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Les paysans de diourbel pessimistes…

Cette année encore comme celles qui ont précédé, les paysans regardent l’avenir avec pessimisme. Déjà le ciel a ouvert ses vannes dans certains départements de la région de Diourbel tandis que dans d’autres localités, la terre est encore sèche.

Source : Le Matin
Les paysans attendent toujours les premières gouttes d’eau, mais encore rien. Les premières pluies enregistrées dans certains coins de la région ont fait pousser les semis de mil. Ceci pour dire que les travaux champêtres ont déjà commencé dans la zone mais non sans grande difficulté.

L’essentiel des paysans que nous avons rencontrés à montrer toute sa désolation à démarrer cette présente campagne dans des conditions aussi difficiles que celles avec lesquelles ils ont entamé cet hivernage qui semble être bien timide dans la région. Même si beaucoup de protestations n’ont pas été notées cette année sur la qualité des arachides, il n’en demeure pas moins que la quantité de semence d’arachides est fortement contestée par les paysans du Baol. Dans la communauté rurale de Gade escale dans le département de Diourbel les paysans attendent encore les semences promises par l’Etat.

Aucune quantité de semence d’arachide n’y a été encore déposée depuis le démarrage de la campagne. La Suneor avait été dessaisie du marché qui entre temps avait été confié à un opérateur économique qui tarde encore à mettre les pieds dans la localité. Les autorités administratives saisies par les populations dégagent leurs responsabilités et indiquent la direction de l’agriculture, seule instance habilitée à désigner les opérateurs. De faibles quantités de semences d’arachides sont livrées dans les villages de la localité et pire, renseigne un interlocuteur, ce sont les plus riches qui en profitent pour acheter tout ce qui arrive dans la zone. À l’heure actuelle, rares sont les vrais paysans qui peuvent dire qu’ils ont reçu des semences.

Déjà, pour la seule commune de Bambey, bon nombre de cultivateurs qui avaient fait le déplacement pour se procurer quelques kilogrammes d’arachides ont été obligés de rentrer bredouilles puisque les riches commerçants avaient tissé des relations qui leur ont permis d’acheter toutes les semences qui sont destinées aux paysans. Un cultivateur du village de Guèguèye, Abdou Diouf estime que : « seules des relations politiques permettent de bénéficier des semences que donnent le gouvernement ». Il ajoute « si vous n’êtes pas politicien, il est évident que vous ne pourrez rien avoir ». M. Diouf qui ne disposait pas de semences l’année dernière n’en espère pas autant cette année. Pour lui, les relations avec les politiques sont nécessaires pour bénéficier de semences.

« Je n’ai pas encore de quoi me payer le repas de midi ; pensez-vous que je peux acheter des semences alors que je n’ai pas de quoi nourrir ma famille ? », s’interroge ce paysan. C’est donc dire que les paysans de la région sont plutôt préoccupés par leur famille plutôt que de s’acheter des sacs de semences dont la germination est très incertaine. Selon Pape Abdoulaye Diouf, les sols du Baol sont aujourd’hui très lessivés. Et à ce titre, ils ne peuvent plus faire germer bon nombre de cultures. Pire dira M. Diouf, les fertilisants comme les engrais et le fumier ne sont plus disponibles.

Abdoulaye Diouf renseigne d’ailleurs que tous les projets tendant à fertiliser les terres ont aujourd’hui échoué que tout simplement leur conception a été faite sans y associer les bénéficiaires. Une campagne sans semences suffisantes, sans engrais ne peut qu’être difficile. Et, si on y ajoute un déficit de matériel agricole, les choses ne seront que plus compliquées. Aujourd’hui, l’activité principale des paysans se résume à des visites chez le forgeron d’à côté pour faire réparer les vieilles machines des enclos.


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