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‘Les oubliées de Juarez’: Jennifer Lopez, star sexy d’un thriller inspiré de faits réels

C’est une ville frontalière. Une « border town » comme on les appelle aux Etats-Unis. Une cité laide, sans histoire et sans âme, un lieu de passage, de trafic d’hommes et de drogues. Une terre de transit pour des milliers de candidats à l’immigration clandestine, quelques dollars en poche et la rage au ventre. Une terre de perdition pour les filles mexicaines condamnées au travail à la chaîne, à l’usine, ou sur le trottoir pour le plaisir des locaux ou des « gringos » égarés…

Source: Ap
Nous sommes à Ciudad Juarez, en plein désert mexicain, à quelques kilomètres d’El Paso (Texas). Une ville quasi anonyme, si ce n’est que, depuis 1993, elle est le théâtre de centaines d’assassinats de femmes, plus de 400 selon l’organisation Amnesty International, sans compter 500 autres disparues… Porté par la chanteuse et actrice américaine Jennifer Lopez, « Les oubliées de Juarez » (sortie mercredi dans les salles en France) revient sur ces meurtres non élucidés, mêlant fiction et faits réels.

Reporter d’origine mexicaine, Lauren Fredericks (Jennifer Lopez) est envoyée en mission à Ciudad Juarez pour enquêter sur une série de meurtres perpétrés contre de jeunes ouvrières des « maquiladoras », ces usines d’assemblage nord-américaines dénoncées par les ONG pour leurs bas salaires et conditions de travail catastrophiques. Le sujet mérite d’être couvert par son journal, « The Chicago-Sentinel », mais la jeune journaliste n’est guère enthousiaste. Installée aux Etats-Unis depuis son enfance, elle n’a aucune envie d’un retour aux sources, dans son pays d’origine.

Finalement elle accepte le reportage dans l’espoir d’un scoop. Sur place, elle contacte un ancien ami journaliste, Diaz (Antonio Banderas), devenu rédacteur en chef d' »El Sol », le journal de Juarez. Profondément marqué par leur histoire d’amour passée, ce dernier refuse d’abord de l’aider, avant de se laisser convaincre.

C’est alors qu’ils rencontrent Eva (Maya Zapata), une jeune Amérindienne originaire de la région d’Oaxaca. Eva a réussi à échapper aux tueurs: non seulement elle les a vus de ses propres yeux, mais elle est prête à les identifier devant un tribunal. Les deux journalistes tentent alors d’élucider les crimes, tout en protégeant Eva d’une nouvelle attaque. Mais entre intérêts américains, pots de vins et collusion des notables locaux, les pistes s’avèrent de plus en plus périlleuses…

L’histoire des « Oubliées de Juarez » est librement inspirée de faits réels. Presque quinze ans après le meurtre de la première victime, retrouvée nue dans le désert qui sépare les Etats-Unis du Mexique, les autorités ne peuvent toujours pas désigner les responsables des massacres ni donner une explication convaincante à la tragédie. Profondément touchée par ces meurtres en série, la star latina, Jennifer Lopez, s’est totalement impliquée dans ce projet, non seulement en tant qu’actrice, mais aussi en tant que productrice du long métrage.

Mais malgré ses bonnes intentions, le thriller réalisé par le cinéaste américain Gregory Nava (« Frida ») ne tient pas ses promesses. Sa réalisation tente d’imiter celle de Fernando Meirelles (« La cité de Dieu ») ou celle d’Alejandro Gonzales Inarritu (« Babel »), mais elle reste d’une maladresse confondante. Montage effréné, musique guimauve, images choc: le film fonctionne sur un mode amateur et un peu kitsch qui lasse très vite le spectateur.

Quant au scénario, il ne parvient pas à coller au réalisme du sujet. Pire, il tombe dans la caricature. La trame fictive -une journaliste sexy retrouve ses origines en s’identifiant à une pauvre victime de Juarez- témoigne d’une écriture trop juvénile, en décalage avec le désespoir des thèmes abordés.

En compétition au Festival de Berlin en février dernier, « Les oubliées de Juarez » a reçu un accueil mitigé, malgré la présence de nombreux représentants d’ONG et des proches des victimes. J-Lo, elle, a été récompensée par Amnesty International pour son engagement contre les violences faites aux femmes. Car l’ambition du film -dénoncer ces meurtres de femmes et la passivité des autorités- reste louable… D’autant plus que Ciudad Juarez n’est pas la seule ville mexicaine marquée par de tels crimes… Plus de 1.600 femmes sont assassinées chaque année au Mexique, selon les chiffres du gouvernement mexicain.


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