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Les maux du secteur à la loupe

La Coordination patronale des industries touristiques du Sénégal (Copits) s’est penchée hier, jeudi, sur la situation actuelle de l’agence nationale de promotion touristique (Anpt), l’évaluation de la situation du tourisme 2006-2007 et les perspectives. Un diagnostic sans complaisance du secteur a été fait par les professionnels du secteur qui ont esquissé des pistes pour promouvoir davantage la destination Sénégal.

Source : Sudonline
Malgré les énormes potentialités dont il dispose sur le marché international et régional et les évolutions notées ces trois dernières années, l’état des lieux du secteur touristique laisse apparaître un manque criard de moyens pour une bonne promotion de la destination Sénégal. Le tourisme, 2ème secteur d’activités économiques après les phosphates et qui fait l’essentiel de son chiffre d’affaires sur l’étranger, va très mal. Devant les journalistes, Mamadou Racine Sy, Président du Syndicat patronal de l’industrie du tourisme au Sénégal (Spits) et de la Coordination patronale des industries touristiques du Sénégal (Copits) par ailleurs tout nouveau président du Conseil d’orientation de l’Anpt n’a pas été tendre pour qualifier les maux qui étouffent le secteur touristique national. À l’en croire, « l’évaluation de la saison touristique écoulée a révélé des problèmes dont le plus en vue est la fiscalité qui obère lourdement la compétitivité de la destination Sénégal ».

La fiscalité, les coûts élevés et le manque de moyens plombent le secteur

Les pouvoirs publics ont ainsi été très tôt mis au courant du problème de la fiscalité et « le Chef du gouvernement d’alors s’était engagé en février 2007 pour l’abaisser de 18 à 10 %. Mais, poursuit M. SY, « il semble qu’ils n’ont pas pris l’exacte mesure de la gravité de la situation comme l’atteste la non-effectivité de la mise en œuvre de la mesure à ce jour ». Aussi, cette situation inquiète les professionnels du tourisme pour qui « la réduction de la fiscalité constitue une revendication fondamentale ». Dans le même registre, le coût des facteurs de production avec les factures d’eau, d’électricité et de carburant qui ploient sur le dos des hôteliers bloquent énormément la compétitivité du secteur. Et parce que le Sénégal est en compétition avec d’autres destinations, M. Sy a estimé qu’ il doit de ce fait s’inspirer des gouvernements des pays concurrents qui ont pris des mesures fiscales incitatives pour permettre à leur secteur privé touristique de se développer ». Aussi, l’identification des problèmes qui, jusqu’ici, freinent le secteur, avec des réceptifs qui ont une moyenne d’âge de 15 à 20 ans a poussé le secteur privé à exiger « une mise en œuvre immédiate des mesures qu’il préconise depuis un certain temps, notamment la baisse de la Tva », dira t-il. À défaut, l’embellie et le rôle pionnier d’antan qui caractérisaient le secteur dans la sous-région seraient de vieux souvenirs.

En effet, la destination Sénégal est menacée et même devancé actuellement par des pays comme la Mauritanie, les Iles du Cap-Vert, les pays de la Méditerranée (Maroc et Tunisie).Et de la quinzaine de Tours operators italiens qui opéraient sur le Sénégal, le plus important et le seul qui restait encore, en l’occurrence Alpi Tours a cessé d’opérer sur le Sénégal (Casamance) au profit des Ïles du Cap-Vert. Au motif qu’il n’y a pas assez de promotion de la destination Sénégal sur l’important marché italien et que l’allongement de la piste de Cap Skiring n’a pas été suivi de la mise en place d’équipements pour ravitailler les avions en kérosène. Pour pallier ce manque à gagner aggravé par la concurrence déloyale des résidences meublés et autres campements, des moyens conséquents sont requis pour booster le secteur qui représente un chiffre d’affaires de 300 milliards F Cfa. Et M. SY en appelle à « l’application des rations communément admis de par le monde, qui consiste à consacrer 4,5 à 5 % des ressources générées par le tourisme à la promotion, devrait permettre de renflouer le Fonds de promotion touristique d’environ 08 milliards F Cfa ».

Malheureusement, celui-ci fait environ 1 milliard et n’est alimenté que par la taxe touristique. D’où l’appel du pied des professionnels pour le reversement de la taxe aéroportuaire de 18.000F Cfa pour renflouer davantage le fonds. Ce qui pourrait contribuer à positionner le tourisme, qui est un package, sur le marché et faire de la destination Sénégal une offre compacte et homogène. Avec une baisse généralisée des arrivées de l’ordre de 15 à 20 % durant cette basse saison, la mise en œuvre de toutes ces mesures devrait permettre l’envol du secteur, à l’ouverture de la saison prévue en octobre.


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