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LE PRÉFET DE SARAYA SUR LES ÉMEUTES DE SABODALA   « La situation est revenue au calme, mais la gendarmerie continue son enquête afin de situer les responsabilités » 

  • Date: 19 février 2016

48 heures après les événements qui ont opposé, le mardi 16 février, les manifestants des villages de Sabodala, Mamakhono, Faloumbou et Bransan à la compagnie minière Sabodala Gold Operations (SGO), l’heure est au règlement du conflit. Ces populations qui avaient « occupé illégalement » un site minier appartenant  à SGO semblent avoir trouvé un compromis après d’intenses moments de négociations. C’est en tout cas l’avis de Pape Malick Ndao, Préfet du Département de Saraya qui, à la tête d’une importante délégation, a su réunir les parties autour d’une table pour fumer le calumet de la paix. Nous l’avons rencontré dans son bureau, juste après le départ du Gouverneur de région, Willam Manel, venu s’enquérir de l’évolution de la situation sur le terrain.

 Monsieur le Préfet, l’Arrondissement de Sabodala est secoué, depuis mardi, par un différend entre des manifestants et des agents de SGO. Qu’en est-il exactement ?

Il faut noter, tout d’abord, que la situation est maitrisée par la grâce de Dieu, elle est revenue calme. Mais rappelons que, le mardi 16 février 2016, vers 5 heures du matin, une partie de la population des villages de Sabodala, Faloumbou, Mamakhono et Bransan ont occupé la voie publique illégalement, sans autorisation, sans déclaration de sit-in ou d’occupation de voie publique. Par la suite, elles ont procédé à des casses en brulant des pneus. Pis, les manifestants ont même brulé un engin appartenant à SGO. C’est par la suite, avisés, que les éléments de la gendarmerie avec les forces de sécurité et de défense ont, sous la présence de l’autorité administrative, pu calmer les populations. Aujourd’hui, quelques heures après, il y avait un groupuscule de manifestants qui continuait à semer le désordre dans le village de Sabodala, mais avec le renfort des forces de l’ordre que nous avons reçus notamment des éléments de la gendarmerie, l’ordre public est bien rétabli au niveau du village de Sabodala. De toute façon, le calme commence à se rétablir petit-à-petit et progressivement. La situation est bien maitrisée.

 L’administration a réuni les différentes parties autour d’une table de négociation, peut-on savoir les conclusions de cette rencontre ?

Justement, c’est là que la question est beaucoup plus intéressante parce qu’il s’agissait d’une doléance portée par les populations locales, mais c’est la manière par laquelle elles l’ont porté qui n’était pas légale, parce que sans autorisation de marche, ni de sit-in encore moins d’occupation de la voie publique, les populations sont parvenues à se regrouper et à faire des manifestations. L’administration a rencontré les maires en présence des chefs de villages concernés, la compagnie de gendarmerie, l’administration territoriale. Le Sous-préfet a rencontré les représentants de ces manifestants et nous avons discuté pour connaître quelles étaient les raisons qui les avaient guidées à organiser cette manifestation. Les populations locales nous ont fait comprendre qu’elles voulaient un site d’orpaillage. Cependant, le site  qu’elles occupaient se trouvait dans la concession minière de Sabodala Gold Operations (SGO). Elles l’ont bien reconnu. Et SGO est parvenue, quelques jours auparavant, à fermer ce site grâce à ses agents de sécurité. Du coup, elles voulaient coute que coute que ce site soit rouvert. Pour cela, il fallait procéder à une négociation avec le concessionnaire qui se trouve être Sabodala Gold Operations (SGO). C’est pourquoi, nous leur avons fait comprendre que même si elles ont une doléance, notre rôle est de la porter à qui de droit plus particulièrement au propriétaire du site tout en attendant une réponse idoine à la sollicitation. Nous leur avons fait comprendre également qu’elles n’ont aucun droit de descendre sur le terrain sans autorisation. À ce titre, les populations ont reconnu qu’elles ont fauté et par conséquent elles n’avaient pas le droit de le faire. C’est pourquoi, elles se sont excusées auprès de l’administration, des autorités et se sont engagées à ne plus répéter pareille situation. Selon les manifestants, ils voulaient tout simplement exprimer leur amertume et leur inquiétude par rapport à un site clandestin qu’elles ont ouvert et qui a été fermé. Malheureusement, les manifestations ayant tourné au vinaigre, nous allons maintenant laisser la justice faire son travail. Voilà les différentes conclusions que nous avons retenues lors de cette rencontre que nous avons tenue à Sabodala avec les représentants de la manifestation et l’administration locale en compagnie des forces de sécurité.

 Quid de l’arrestation de certains manifestants parmi lesquels on note certains responsables de villages qui devraient a priori représenter l’administration au niveau de leurs localités respectives ?

Pour le moment, nous ne pouvons pas dire que des personnes responsables sont arrêtées, mais ce que nous pouvons affirmer, c’est que dans le cadre du rétablissement de l’ordre public, les forces de sécurité présentes sur les lieux, en l’occurrence, les gendarmes ont eu à arrêter certains supposés meneurs et instigateurs de la manifestation. En ce moment, les enquêtes se poursuivent afin de situer les responsabilités, mais nous n’avons pas eu encore les informations sur les véritables meneurs de cette manifestation. Mais ce que nous pouvons retenir, c’est que des arrestations ont été faites et qu’on puisse laisser la gendarmerie poursuivre son enquête jusqu’à la fin.

 Le trafic a-t-il repris sur l’axe Sabodala-Khossanto qui est coupé depuis presque 48 heures ?  

Oui, le trafic a bel et bien repris sur le tronçon et aujourd’hui les forces de sécurité présentes en bon nombre maitrisent la situation et les personnes ainsi que leurs biens circulent en toute liberté sur cet axe qui mène à Sabodala et aux villages environnants.

Propos recueillis par Papis Nimbaly BARRO (Correspondant à Kédougou)

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