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Le président Macky Sall sur i-Télé : « Le Sénégal atteindra une croissance de 6 % en 2015 »

  • Date: 26 octobre 2015

C’est un entretien à batons rompus que le chef de l’Etat Macky Sall a eu sur le plateau de la chaîne privée française i-télé à l’occasion de l’émission « 18 heures Politique ». Son parcours, sa politique, les questions relatives à la dépénalisation des délits de presse, de l’homosexualité, le terrorisme, la crise migratoire, etc., rien n’a été occulté au cours de ce face-à-face d’une heure.

Le Sénégal va atteindre le taux de 6 % de croissance à la fin de l’année 2015. C’est en tout cas la prévision faite hier par le chef de l’Etat Macky Sall sur le plateau de la chaîne privée française i-télé. Macky Sall, qui était l’invité de l’émission « 18 heures Politique » animée par Audrey Pulvar, fonde cette légère hausse de la croissance sénégalaise sur le bon hivernage connu par le pays et les bonnes perspectives de récolte. « Cette année, on devait être à 5 ou 7 %, mais je pense qu’à la fin 2015 nous serons probablement à 6 % compte tenu du bon comportement hivernal et des récoltes record obtenues tant dans le domaine du riz, des céréales, des arachides. Nous devons atteindre les 6 % », a expliqué le président de la République, ajoutant que l’objectif fixé dans le Pse est d’atteindre « sur une longue durée » les 7 % de croissance.
Mais lors de cette émission, le chef de l’Etat a reconnu que le taux de chômage reste « énorme » au Sénégal se situant entre 18 à 20 %. Mais selon lui, le défi reste de rendre formels certains secteurs de l’économie. Car, sur les 13 millions de Sénégalais, on ne compte que 400.000 salariés. « Ce que nous essayons de faire, c’est de formaliser progressivement tous ces métiers qui alimentent des centaines de millions de familles en Afrique. Nous avons lancé toute une politique de tout ce secteur informel pour arriver à avoir des données statistiques beaucoup plus fortes et plus crédibles », a expliqué le président de la République.

Dépénalisation des délits de presse
Macky Sall est également revenu sur la question des délits de presse, précisant que le projet de dépénalisation qui avait été avancé par le gouvernement précédant son arrivée au pouvoir n’avait pas été voté, en raison d’un refus des députés. Il s’engage à travailler pour reprendre ce projet et le faire adopter prochainement au Parlement. Il assure que « sous sa gouvernance », l’on ne verra jamais un journaliste mis en prison pour un délit de presse.
« Dans mon pays, il y a eu un débat a été engagé sur le code de la presse avant mon arrivée au pouvoir. A l’Assemblée, les députés n’ont pas voulu le voter. Je me suis engagé à travailler pour la dépénalisation des délits de presse. Vous ne verrez jamais sous ma gouvernance un journaliste mis en prison pour un délit de presse. C’est normal, lorsqu’on intervient sur une matière qui touche à la sécurité nationale, on doit être interpellé. Ce n’est pas parce qu’on est journaliste qu’on est au-dessus des lois. Le délit de presse n’est pas dépénalisé mais les journalistes n’ont aucun discours au Sénégal, nous y travaillons. J’ai demandé à mon groupe parlementaire de reprendre ce projet et de l’adopter prochainement au Parlement ».

Dépénalisation de l’homosexualité
C’est une question qui a été longuement abordée par le chef de l’Etat durant cette émission. Mais le président Sall ne souhaite pas que cette question de l’homosexualité devienne « une loi universelle ». « Au nom de quoi on doit penser que parce que ailleurs l’homosexualité a été dépénalisée que cela doit être une loi universelle. Il faut respecter le droit pour chaque peuple de définir sa propre législation. Je ne vois pas pourquoi on doit nous imposer cette vision », a soutenu le président sénégalais, estimant que les Africains ont leur propre Code de la famille, leur culture et leur civilisation. D’ailleurs, il pense que la liberté des homosexuels doit avoir des limites. « Personnellement, a-t-il souligné, je pense que les gens ont la liberté de faire ce qu’ils veulent, mais ils n’ont pas la liberté d’imposer aux autres ce qu’ils sont. Qu’ils soient homosexuels, c’est leur problème. Moi je n’ai pas de problème. Pourquoi vouloir imposer que les homosexuels doivent défilier, avoir des gayparade; etc. D’autres considéreront qu’on est en train de leur imposer des modèles de société ». Selon lui, on ne doit guère imposer cette question ou la « forcer » aux autres. Il faut plutôt, selon lui, « laisser les sociétés absorber selon leur capacité ».
Dans la même lancée, Macky Sall est revenu sur le droit à l’avortement où il a noté des « évolutions positives » faites par le Sénégal avec son autorisation dans certains cas de viols ou d’incestes. Toutefois, la réflexion doit être menée avec la société civile, les groupements de femme, les chefs religieux etc.

Réactivation de la Crei
Macky Sall précisé que c’est lui qui a réactivité cette Cour à son arrivée à la tête du Sénégal, rappelant qu’elle a été créée en 1981 par le président Abdou Diouf avant qu’elle ne soit en léthargie. « Lorsque je suis arrivé, je l’ai réactivité tout comme j’ai créé, par loi, un Office national contre la fraude et la corruption (Ofnac) et celui-là ne s’adresse pas à la gestion antérieure, mais plutôt à ma gestion et aux gens qui travaillent avec moi en ce moment. C’est tout un package de réformes qui ont été  mises en œuvre. Mais on ne parle que de la Crei », se désole le chef de l’Etat.
Il cite aussi la loi sur la gouvernance, sur la transparence budgétaire ; une loi sur la déclaration de patrimoine créée pour la première fois au Sénégal. Et Macky Sall de dénoncer cette caricature qui est faite à la justice sénégalaise à l’évocation de la Crei. « Pourquoi on ne parle d’un même cas pour pouvoir caractériser la justice sénégalaise, caractériser la démocratie sénégalaise, parce que tout simplement il y a le fils d’un ancien président qui est concerné. Malheureusement ce dossier a été jugé et j’ai du respect pour la chose jugée », a tranché le chef de l’Etat.

Détention « arbitraire » de Karim Wade
Le plateau d’i-Télé était aussi l’occasion pour le président Macky Sall de rétablir la vérité sur le Groupe de travail des Nations unies qui aurait qualifié d’ « arbitraire » la détention de Karim Wade. « D’abord,  a expliqué Macky Sall, il ne s’agit pas du Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Ce dossier n’est pas encore arrivé au Conseil des droits de l’homme. Il y a eu un groupe de travail qui œuvre pour le compte de ce Conseil qui doit faire des rapports et losrque la question a été rapportée à ce groupe, il a travaillé sans l’avis du gouvernement sénégalais qui n’a pas pu, sur une question d’interprétation de la computation des délais, déposer son rapport sur un jour près. Bien sûr, le gouvernement a tort, mais le Comité a reçu le gouvernement après sa décision. Je ne peux pas dire ici ce que le comité a dit au gouvernement, mais nous attendons sa prochaine sortie pour savoir la suite à donner ».
Pour le chef de l’Etat, le Sénégal reste une « démocratie incontestable » avec une justice réputée et respectée. « Ce n’est pas un hasard si le monde entier et en particulier l’Union africaine (Ua) a demandé à la justice sénégalaise de juger le président Hissène Habré. Donc, ce n’est pas parce qu’il y a un cas particulier qui se pose (parce que c’est le fils d’un ancien chef de l’Etat) qu’on remet en cause la crédibilité de la justice sénégalaise. Ce n’est pas possible. Le Sénégal est un pays qui respecte les droits de l’homme. Cela ne date pas d’aujourd’hui », a ajouté Macky Sall.

Procès de Habré : La fin de l’impunité
Macky Sall a souligné l’exemplarité de ce procès qui voit, pour la première fois, l’Afrique dans son ensemble demander à un Etat d’organiser un procès pour juger un ancien président accusé de crimes contre l’humanité, crimes de guerre, etc. « Aujourd’hui, le procès est en cours. Cela veut dire que l’impunité est terminée et tout le monde doit le comprendre et tout le monde doit être conscient des actes qu’il pose lorsqu’il a le pouvoir et qu’il exerce au nom de ce pouvoir des décisions qui pourraient le rattraper demain lorsque des crimes graves sont commis par ce dépositaire de la puissance publique », a conseillé le chef de l’Etat. Macky Sall d’ajouter que désormais en Afrique, tout le monde doit répondre de ses actes. « Tout le monde doit répondre de ses actes. Qu’on soit président ou citoyen », a-t-il précisé. Répondant à une question relative à un chef d’Etat africain passible d’une juridiction d’exception comme celle qui juge l’ancien président tchadien, Macky Sall s’est voulu clair : « Je ne connais pas de chefs d’Etat qui sont coupables d’actes graves de crimes contre l’humanité et de crime de guerre et si cela doit être le cas, l’Union africaine et les pays du Traité de Rome doivent se prononcer. Mais les contradictions politiques du moment ne peuvent être une raison d’attraire des chefs d’Etat devant des juridictions d’exception ».

Référendum au Congo
Sur cette question d’actualité, le président sénégalais estime qu’il appartient aux Congolais d’organiser leur démocratie, plaidant pour plus de « souplesse » à l’égard des pays africains qui sont sur la voie de la démocratie. « Il n’appartient pas à un Sénégalais de dire aux Congolais voilà ce que vous devez faire ; il faut qu’on laisse aux Congolais la souveraineté de se battre, d’organiser leur démocratie. Il faut qu’on évite les schémas forcés. C’est le cas en Libye et dans beaucoup de pays. Il faut avoir un peu de souplesse et regarder les problèmes en face », a plaidé Macky Sall.

Terrorisme
Sur cette question, Macky Sall a appelé à une « action commune »  pour aider les nations à disposer de moyens financiers et technologiques adéquats. Parce que, selon lui, les Etats africains n’ont pas les moyens de faire face à ce problème. « Et tout le monde sait ce que coûte une campagne militaire et nos urgences sont ailleurs, c’est-à-dire en santé et en éducation », a souligné Macky Sall. Mais il a indiqué que la sécurité est devenue un nouveau défi pour l’Afrique, en plus du défi du développement, de la maladie.

Crise migratoire
Sur cette question, le chef de l’Etat sénégalais a d’abord récusé le terme de « migration économique » estimant que c’est une caricature qui est toujours faite aux Africains. « On ne peut pas dire que tous ceux qui sont Africains et qui migrent (qui bougent) qui viennent étudier, faire des affaires, sont des migrants économiques ; cela ne correspond pas à la réalité », a dit Macky Sall, rappelant que les Africains sont -4 % des réfugiés en Europe. Pour lui,  la volonté des leaders africains n’est pas d’envoyer des immigrés en Europe, mais plutôt de développer leurs pays et de donner des perspectives à la jeunesse.

Politique à la tête du Sénégal
Cette émission de la chaîne i-télé a été l’occasion pour Macky Sall de revenir sur son parcours politique, tantôt maoïste et marxiste, pour terminer « libéral-social » selon ses termes. « Pendant la période estudiantine, j’ai été maoïste, j’ai quitté les mouvements de gauche à l’université étant conscient que ma fibre n’était pas d’être marxiste, mais je combattais à l’époque un système, la gauche sénégalaise a été la meilleure école de formation des élites. Plus tard, je suis sorti, j’ai embrassé le libéralisme, depuis 1988, j’ai engagé cette philosophie libérale, je suis un libéral-social, j’ai gardé le caractère social dans ma politique libérale ».
Macky Sall est aussi revenu sur la « politique libérale » qu’il défend à la tête du Sénégal. « Je développe une politique libérale avec une forte connotation sociale. Ce que nous voulons, c’est une politique qui s’inspire des politiques économiques, mais qui se base sur la philosophie de la liberté de l’individu dans un environnement où l’Etat doit intervenir et réguler pour aider les plus faibles ».

Le Soleil

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