POLITIQUE

LE PDS EN LAMBEAUX

  • Date: 15 octobre 2015

Fada remporte sa bataille contre Wade pour le contrôle du groupe parlementaire Libéraux et Démocrates – Le parti saisit la commission de discipline pour l’exclusion de la tête de file des frondeurs

La bataille entre loyalistes et frondeurs du Parti démocratique sénégalais (Pds) pour le contrôle du groupe parlementaire des «Libéraux et démocrates» a connu son épilogue, hier.  Le bureau de l’Assemblée nationale a déclaré irrecevable la liste déposée par Oumar Sarr.

Le président du Conseil départemental de Kébémer a remporté le duel qui l’opposait à sa «sœur» de parti, Aïda Mbodji.

Le bureau de l’Assemblée nationale qui s’est réuni, hier, pour statuer sur la question, a déclaré irrecevable la liste déposée par le Coordonnateur du Parti démocratique sénégalais (Pds).

Dans un communiqué rendu public, hier, dans la soirée, et signé par Moustapha Niasse, président de l’Assemblée nationale, il est mentionné : «Le mardi 13 octobre 2015, jour fixé pour le renouvellement du Bureau de l’Assemblée nationale, Monsieur Oumar Sarr n°1, député, membre du groupe parlementaire des ‘Libéraux et démocrates’, a déposé une lettre et des documents relatifs à une décision de changer le titulaire du poste de président dudit groupe».

Ledit document d’ajouter : «A la même date, Monsieur Modou Diagne Fada, président du groupe parlementaire des ‘Libéraux et démocrates’, a déposé une lettre et des documents indiquant que ce groupe faisait l’objet de modifications dans sa composition interne. Comme le prévoit l’article 22 du Règlement intérieur ‘les modifications apportées à la composition d’un groupe seront portées à la connaissance du président de l’Assemblée nationale, sous la signature du député intéressé, s’il s’agit d’une démission, sous la signature du président du groupe, s’il s’agit d’une radiation, et sous la double signature du député et du président du groupe, s’il s’agit d’une adhésion ou d’un apparentement’».

Selon le bureau de l’Assemblée nationale, «à l’appui de sa lettre et des documents joints, le député Oumar Sarr n°1 a invoqué l’article 20 du même Règlement intérieur qui concerne la création de groupes parlementaires dans les conditions fixées par la Loi N° 2015 – 19 du 18 août 2015 modifiant la Loi N° 2002-20 du 15 mai 2002, modifiée, portant Règlement intérieur de l’Assemblée nationale».

Aïda Mbodji expulsée de la salle de réunion

Face à cette situation, indique l’instance dirigeante du Parlement, «le Bureau de l’Assemblée nationale, en vertu de l’article 17 du Règlement intérieur, s’est réuni le mercredi 14 octobre 2015, pour examiner la question du dépôt de ces deux listes, se référant l’une, à l’article 20, et l’autre, à l’article 22 du Règlement intérieur. Sous l’éclairage des données ainsi réunies, le Bureau de l’Assemblée nationale a examiné le problème posé au plan juridique et au regard des dispositions du Règlement intérieur. Le Bureau de l’Assemblée nationale, au terme de ses délibérations et en application des dispositions de l’article 22 du Règlement intérieur, a déclaré irrecevable la proposition déposée par le député Oumar Sarr n°1».

Pourtant, quelques heures auparavant, le bureau de l’Assemblée nationale avait suspendu ses travaux, qui devaient reprendre, aujourd’hui.

Avant la suspension des travaux, il y a eu un accrochage verbal entre Aïda Mbodji, désignée pour diriger le groupe parlementaire du Cadre de concertation de l’opposition, et Moustapha Diakhaté, président du groupe parlementaire «Benno bokk yakaar» (Bby).

A en croire nos interlocuteurs, Moustapha Diakhaté a estimé qu’Aïda Mbodji ne devait pas assister à la réunion, arguant  qu’elle n’est pas encore présidente du groupe parlementaire des «Libéraux et démocrates».

Devant le refus de la présidente du Conseil départemental de Bambey de quitter les lieux, le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, a suspendu la séance durant une trentaine de minute, et a ordonné l’expulsion d’Aïda Mbodji de la salle. Finalement, les travaux ont repris, sans la présence de l’ancienne mairesse de Bambey. Mais, aucune décision majeure n’était sortie de la rencontre.

PROLONGATIONS

Wade saisit la commission de discipline du PDS

Devant la persistance de Modou Diagne Fada de maintenir sa liste, la direction du Pds a saisi, hier, la commission de discipline pour «corriger» l’ancien ministre de l’Environnement.

Et selon Oumar Sarr, Fada ne doit plus parler au nom du Pds. «Vous avez vu le comportement inacceptable, pour nous, d’un des responsables du parti, notamment Modou Diagne Fada. Une attitude inacceptable pour le parti. Par son acte, il a montré qu’il n’est pas du parti, qu’il est contre le parti. Par son acte, il montre qu’il a démissionné du parti depuis quelque temps», a dit le coordonnateur du parti libéral.

Selon le maire de Dagana, «la Commission de discipline du parti a été saisie pour aborder cette question, aujourd’hui (ndlr : hier). Une décision sera prise et sera notifiée à l’Assemblée. Modou Diagne ne doit plus pourvoir parler au nom du Pds, parce que, ce qu’il fait, il le fait contre le Pds. Cette situation va devoir cesser et cessera. La Commission tranchera cette question. Et il va de soi que Fada ne pourra plus parler au nom du parti».

Oumar Sarr : «Ça doit cesser et ça cessera»

Sur l’arbitrage que doit faire le bureau de l’Assemblée nationale, le Coordonnateur du Pds est d’avis que cela «n’aurait jamais eu lieu».
«Pour nous, ce qui est clair, c’est que le parti a choisi, et si on devait compter, c’est une majorité du groupe qui a choisi depuis longtemps. Pour nous, ce débat n’aurait jamais dû avoir lieu, parce que c’est vraiment des coups de couteaux contre le Pds. Et malheureusement, notre frère Modou Diagne Fada est au centre de cette question. Nous défendons le parti, parce le parti est une association libre et individuelle. Celui qui ne se sent plus à l’aise peut quitter le parti, mais celui qui est dans le parti et prend des actes contre le parti, le parti est obligé de s’auto-défendre. Et c’est dans ce cadre-là, que nous sommes», a martelé le député libéral.

Selon le site SeneWeb, Me Abdoulaye Wade a adressé une lettre à Oumar Sarr, en saqualité de Secrétaire Général national Adjoint, coordonnateur Général du Parti démocratique sénégalais (Pds).
Dans cette lettre, Me Wade demande à Oumar Sarr de «notifier au Président de l’Assemblée nationale que M. Modou Fada Diagne ne représente plus le Pds. Il n’a pas le mandat du Parti de créer, en son nom, un Groupe Parlementaire».

Fada : «Je ne pense pas
aux sanctions»

De son côté, Modou Diagne Fada s’est voulu serein : «Je suis un homme politique. Je reste un opposant déterminé. Je ne pense pas aux sanctions, quand je prends une décision. L’essentiel, c’est que je sois convaincu. Ils complotaient contre moi. Ils se réunissaient de façon nocturne contre ma petite modeste per- sonne, pour me faire la fête. Mais, Dieu est venu, et Dieu a fait que je suis très protégé par le règlement intérieur de l’Assemblée nationale».

«S’ils voulaient vraiment faire un véritable groupe de l’opposition, ils devaient frapper à la bonne porte. Malheureusement, ils ont frappé à la mauvaise porte. Ce qui fait que cette volonté noble d’avoir un groupe regroupant toute l’opposition n’a pas pu se réaliser, parce que certains animateurs de l’opposition n’ont pas bien interprété le règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Parce que, si tel était le cas, ils allaient se joindre à moi. J’allais les accueillir à bras ouverts. J’étais prêt à faire avec eux un grand groupe de l’opposition pour faire face à ce régime, parce que notre adversaire commun, c’est le régime en place», a indiqué le président du conseil départemental de Kébémer.

Sur les déclarations de ses détracteurs qui l’accusent de comploter avec le régime, Modou Diagne Fada de dire : «C’est de la politique politicienne, je ne rentre pas dans ce débat».

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