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Les français en masse pour élire Sarko ou Ségo

Les Français ont, semble-t-il, voté à nouveau en masse dimanche pour choisir qui, de Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy, dirigera leur pays jusqu’en 2012. Le taux de participation, pour une élection présidentielle « qui va chambouler la France », écrit Le Journal du Dimanche, s’annonçait élevé, comme au premier tour.

A midi (10h00 GMT), il était selon le ministère de l’Intérieur de 34,11% pour la France métropolitaine, un record pour les cinq derniers scrutins présidentiels et plus de trois points supérieur à celui enregistré le 22 avril à la même heure.

La participation finale au premier tour a été de 83,77%.

Nicolas Sarkozy a voté à la mi-journée dans sa ville de Neuilly-sur-Seine, aux portes de Paris, sans son épouse Cécilia, contrairement au premier tour, mais avec les deux filles d’un premier mariage de celle-ci, Jeanne-Marie et Judith.

Le candidat de l’UMP, qui est apparu très souriant, a serré quelques mains à l’intérieur et à l’extérieur du bureau de vote, n’a fait aucune déclaration et est reparti très vite en voiture.

Ségolène Royal, pour sa part, a voté à Melle, dans son fief du département des Deux-Sèvres, dans la région Poitou-Charentes qu’elle préside. Elle aussi très souriante, la candidate socialiste est arrivée à pied de son domicile pour voter dans une salle municipale où l’attendaient 400 personnes qui l’ont saluée ou acclamée aux cris de « Ségolène présidente. »

Priée de dire si le choix était difficile, elle a simplement répondu : « Non, pas difficile ».

ESTIMATIONS A 20H00

Sur la foi des sondages, le candidat de l’UMP revendiquant « la France du mérite et de l’effort » fait figure de favori face à « la France créative, imaginative » de sa rivale socialiste, première femme à avoir une chance d’accéder à l’Elysée.

Mais le balancier des électorats du centriste François Bayrou et de Jean-Marie Le Pen, décisifs pour la victoire, devrait obéir à une logique plus complexe et chaque camp sait qu’une élection n’est gagnée qu’une fois le résultat proclamé.

Le vote s’est ouvert à 08h00 GMT (06h00 GMT). Il est en revanche terminé pour près d’un million d’électeurs dans une partie de l’Outre-mer, à Saint-Pierre-et-Miquelon, près de Terre-Neuve, au Canada, aux Antilles, en Guyane et en Polynésie française, qui ont voté samedi, décalage horaire oblige.

S’y ajoutaient les Français vivant dans les pays du continent américain, qui ont accompli leur devoir électoral dans les ambassades et consulats de France.

Les premières estimations des instituts de sondage étaient attendues à 20h00 (18h00 GMT), après la fermeture de tous les bureaux de vote en France métropolitaine.

Quel que soit le vainqueur pour succéder à Jacques Chirac, 74 ans, dont le mandat s’achève le 16 mai, son élection marquera un renouveau politique avec un saut de génération.

Les deux « baby boomers » en lice ont, l’une 53 ans, l’autre 52 ans. Le nouveau chef de l’Etat sera toutefois moins jeune que Valéry Giscard d’Estaing en 1974 qui avait 48 ans quand il entra à l’Elysée.

TON DURCI

Entre les deux tours, le ton de la campagne s’est nettement durci, Ségolène Royal faisant preuve de mordant jusqu’au bout contre son adversaire dans l’espoir de conjurer les sondages.

La candidate socialiste, qui avait piqué une « saine colère » lors du vigoureux débat télévisé avec son adversaire mercredi soir, a brandi vendredi la menace de « violences » et de « brutalités » en France si ce dernier était élu.

En retour, Nicolas Sarkozy a dénoncé la « violence » de sa rivale. Ses porte-parole l’ont accusée de vouloir intimider les électeurs par des déclarations « irresponsables ».

Même si aucun signe ne laisse penser que des violences organisées se préparent, les autorités ont prévu un dispositif spécial pour le soir de l’élection du sixième président de la Ve République, en particulier en région parisienne.

Si l’on écoute les détracteurs des deux camps, le choix se jouerait entre l’autoritarisme supposé du candidat de droite, une droite qui ose dire son nom, et le flou artistique de sa rivale, cible de procès en incompétence, qui a osé brouiller les repères traditionnels de la gauche.

Face à cette « droitisation » assumée de l’offre politique, l’attitude des orphelins du premier tour, en particulier le report centriste, reste crucial.

Selon une étude TNS-Sofres, 46% des électeurs affirmaient à une semaine du premier tour qu’ils voteraient par rejet de l’autre candidat, contre 51% par adhésion. C’est parmi les électeurs de François Bayrou qu’on trouve le taux de refus le plus fort : 65 %.

Plus de 6,8 millions ont voté pour le candidat de l’UDF au premier tour, pour dire « non » au système, caractérisé par un traditionnel clivage droite-gauche. Plus de 3,8 millions ont choisi le candidat du Front national, Jean-Marie Le Pen.

APPELS AU CENTRE

L’équation a été au coeur de la campagne de l’entre-deux tours. Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ont chacun lancé des invites à l’électorat bayrouiste, entre promesse d’une majorité présidentielle multipolaire et assurance d’une ouverture historique du Parti socialiste au centre, au risque de s’aliéner la gauche de la gauche.

Sur le papier, le président de l’UMP, qui a recueilli 31,18% des voix le 22 avril, dispose d’un potentiel électoral de 33,4% avec le ralliement annoncé du souverainiste Philippe de Villiers.

Les sondages le donnent systématiquement vainqueur et Nicolas Sarkozy a même creusé son avance à la suite du débat télévisé avec Ségolène Royal, les dernières enquêtes lui accordant de 53% à 55% des intentions de vote.

Après les désistements en sa faveur des candidats d’extrême gauche et écologiste, Ségolène Royal peut compter sur 36,1% – un score d’une faiblesse sans précédent pour la gauche.

Le report des voix « bayrouistes » et « lepénistes » sera donc déterminant, avec tous les meccanos arithmétiques possibles.

Il faudra évaluer en particulier la proportion d’abstention et de vote blanc qui pourrait se faire jour de manière significative dans les deux électorats, où l’indécision demeure.

Jean-Marie Le Pen a prôné l’abstention et François Bayrou a rendu à ses électeurs leur liberté, sans négliger toutefois d’éclairer leur parcours d’équilibriste.

« Je ne voterai pas pour Sarkozy », a-t-il dit à l’issue du débat télévisé entre les deux finalistes, selon Le Monde.

En contrepoint, la conversion sarkozyste de la majorité des députés centristes pourrait inciter les bayrouistes au vote utile dans la perspective des législatives des 10 et 17 juin.


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