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Le Sénégal, pays pauvre très fêtard (Par Abdoulaye Thiam)

  • Date: 17 décembre 2015

Nous avons été touchés par l’attitude du président de la République de la Tanzanie, en novembre dernier. John Magufuli, pour ne pas le nommer, a annulé les festivités marquant la fête de l’indépendance qui incluaient souvent une parade militaire et un concert. Son pays a économisé près de 1.850.000 $ (925 millions F Cfa) avec l’annulation des célébrations annuelles.

Un exemple qui tranche d’avec le Sénégal où l’on ne rate aucune opportunité pour déserter les bureaux.
Et ce n’est pas la célèbre chanson de Youssou Ndour (Ligguey) qui changera la donne. Encore moins, les chiffres à la limite loufoques des économistes sur les pertes en milliards de nos francs enregistrées, comme manque à gagner dans ces fêtes.
Paradoxalement, au lieu de penser à réduire les fêtes et à inciter davantage les compatriotes au travail, nos gouvernants en rajoutent. L’année dernière, c’est le Magal de Touba qui a été déclaré jour «chômé et payé». Une promesse d’Abdoulaye Wade, légiférée sous le régime de Macky Sall dans un but purement électoraliste.

Et le constat est alarmant. Notre pays célèbre une vingtaine de fêtes civiles, musulmanes, chrétiennes.
Jour de l’an, fête de l’indépendance, fête du travail, Journée de la femme, fête du Tirailleur sénégalais, pour celles dites civiles.
Pour les fêtes musulmanes, on peut noter Tamkharit, Magal de Touba, Maouloud ou Gamou, Korité, Tabaski. Et celles dites chrétiennes : Pâques, Ascension, Pentecôte, Assomption, Toussaint.
Sans occulter d’autres dates telles, Mardi gras, période qui précède le mercredi des Cendres marquant le début du Carême, la Fête des mères, la Saint Valentin ou fête des amoureux.

Le comble, c’est que les médias, notamment les télévisions, sont en passe de nous imposer la Thanksgiving. Yom Kippour et Halloween ne devraient plus tarder à intégrer la si longue liste. De telles fêtes ne sont pas sans conséquences sur la productivité et l’économie nationale. Sans conteste, elles ont un impact négatif sur la croissance annuelle du PIB. Même si les pertes ne sont pas encore chiffrées, elles sont énormes, surtout dans un pays où les gens rechignent à la tache.

Le porte-parole du Khalife général des Tijanes, Sérigne Abdoul Aziz Al Amine, est d’ailleurs récemment monté au créneau pour dénoncer les nombreuses fêtes dans notre pays. «Il y avait trop de fêtes religieuses au Sénégal et que ces dernières coûteraient trop chères à l’Etat», avait-il soutenu. En France, selon les prévisions de l’Insee, les jours fériés devraient coûter près de 2 milliards d’euros (1.312 milliards F Cfa) à l’économie nationale.

L’Etat français a même envisagé de réduire les fêtes de 11 à 9. Mieux, pour tenir compte de sa diversité, l’Assemblée Nationale a récemment adopté un amendement de la députée de la Réunion Ericka Bareigts, dans la loi Macron.
En effet, les départements d’Outre-mer devraient pouvoir célébrer des fêtes musulmanes ou hindoues en échange de jours fériés chrétiens.

Au Sénégal, le constat est fait. Il est plus qu’alarmant. Mais, aucune mesure n’est envisagée pour freiner l’hémorragie. Pourtant, la situation mérite un débat national. Hélas ! A la place, les gouvernants nous servent des slogans et l’opposition, la parole. Ainsi va le Sénégal. Un pays pauvre, très fêtard.

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