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Les législatives de 2017, une « présidentielle anticipée »

  • Date: 18 février 2016

La date officielle de la prochaine présidentielle est désormais connue. Elle aura lieu en 2019.

Toutefois, si le calendrier républicain est respecté, les législatives seront organisées en 2017, date supposée être aussi de la présidentielle si le Président Sall n’avait pas décidé de ne pas réduire son mandat comme le lui conseille le Conseil constitutionnel.

Pourtant, rien n’est encore joué du côté du choix du responsable en Chef de la gestion des affaires de l’État. À ce propos, les législatives ont aussi leur importance. Elles peuvent être tout aussi importantes que la présidentielle. Et pour cause. Si le président de la République venait à perdre la majorité du Parlement, il sera obligé de nommer un Premier ministre issu de l’opposition. Ce dernier va proposer ses ministres et on allait entrer dans une situation de cohabitation. Loin d’être de la politique-fiction, ce scenario est possible en 2017.

Si le président Sall et sa coalition gagnent les législatives, il n’y aura aucune conséquence en dehors de celle qu’il aura voulu. Si cependant c’était le contraire, le Sénégal entrerait, pour la première fois de son histoire, dans une cohabitation comme cela l’a été en France à trois reprises depuis l’entrée en vigueur de la Constitution de 1958. Un scenario de bicéphalisme qui ferait basculer le rapport de force en faveur du Premier ministre qui sera le véritable chef de l’Exécutif, donc responsable de la politique intérieure. Une situation qui pourrait réduire à sa simple expression les prérogatives du président de la République dont les fonctions pourraient n’être que symboliques. Il en résulte souvent des conflits de compétence, des empiétements dans les attributions des uns et des autres et parfois, malheureusement, un blocage institutionnel.

C’est pour éviter un tel scenario que les législatives étaient souvent couplées avec la Présidentielle.

Pour ce faire, d’ailleurs, le président Wade avait, une fois, décidé de proroger le mandat des députés. Mais, on serait tenté de se demander si le président Sall pourrait le faire pour une période aussi longue.

En tout état de cause, cette éventualité va renfoncer l’enjeu politique qui s’attache aux législatives en 2017, une vrai présidentielle anticipée. L’opposition, manifestement prise de cours et outrée par la sortie de Macky Sall qui a décidé d’épuiser son septennat, va mettre les bouchons doubles pour gagner les législatives afin de contraindre le Président à la cohabitation. Et du côté du camp du pouvoir, ce sera une guerre politique de survie qui sera ainsi livrée. À moins que, par extraordinaire, la date des législatives ne soit reportée comme se fut le cas en 2005 ou le mandat qui devrait expirer en juin 2006 a été prolongé jusqu’en février 2007. On se rappelle d’ailleurs que le recours introduit par l’opposition parlant de violation grave de la Constitution et d’antécédent dangereux n’avait pas refroidi les ardeurs du pouvoir de Wade. Une opposition qui avait même fini par boycotter les travaux en plénière dénonçant l’attitude de leurs collègues qui ont, finalement, voté la loi.
Un tel scenario pourrait encore se reproduire si le pouvoir s’inscrit dans la dynamique d’éviter toute forme de cohabitation pour une période on ne peut plus longue qu’en 2005. Ce sera néanmoins grave de conséquence pour une démocratie qui se veut un exemple en Afrique. La Constitution ne peut pas être impunément violée, sans conséquence.

Qui plus est l’opposition sait aussi que toute situation de cohabitation signifierait un désaveu du président de la République qui pourrait choisir de démissionner.

D’où tout l’enjeu qui s’attache aux prochaines législatives, relancé par la décision du Président Sall d’achever le septennat.

Assane Samb

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