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Les mutilations génitales féminines : Une pratique controversée

Ici au Canada, les mutilations génitales féminines (MGF) sont absentes de nos mœurs, puisqu’elles vont à l’encontre de nos croyances et de nos valeurs. Pour ces raisons, il peut nous être difficile de comprendre ce phénomène.

Source : servicevie

Toutefois, en raison de l’immigration, de telles coutumes semblent occuper une place plus importante dans notre société que nous sommes portés à le croire.

Qu’est-ce que les MGF?

Les MGF regroupent les interventions aboutissant à une mutilation ou à une ablation partielle ou complète des organes génitaux externes de la femme, qui sont exercées pour des raisons culturelles ou autres, mais non à des fins thérapeutiques ou médicales.

Les différents types de mutilations

Il existe quatre différents types de mutilations:

le type I, la clitoridectomie, consiste à retirer la peau recouvrant le clitoris ainsi qu’à enlever, ou non, soit une partie ou la totalité du clitoris;

le type II, le plus courant et sans doute le plus connu, est l’excision, qui réfère à une ablation du clitoris et à une ablation partielle ou totale des petites lèvres;

le type III, considéré comme la forme la plus extrême, est connu sous le nom d’infibulation et consiste en l’excision du clitoris et des petites lèvres ainsi qu’en l’incision des grandes lèvres, qui sont ensuite cousues. À la suite de cette intervention, l’ouverture vaginale disparaît pour laisser la place à un minuscule orifice permettant le passage de l’urine et du sang menstruel;

le type IV contient diverses pratiques et opérations non classées, tels l’étirement du clitoris, le perçage des petites ou des grandes lèvres, etc.

Les MGF sont principalement admises dans les sociétés africaines, mais également en Asie et parmi la population immigrée dans d’autres pays, comme au Canada. Dépendamment de l’ethnie ou de la génération observées, les MGF peuvent être effectuées à tout âge. Le plus souvent, les MGF sont pratiquées sans anesthésie, dans des conditions d’hygiène précaires, avec des instruments aussi divers que des couteaux, des ciseaux, des lames de rasoir, des morceaux de verre, etc.

Pourquoi les MGF sont-elles pratiquées?

Qu’ils soient d’ordre religieux, psycho-sexuel, sociologique, mythique ou encore hygiénique et esthétique, bon nombre de motifs sont invoqués afin d’expliquer la pratique des MGF. Selon certains, ces mutilations permettraient d’accroître la fécondité et d’assurer une certaine propreté des organes génitaux féminins, lesquels sont considérés comme sales et répugnants. De plus, les MGF constitueraient un moyen d’assurer la virginité jusqu’au mariage et de maintenir la fidélité de l’épouse. Ainsi, la jeune fille ou la jeune femme faisant l’objet d’une mutilation génitale deviendrait non seulement une «vraie femme», mais aussi une femme prête pour le mariage.

Par ailleurs, les MGF contribueraient à accroître le plaisir et le désir sexuel de l’homme, tandis qu’elles atténueraient ceux de la femme. Enfin, certains mythes entourant les MGF, entres autres celui concernant le symbolisme du clitoris, peuvent nous permettre d’affiner notre compréhension quant à cette pratique. Le clitoris étant considéré comme un petit pénis, il constituerait une barrière au coït et conséquemment, un obstacle à la procréation. Cette imperfection féminine devant être corrigée, une intervention humaine serait donc justifiée afin que la nature puisse suivre son cours.

Quelles en sont les répercussions?

Tant au niveau physique que psychologique, les conséquences immédiates et à long terme des MGF sur la santé des femmes sont nombreuses et néfastes. Sectionner des organes génitaux externes occasionne une douleur intense, intolérable, accompagnée de peur et parfois d’un état de choc important, pouvant marquer une femme à vie. Les MGF sont aussi à l’origine d’infections multiples et sont susceptibles d’entraîner des complications gynécologiques ou obstétricales. Au plan sexuel, en raison de l’ablation du clitoris, les MGF peuvent entraîner une altération marquée de la sensibilité sexuelle, une incapacité à atteindre l’orgasme et une baisse de plaisir et de satisfaction au niveau sexuel chez les femmes. Par ailleurs, les rapports douloureux consécutifs aux mutilations peuvent engendrer un dysfonctionnement sexuel pour la femme de même que pour son partenaire.

Cependant, nous nous devons de savoir qu’il existe une tendance à investiguer et à rapporter les complications survenues plutôt que les cas sans problème. Certes, les MGF représentent une réelle menace à une réponse sexuelle saine, mais il convient de garder en tête que toutes les femmes mutilées ne sont pas confrontées aux mêmes effets néfastes au niveau de leur sexualité. Selon la culture et le pays d’origine, l’importance accordée à la vie sexuelle des gens n’est pas la même. Toutefois, les conséquences parfois tragiques associées aux MGF ne sont pas négligeables.

Une pratique controversée

De l’extérieur, les MGF sont parfois vues comme un acte de violence envers la femme, ayant des répercussions sérieuses au niveau de sa santé physique, mentale et sexuelle. Au Canada, la loi rejette toute forme de violence contre la femme, surtout dans le cas où il n’y a pas de consentement, faisant des MGF une infraction de voies de fait graves. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) occupe une position bien claire quant aux MGF, proclamant que l’on se doit d’y mettre fin. L’OMS déclare que de telles pratiques ne devraient jamais être médicalisées (être faites par des professionnels de la santé dans un établissement reconnu), sans quoi l’on contribuerait à les perpétuer et à les rendre légitimes.

Les femmes immigrantes provenant de communautés où les MGF sont des pratiques courantes sont donc confrontées à une perception très différente des MGF, du statut de la femme ainsi qu’à de nouvelles valeurs socioculturelles définissant cette perception. Les femmes immigrantes ayant subi une quelconque forme de MGF peuvent avoir des interrogations ou un besoin de s’exprimer par rapport à cette expérience. Pour ce faire, elles peuvent communiquer avec un ou une sexologue qui sera en mesure les écouter et de les guider. Pour trouver un(e) sexologue dans sa région, il suffit de visiter le site Web de l’Association des sexologues du Québec.

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