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Le patronat appelle à de profondes réformes pour redresser le pays

Le patronat de la République démocratique du Congo (RDC) a appelé jeudi à de profondes réformes pour rétablir la sécurité physique et juridique des investisseurs, et relancer l’économie d’un pays ravagé par la guerre et miné par la corruption.
Dans un rapport détaillé de la situation économique du pays transmis au président Joseph Kabila et au gouvernement, la Fédération des entreprises du Congo (FEC) constate « l’état de délabrement généralisé du tissu économique » mais affirme « qu’au regard de ses potentialités, la RDC dispose de moyens pour sa reconstruction ».

La RDC, considérée comme un des pays les plus pauvres et les plus corrompus de la planète, recèle d’immenses ressources naturelles, dont 34% des réserves mondiales connues de cobalt, 10% des réserves de cuivre, mais aussi de l’uranium, de l’or et du pétrole et abrite la deuxième forêt tropicale primaire de la planète.

« Cette relance devrait partir de l’intérieur du pays », meurtri par des années de guerre (1996-1997 et 1998-2003) et quasiment dépourvu de voies de communication, a estimé Albert Yuma, président de la FEC, au cours d’une conférence de presse à Kinshasa.

« Elle passe nécessairement par la consolidation de la paix et de la sécurité, l’assainissement de l’environnement institutionnel et réglementaire, la priorité à accorder à l’agriculture (…), la réhabilitation des infrastructures, la disponibilité de l’énergie électrique et le soutien aux initiatives privées », a-t-il énuméré.

« Nous devons assurer l’auto-suffisance alimentaire » des 60 millions d’habitants d’un pays où moins de 5% des terres arables sont cultivées, a souligné M. Yuma.

La relance passera nécessairement par la création d’un environnement favorable aux entreprises, notamment par « l’installation de tribunaux de commerces indépendants », des aides aux petites et moyennes entreprises, et par la réforme d’une « justice corrompue » qui « intervient sans cesse dans le secteur privé ».

« Il y a aujourd’hui 4 milliards de dollars en circulation dans le pays mais seulement 350 millions dans le circuit bancaire. Pour ramener tout le monde dans le secteur formel, il faut mettre fin à l’insécurité juridique! », a martelé M. Yuma.

Pour créer des conditions favorables, la FEC appelle avant tout au « respect des lois », rappelant que plus de 80% des opérateurs du secteur minier ne respectent pas la législation en vigueur, « notamment les asiatiques » qui « refusent de se faire enregistrer et participent à un pillage massif » des ressources naturelles.

« La lutte contre la corruption et la bonne gouvernance supposent la sanction, pour mettre fin à l’impunité. Tout cela repose sur la volonté politique » des autorités issues des élections de 2006, a souligné le patron de la FEC.

« De nombreux trafics se font sous le parapluie d’officiers supérieurs de l’armée. Quand tel général en poste à une frontière entretient la fraude douanière, il doit être sanctionné et immédiatement relevé », a-t-il poursuivi.

Pour réhabiliter les infrastructures, le patronat congolais plaide pour l’attribution transparente des marchés publics et la suppression des structures actuelles de contrôle « appuyées par la Banque mondiale » mais « totalement corrompues ».

La FEC appelle enfin à la privatisation, à moyen terme, des grandes sociétés publiques comme la Société nationale d’électricité ou l’Office des transports, « qui ne remplissent absolument pas leurs missions ».

Pour un grand patron contacté par l’AFP, « tout le problème est celui de la volonté politique. Depuis la mise en place du gouvernement (le 5 février), on ne voit rien bouger. Notre rapport est un cri d’alarme ».


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