21 décembre, 2014
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« Les éco-villages sont une stratégie pour fixer les populations »

« Les éco-villages sont une stratégie pour fixer les populations »

Les éco-villages constituent une réponse stratégique à la question de l’exode rural, en ce qu’ils contribuent à fixer les populations rurales au sein de leurs terroirs dont l’essor se trouve ainsi accompagné par une concentration de moyens, au profit d’actions locales de développement, a soutenu, jeudi à Dakar, le Directeur de l’Agence nationale des éco-villages (ANEV), Demba Bâ.
‘’Il faut développer une approche qui consiste à concentrer tous les moyens visant à l’essor des villages’’, a réaffirmé le colonel Bâ, à l’occasion de la cérémonie de lancement du projet d’appui à la promotion des écovillages.

Le Directeur de l’Agence nationale des éco-villages (ANEV) a rappelé la nécessité, pour les pouvoirs publics, de trouver une stratégie de manière permettant de faire face à l’exode vers les centres urbains.

« Pour cela, il faut former, sensibiliser, mais aussi mettre à la disposition de ces populations le minimum de moyens, pour leur permettre de rester dans leurs localités propres et de ne pas consommer de manière excessive, ces ressources très fragilisées », a suggéré le Directeur de l’ANEV.

De fait, cette rencontre est la synthèse des travaux réalisés dans les régions de Thiès, de Louga et de Fatick, avec l’appui de la Coopération japonaise en faveur du gouvernement sénégalais, a-t-il renseigné.

« Ces trois régions citées sont des cibles pour ce programme qui se déroulera sur une période de trois ans, avec un montant de 3 milliards de francs CFA », a indiqué Demba Bâ, précisant que ce choix s’explique par des caractéristiques socioéconomiques et culturelles.

Il a indiqué que ce sont des régions assez fragiles du point de vue des ressources naturelles. Ce qui fait qu’il a été convenu de commencer par ces régions-là, avant d’étendre le projet aux « zones périphériques », et ainsi « voir comment des résultats seront acquis au bout de ces trois ans », a expliqué le Directeur de l’Agence nationale des éco-villages (ANEV).

Ce programme est « important », car il permet de préserver les ressources naturelles, la biodiversité, les changements climatiques, et de lutter contre la pauvreté dans le monde rural, a souligné Demba Bâ.

« C’est notre porte d’entrée au niveau des éco-villages qui est un concept émergent (…). C’est un levier important sur lequel, le Gouvernement du Sénégal peut s’appuyer pour favoriser le développement de l’homme dans son terroir de manière définitive », a dit M. Bâ.

Aujourd’hui, quelque 21 villages sont transformés en éco-villages avec un changement considérable des modes de vie. « Les populations utilisent maintenant les bio-digesteurs pour les besoins culinaires. Nous développons des périmètres écologiques avec des cultures maraîchères, l’arboriculture », a fait savoir le Directeur de l’ANEV.

Le Directeur de l’Agence nationale des éco-villages (ANEV) a cependant relevé la faiblesse des ressources financières allouées au projet, car la réalisation d’un éco-village nécessite environ 500 millions de francs CFA, alors que le budget de l’ANEV se chiffre à 525 millions.

« Nous comptons sur le partenariat pour renforcer nos fonds et réaliser nos activités définies dans le projet », a expliqué M. Bâ, en faisant observer que ce programme JICA vient booster le programme national.

Il a également déploré les délais très longs dans le traitement des projets par les partenaires, ainsi que les difficultés de mobilisation des acteurs.

Toutefois, il a reconnu la nécessité de mettre en place une bonne communication, au niveau des populations, ajoutée à un bon renforcement des capacités, tout en privilégiant la concertation à la base.

Demba Bâ a ajouté que la Coopération japonaise (JICA) vient renforcer le programme national qui s’étend sur l’ensemble de toutes les régions d’ici à 2020, pour un total de 14.000 villages.

APS