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Le ‘travail décent’ doit être la priorité en Afrique, selon le BIT

Le Bureau international du travail (BIT) a appelé mardi les dirigeants africains à placer « le travail décent » au coeur de leurs politiques économiques, dont les récentes performances n’ont pas eu d’effets positifs sur le niveau de vie des populations.
En dépit d’une forte croissance des économies africaines ces dernières années, le chômage ne cesse d’augmenter sur le continent, ainsi que le nombre de travailleurs pauvres, selon des études du BIT réalisées à l’occasion de la 11è réunion Afrique de cette agence rattachée à l’ONU qui a ouvert ses travaux mardi à Addis Abeba.

500 délégués, représentants des employeurs, des travailleurs et ministres du Travail africains, vont débattre jusqu’à vendredi de la manière de sauvegarder le « capital humain » de l’Afrique face aux problèmes de l’émigration, du chômage et de la pandémie du VIH-sida.

L’Afrique a besoin de 11 millions de nouveaux emplois chaque année « et aujourd’hui il n’y en a que 8,6 millions », ce qui encourage l’émigration de la jeunesse vers les pays occidentaux, selon le BIT.

« Il y a peu d’emplois formels en Afrique, mais il y a certainement beaucoup de travail très dur », a souligné le directeur général de l’organisation, Juan Somavia: « quatre travailleurs sur cinq en Afrique ne gagnent pas assez pour maintenir leur famille au-dessus de seuil de pauvreté de deux dollars par jour ».

« Cela signifie en termes humains que chaque jour, 10.000 hommes et femmes s’ajoutent à ces travailleurs qui vivent déjà avec leur famille avec moins d’un dollar par jour », a-t-il indiqué.

Selon lui « une croissance sans création de bons emplois n’est pas politiquement tenable. Donc, il y a une erreur dans les conseils politiques donnés ces 25 dernières années », a-t-il estimé, appelant les Etats africains à s’approprier davantage les politiques économiques et « à trouver des solutions africaines ».

« Nos Etats ont enregistré au cours des dernières années des taux de croissance positifs au prix de réformes drastiques », a rappelé lors de la cérémonie d’ouverture le président du Burkina Faso, ajoutant: « cependant, les populations ont peu ressenti, dans leur quotidien, les résultats de ces performances économiques (…) l’Afrique tarde à profiter des opportunités offertes par la mondialisation ».

Pour M. Compaoré, « le commerce inéquitable porté par des subventions agricoles déloyales caractérise l’environnement économique international, avec ses conséquences néfastes sur la création d’emplois et la lutte contre la pauvreté dans nos pays ».

« Pourtant, la réalisation du plein emploi et du travail décent doit être un objectif mondial si nous voulons garantir la stabilité et l’équilibre collectif », a-t-il martelé.

De son côté, la présidente du Parlement panafricain, Gertrude Mongella, a expliqué que la notion « de travail décent (…) résume les aspirations des gens dans leur vie active, parce que cela suppose des opportunités d’un travail productif et qui assure un revenu équitable dans des conditions de liberté, de justice, de sécurité et de dignité humaine ».

Selon les estimations du BIT, le pourcentage d’Africains qui « tout en travaillant, vivent avec leur famille avec moins de 2 dollars par jour et par personne » va baisser de 78,6% à 76,4% de 2006 à 2015.

Mais du fait de la croissance démographique, le nombre de personnes frappées par la grande pauvreté va augmenter, « leur nombre réel passant de 260,3 à 316,7 millions » pendant cette même période.


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