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Le Regard de Serigne Saliou- Sortie du Procureur après la relaxe d’Aida Ndiongue et Cie Quand Serigne Bassirou Guèye insulte l’indépendance de la justice

Défini comme étant le maitre des poursuites et le défenseur de la société, le Procureur de la République du Sénégal s’est cyniquement illustré à travers le communiqué qu’il a publié, contestant, en des termes peu élégants, la décision de la 3ème Chambre Correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Dakar qui a relaxé Aida Ndiongue et Abdou Aziz Diop, dans le procès de l’affaire des produits sanitaires du plan Jaxaay. Pour Serigne Bassirou Guèye qui a reçu un camouflet personnel, la pilule est amère et très difficile à avaler. Car, il voulait, coûte que coûte, satisfaire le Palais qui détient la télécommande dans ce procès plus politique que judiciaire. Le Président Macky Sall n’a-t-il pas dit qu’il a lui-même mis le coude sur certains dossiers ? Mais en dénonçant une décision «illégale et troublante», le trop zélé Procureur ne s’est pas limité à insulter l’indépendance de la justice et les magistrats. Il a distillé, par la même occasion, sa volonté de secouer le Temple de Thémis et l’opinion publique qui n’est pas toujours tendre avec la justice sénégalaise. Dans son réquisitoire contre les juges de la chambre correctionnelle, Serigne Bassirou Guèye rappelle, avec une grande solennité que «c’est à la suite de la découverte de quatre chèques d’un montant global de 20.688.638.967 F Cfa, émis par le Projet de Construction de Logements Sociaux et de Lutte contre les Inondations et les Bidonvilles (Pclslib) communément appelé Plan Jaxaay et le Projet pour l’Achèvement du Programme de Construction et de Réhabilitation des Edifices de l’Etat (Parcree) à l’ordre des entreprises de Madame Astou Ndiongue dite Aïda qu’une enquête a été prescrite par le Procureur de la République». N’en démordant pas face à ce qui ressemble à une bataille perdue par le représentant du ministère public dans l’armature judiciaire de notre pays, il ajoute : «la dame Astou Ndiongue dite Aïda, a fait usage de manœuvres frauduleuses, en créant des sociétés écran, parce qu’interdite d’exercer des activités commerciales, du fait de son statut de fonctionnaire pour soumissionner à des marché publics. En outre, il résulte de la procédure qu’aucun procès-verbal de réception n’a été signé lors de la livraison, seuls des bons de livraison ont été signés. Cela est même confirmé par les membres de la commission de réception. Donc, il est manifeste que les procès verbaux produits sont faux. Devant de telles certitudes et évidences, une décision de relaxe, nous semble manifestement illégale et même troublante.» Des déclarations qui ont fini par provoquer l’ire de l’Union des magistrats du Sénégal (Ums). Cette dernière s’est offusquée d’une sortie qui porte atteinte à l’honorabilité des juges, non sans jeter le discrédit sur l’institution judiciaire, avant de violer la séparation des pouvoirs…

En attendant de revenir plus amplement sur l’onde de choc que le communiqué du Parquet a provoqué sur cette affaire, nous pouvons d’ores et déjà dire que non seulement, M Bassirou Guèye a montré et démontré qu’au Sénégal, le pouvoir judiciaire est inféodé au pouvoir exécutif, mais aussi il a raté une bonne occasion de se taire.

Serigne Saliou SAMB

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