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Le Sénégal se mobilise contre le nouveau fléau de la toxicomanie

Les cases flambant neuves du dispensaire de l’hôpital psychiatrique de Thiaroye, à la périphérie de Dakar, l’une des rares structures à accueillir des toxicomanes, tranchent avec la vétusté des autres locaux.« Don de l’amicale des femmes de l’association africaine de raffinage », peut-on lire en dessous de la plaque du docteur Idrissa Ba, pédopsychiatre. « L’échec scolaire est le premier signe, puis viennent les troubles du comportement des jeunes drogués. Après avoir épuisé tous les remèdes de médecine traditionnelle, les familles finissent par les amener ici pour que nous les sevrions », explique-t-il.

Source : La Croix

« Qu’est ce qu’il m’a fait courir ! »

Épargnée jusqu’à présent par la dépendance aux drogues dures, la jeunesse africaine commence, à son tour, à être gagnée par ce fléau.

« Comme nous n’avons pas de structure à part, les toxicomanes sont mélangés avec les autres malades mentaux. Évidemment, dans les premiers jours de leur internement, on les isole pour qu’ils ne risquent pas d’entraîner les autres », commente le docteur Sara, psychiatre au centre hospitalier et spécialiste des phénomènes de dépendance.

« Maintenant, ça va mieux. Mais à son arrivée ici, qu’est ce qu’il m’a fait courir ! », raconte Oumar qui s’occupe d’un jeune du village, financé par l’Amicale des mères de famille des employés de la Société africaine de raffinage, SAR, « tombé dans la drogue par désœuvrement ».

Inquiètes des risques que la recrudescence de circulation de drogue en Afrique de l’Ouest fait courir à ses populations, les autorités sénégalaises ont consacré une semaine du 26 au 30 juin à la mobilisation contre la toxicomanie.

« La drogue contrôle-t-elle ta vie ? », pouvait-on lire alors partout sur les murs de la ville avec un numéro vert. A été entendu également l’appel du secrétaire général des Nations unies pour lutter contre la toxicomanie. Ban Ki-moon appelait à réduire l’offre « en continuant à saisir les substances prohibées ».

Urgence

Car il y a urgence. Les prises de haschisch l’an dernier (8,4 tonnes) et, plus récemment, les deux saisies records de cocaïne (1,2 tonne puis de 1,254 tonne) réalisées par la gendarmerie dans le secteur de Nianing, sur la Petite-Côte, semblent indiquer que le Sénégal est devenu une « tête de pont des trafiquants en Afrique », a affirmé le ministre de l’intérieur, Ousmane Ngom.

Des actions ont aussi permis d’identifier « un grand parrain » de la drogue, qui avait la « haute main » sur ce trafic vers le continent africain, selon le procureur de la République près le tribunal hors classe de Dakar, Ousmane Diagne. Mais « il serait illusoire de croire que cette drogue saisie est destinée à la consommation locale », a-t-il fait valoir.

« Au Sénégal, la plupart inhalent la drogue au lieu de se piquer pour éviter toute infection par le virus du sida », affirme Margarete Moluar, qui s’occupe de la contamination du VIH au sein du bureau régional de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) à Dakar. « Mais cela ne veut pas dire que le phénomène n’existe pas », insiste-t-elle.

Faute de structures adéquates, il est très difficile de savoir si le nombre de toxicomanes a augmenté, comme c’est le cas au Nigeria ou en Côte d’Ivoire où le crack fait des ravages. Pour Antonio Mazzitelli, le représentant régional de l’ONUDC en Afrique de l’Ouest, « traiter ceux qui souffrent de toxicomanie, c’est investir dans la santé de nos nations au même titre que traiter l’infection au VIH, le diabète ou la tuberculose ».

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