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Les FDS décortiquent les pièges du parrainage

Le 19 avril prochain, l’Assemblé nationale, majoritairement composée des députés de la majorité présidentielle, va se réunir en plénière pour voter le projet de loi sur le parrainage. Une loi que les Forces démocratiques du Sénégal qualifient de «démocraticide ».

L’argument justificatif de la rationalisation des partis politiques en perspective de la présidentielle de 2019, n’est que la face visible de l’iceberg. Selon les FDS, ‘’ce projet de loi est sournois parce qu’il va profondément déconsolider la démocratie sénégalaise et ouvrir une brèche vers une dictature sous couvert d’institutions et de procédures démocratiques pour plusieurs raisons.’’ En effet, les FDS révèlent, qu’à travers cette loi, ‘’les tenants du régime couvrent d’un verni trompeur leur dessein inavoué qui est de faire avaler aux Sénégalais ‘’un projet inique et cynique’’. ‘’Comme par le passé, le régime de Macky Sall est en train de conspirer pour mettre la main sur la base de données des 65000 parrains déposés par les différents candidats et opérer soit à un ciblage pour faire des achats de conscience soit manipuler les règles du jeu’’, démasquent les FDS. En effet, selon eux, Macky Sall veut rééditer le coup des dernières élections législatives lorsque l’inscription sur les listes et surtout ‘’la distribution des cartes d’électeur se sont faites d’une manière très arbitraire qui privilégie les électeurs favorables au régime en place’’. ‘’La disponibilité d’une base de données des parrains déposée par les différents candidats, sera un cadeau entre les mains du parti au pouvoir qui, parce qu’il contrôle le système, peut tripatouiller les élections’’, alertent- Babacar Diop et Cie. Avant d’ajouter : ‘’Vouloir appliquer le parrainage aux partis politiques est une aberration puisque ces derniers ont une double légitimité qui leur en dispense’’. Ils s’expliquent : ‘’lorsqu’on crée un parti politique au Sénégal, on est soumis à des règles et à des procédures auxquelles s’ajoute une enquête de moralité du Ministère de l’intérieur qui est censé être suffisamment rigoureux pour disqualifier, en amont, tout parti qui ne remplit pas les conditions requises pour concourir au suffrage des citoyens. Mais, dès lors qu’il existe légalement, un parti politique, il ne saurait se voir imposer un quelconque parrainage puisqu’il aura déjà fait la preuve de sa légitimité en ayant préalablement fourni une attestation qui est un instrument légal de validation de la candidature d’une personne au sein d’un parti.’’ Pour eux, ‘’rien ne peut justifier le fait de mettre les partis politiques au même niveau que les candidatures indépendantes, si ce n’est la volonté de masquer la légitimité entamée d’un régime qui fait feu de tout bois face sa chute imminente en 2019.’’

Pourquoi Macky doit retirer «sa» loi
Au-delà du timing, à moins d’un an de l’élection présidentielle et sans consensus, il y a beaucoup de questions non résolues sur les modalités et la sécurisation du processus qui doivent motiver l’abandon pur et simple du projet de loi. La première raison, d’après les Fds, est que le Conseil constitutionnel n’est pas techniquement et humainement outillé pour vérifier chaque parrainage avant de le valider ou l’invalider. Comment garantir une transparence totale dans l’authentification des signatures si les cartes d’identité biométriques comporte toujours des erreurs non résolues sur le sexe, l’âge, le nom et prénom et l’adresse des électeurs, s’interrogent Babacar Diop et Cie. Par ailleurs, il est prévu que le Conseil constitutionnel statue et déclare la liste des candidats 35 jours avant l’élection présidentielle (approximativement cinq semaines du scrutin). Il est clair que le volume d’au minimum 65 000 signatures requis (pour autant de candidatures qui auront déposé une lite) sera d’autant plus colossal qu’il risque de se poser un sérieux problème d’authenticité de ces signatures. En plus de cela, il y a plus de 2 millions de cartes d’électeur qui ne sont pas encore distribuées. L’autre raison qui doit pousser à l’abandon pur et simple du projet de loi sur le parrainage, est l’absence de voies de recours permettant à tout candidat de pouvoir dire qu’il a bien réuni le nombre de signatures requis.

Mouhamadou BA

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