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UNE LECTURE «AFRICANISTE» DE L’ELECTION DU PRESIDENT MACRON…- PAR AHMADOU FALL

Au moment de quitter le gouvernement de Manuel VALLS en démissionnant de son poste de Ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, personne ne croyait, à part lui et ses soldats de la première heure, qu’il pouvait en quelques mois, transformer le paysage politique en France ! Emmanuel MACRON, «la luciole», «l’homme fabriqué», «le traitre», «l’inexpérimenté» qui vit un rêve, une utopie… Les qualificatifs et noms d’oiseaux étaient légion…

A ceux qui doutaient de la viabilité de son mouvement «En Marche !», il répondait souvent qu’«ils ne connaissaient pas cette France» qu’il a comprise et qu’il voulait libérer de la mainmise de dinosaures politiques et autres technocrates formatés dans un système d’exploitation obsolète !

Les faits d’aujourd’hui semblent donner raison au Président nouvellement et assez bien élu par 66,01% des électeurs ; même si la configuration électorale du second tour, et l’appel au « front républicain » pour barrer la route à l’extrême droite montrent que ce résultat est loin d’être un plébiscite. Aussi,  l’arrivée au second tour de ces deux candidats souvent décriés a fait monter les taux d’abstention et de vote blanc. Le mouvement de MACRON ne connait de limites idéologiques ; dans sa marche révolutionnaire, il a au lendemain de son investiture, choisi un Premier Ministre de droite pour former un gouvernement idéologiquement homogène et apparemment fait pour durer.

L’espace idéologique de la droite française se trouve ainsi réduit avec cette « équipe de professionnels » qui aspire à faire plus que la droite classique, même si le Premier Ministre, Edouard PHILIPPE, revendique haut et fort, son appartenance à la Droite.
Un gouvernement de spécialistes à certains postes clés, avec 18 ministres et 4 secrétaires d’Etat, autant d’hommes que de femmes… Beaucoup d’entre eux sont passés d’abord par l’entreprise… A méditer…

Remplir une mission n’est pas exercer un métier. Laurent FABIUS, ancien Premier Ministre (du Président François MITTERRAND) et actuel Président du Conseil Constitutionnel a bien résumé cette élection d’Emmanuel MACRON par une citation de CHATEAUBRIAND : “Pour être l’homme de son pays, il faut être l’homme de son temps”.

Emmanuel MACRON, ce pragmatique-progressiste a initié une autre façon de faire la politique en France, mais non sans volonté de s’inspirer de ce que ses prédécesseurs ont fait de bien.

Espérons que la mayonnaise prendra enfin et que cette équipe idéologiquement hétérogène génèrera un effet synergique face aux enjeux…

Une lecture africaniste de cette élection me conduit à douter de la capacité de ce nouveau Président à changer quoi que ce soit dans la relation «FRANCAFRIQUE». Les bonnes volontés de François HOLLANDE s’étaient très tôt heurtées à la réalité de la fonction. Les Etats ont des logiques d’intérêts qui ignorent  la logique morale.

Les africains, encore une fois, ne doivent rien attendre de ce nouveau gardien des intérêts de la France…

Pour les dirigeants africains de pays « décolonisés », la logique du pouvoir doit cesser de l’emporter sur la logique nationaliste… La peur de la destitution et/ou de la déstabilisation ne doivent pas prendre le dessus sur les intérêts de leurs pays.

Mais sur ce plan, j’ai espoir ; la jeunesse africaine « décomplexée », mettra fin un jour à ce contrat féodo-vassalique : « je fais avec toi une convention toute à ta charge et toute à mon profit, que j’observerai tant qu’il me plaira, et que tu observeras tant qu’il me plaira… ». Ce contrat immoral doit être décrié et combattu.

Les rapports de force sont inversés en faveur de l’Afrique, du moins sur le plan des opportunités… Et cela, seuls les africains semblent encore l’ignorer !

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