elle existe.

M. Soumaré dira que la fraude est dangereuse par la nature sournoise de ses attaques et l’ampleur des résultats, surtout lorsqu’elle est l’œuvre de gens très au fait des différentes règles de jeu, qui connaissent toutes les subtilités pour s’assurer l’impunité ou à défaut, limiter au minimum possible les éventuelles conséquences dommageables pour eux.

Le ministre d’Etat ministre de l’Economie et des Finances a dit qu’il est important aussi de souligner, que pour parer a tout cela l’État, dans sa volonté sans équivoque de mener une lutte acharnée contre toutes les formes de fraudes en général et douanière en particulier a accentué ses actions. Le président de la République dès son accession à la magistrature suprême s’est attaqué à cette question en convoquant un conseil présidentiel pour évoquer tous les aspects de la question avec les acteurs concernés. Le président de la République a donné des instructions claires et précises sur les actions à mener par les différents services de répressions afin d’éradiquer un phénomène aussi néfaste. M. Diop dira qu’à l’occasion, le président a beaucoup insisté sur la nécessité d’impliquer le privé qui demeure un pilier incontournable de toute politique de développement. Ce sont ces instructions qui ont balisé le chemin et permis à la douane d’avoir une feuille de route pour assurer encore plus efficacement la lutte contre la fraude.

Ensuite le ministre du budget a parlé de l’organisation de la lutte contre la fraude qui doit, selon lui être revue et que les NTIC soient mieux utilisées pour rendre plus performants les résultats des douaniers. Il faut aussi des méthodes d’interventions modernes et un équipement adéquat pour permettre à la douane de mieux faire son travail. Il faut aussi, selon M. Soumaré l’instauration d’un partenariat fécond avec les opérateurs économiques et une meilleure compréhension pour rendre plus fluides les rapports. Toutefois, dira le ministre délégué, comme toute lutte contre les déviances économiques et sociales, il faut sans cesse aller de l’avant sous peine de perdre toute efficacité. C’est ainsi que le ministre délégué a révélé qu’un programme de renouvellement du parc automobile de la douane est en cours d’exécution (véhicules de poursuites et de liaisons) portant sur 110 véhicules neufs qui seront bientôt opérationnels.

Dans le même ordre d’idées, M. Soumaré a dit que les moyens navals vont être renforcés de manière significative puisque c’est près de 6,5 milliards de francs CFA qui vont être affectés à l’achat d’unités navales.

En conclusion, le ministre délégué chargé du budget a demandé aux conseillers de la République d’être des acteurs dans la sensibilisation des populations qui doivent être convaincues que l’évasion fiscale et les autres formes de fraudes dissimulent à la fois, le drame de milliers d’emplois perdus, l’enrichissement indu de quelques individus sans scrupule.

Ce qui est marquant selon M. Soumaré c’est l’égoïsme et la fatuité qui sous-tendent l’action du fraudeur qui vise son intérêt personnel à l’exclusion de toute considération de celui du plus grand nombre. Et que donc pour lui, une telle attitude qui exclut toute idée de civisme est encore plus nuisible lorsqu’elle est confortée par une indifférence collective.


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