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Le Niger expulse le patron local d’Areva, n°1 mondial du nucléaire civil

Le Niger a décidé mercredi d’expulser le directeur local du groupe francais Areva, sous l’accusation de financer une rébellion touareg dans le nord du pays, ce que dément catégoriquement le numéro un mondial du nucléaire civil et premier employeur privé du pays.

Source : Jeune Afrique
Interrogé par l’AFP à Paris, Areva a confirmé et « déploré » jeudi l’expulsion. « Rien dans l’action de Dominique Pin ne peut justifier la mesure qui le frappe », a estimé un responsable du groupe, en affirmant que cet événement « intervient dans un climat d’incompréhension mutuelle ».

« Le groupe entend rester un acteur important du développement économique et social du pays. Il formule le voeu que le Niger puisse retrouver très rapidement sécurité et stabilité », a poursuivi ce responsable.

Selon l’hebdomadaire Le Républicain paru jeudi, M. Pin aurait été expulsé pour des liens présumés avec les rebelles touareg du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), sur décision du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique en personne, Albadé Abouba.

Aucune confirmation officielle de cette expulsion n’avait toutefois pu être obtenue jeudi à la mi-journée.

Le Républicain ne donne pas de précisions sur les motifs exacts de l’expulsion du responsable d’Areva, premier employeur au Niger après l’Etat, et qui y exploite l’uranium depuis 40 ans.

Aujourd’hui, des groupes canadiens et chinois sont également présents.

Il y a peu de temps encore qualifié au plus haut niveau de « partenaire de référence », Areva, qui vient pourtant d’annoncer un investissement massif d’un milliard d’euros sur son site d’exploration d’Imouraren, fait désormais figure d’accusé.

Car entretemps a resurgi au nord, la zone de production d’uranium, dont le Niger est le 3ème producteur mondial, une rébellion touareg active avec l’apparition en février du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ).

Au début des années 1990, le pays avait connu une importante rébellion des « hommes bleus » qui s’était achevée avec la signature en 1995 d’un accord de paix comprenant notamment des clauses socio-économiques pour favoriser la population touareg.

Depuis quelques semaines, une partie de la presse nigérienne accuse Areva de soutenir ces rebelles, qui ont déja mené des opérations meurtrières contre l’armée, mais qui ont aussi attaqué le site d’Imouraren en guise d’avertissement.

Alors que l’ensemble des partis politiques du pays a reconnu récemment qu’il s’agit bien d’une nouvelle rébellion touareg, le pouvoir du président Mamadou Tandja le nie et attribue l’instabilité au nord à des « bandits ».

Il y a quelques jours le pouvoir s’est encore raidi en écartant toute possibilité d’une quelconque négociation avec le MNJ.

Il y a environ une semaine, un « débat » télévisé sur la situation dans le nord organisé avec deux députés a tourné au réquisitoire contre Areva, des médias français (Radio France Internationale, récemment coupée sur la bande FM, et France24) ainsi que la Libye voisine. Le lendemain plusieurs milliers de personnes manifestaient à Niamey contre Areva et la Libye.

« Les rumeurs et les récentes déclarations sur le rôle présumé (d’Areva) dans le financement des rebelles du MNJ n’ont aucun fondement », avait affirmé M. Pin le 17 juillet.

Selon Le Républicain, sa conférence de presse a été totalement passée sous silence par la télévision d’Etat « sur injonction du pouvoir politique ».

De leur côté les rebelles du MNJ accusent des sociétés chinoises de prospection minières de financer et équiper l’armée nigérienne. En guise d’ultimatum, le mouvement avait enlevé a la mi-juillet un responsable chinois d’une de ces entreprises avant de le relâcher au bout d’une semaine.

« Les Chinois s’intéressent à l’uranium, ils prospectent un peu partout, notamment au Niger. Il y a peut-être une volonté des autorités du Niger de bien valoriser cette ressource », commentait jeudi un spécialiste.


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