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Le Regard de Serigne Saliou- Wade, Fada et les frondeurs- Le Pds refuse toujours de faire sa mue

A défaut de se répéter une nouvelle fois, l’histoire des relations orageuses entre le fondateur du parti démocratique sénégalais et ses compagnons de route, semble bégayer. Et tout laisse croire qu’elle va avoir le même épilogue, consacrant le départ de ceux qui ont osé défier la toute puissance de Me Abdoulaye Wade. En effet, de Fara Ndiaye à Macky Sall, en passant par Serigne Diop, Ousmane Ngom et bien d’autres, beaucoup de militants de la première heure ont quitté la barque libérale, suite à des confrontations parfois épiques avec le père de Karim Wade. Tel Cronos qui est parvenu à manger tous ses enfants, à l’exception de Zeus, Abdoulaye Wade va dévorer tous ses enfants spirituels, au profit de son fils biologique.

Mais, pour les analystes politiques avertis, cette situation que traverse le Pds découle à la fois du tempérament, pour ne pas dire des humeurs incontrôlables du célèbre avocat devenu seule «constante» et de l’attitude souvent servile des responsables de cette formation qui ont toujours préféré se cantonner à leur rôle de «variables». Car, depuis qu’il a créé son parti en 1974, Me Wade en est resté le seul bailleur de fonds, l’idéologue principal et le justicier incontestable. Durant les années passées dans l’opposition, le chantre du Sopi, décrit alors comme l’opposant le plus célèbre d’Afrique, n’hésitait pas à revêtir ses habits de despote, pour imposer son point de vue, quitte à exclure des mal pensants. Et avec une habileté extraordinaire manifestée dans l’entrisme qu’il avait théorisé, Wade parvenait à entrer dans le gouvernement de Diouf, quand il le voulait, pour en sortir également, quand il le voulait, c’est à la veille d’élections présidentielles ou législatives. Arrivé au pouvoir à la faveur de l’alternance historique de 2000, le nouveau président, qui a pataugé pendant un quart de siècle dans les marécages de l’opposition, n’a pas pu changer de méthode ou de management de son parti politique. Tel un despote éclairé, il a su entreprendre des réformes politiques au sommet de l’Etat et des mesures hardies sur le plan politique, tout en mettant le Pds, sous une coupe réglée. Il choisissait seul ses membres pour entrer dans le gouvernement et ceux devaient siéger au comité directeur, sans oublier la liste des députés libéraux qu’il confectionnait lui-même. Son caractère impulsif et impétueux a fini par décourager toute discordance au sein de son parti. Dissidents et frondeurs ont toujours été insultés et trainés dans la boue par des camarades que Wade lui-même mettait en selle. Idrissa Seck et Macky Sall l’ont amèrement découvert…

Néanmoins, il faut reconnaitre que les vieux routiers du Pds ont leur part de responsabilité dans la situation que vit actuellement leur parti, incapable de faire sa mue, d’opérer des ruptures douloureuses mais salutaires, pour se réconcilier avec les Sénégalais et tenter de reconquérir le pouvoir. Certains pontes libéraux, partisans du statut quo pendant des années, ont voulu profiter des moments d’affaiblissement du Vieux, pour le mettre sur la touche. Cette attitude de Modou Diagne Fada, Aida Mbodj, Mamadou Lamine Keita… est d’autant plus incompréhensible qu’ils ont tous adoubé la candidature de Karim Wade pour la prochaine élection présidentielle ! Et c’est justement cette incohérence de l’enfant de Darou Mousty et des frondeurs qui l’accompagnent, qui montre et démontre que ce n’est pas demain la veille que le Pds acceptera la démocratie interne et surtout, le renouvellement de sa classe dirigeante pour aller à l’assaut du Macky.

Serigne Saliou SAMB

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