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Les plus grands défis de Macky Sall (Par Mamadou Thierno TALLA)

Il y a six ans, le 25 mars 2012, le candidat Macky Sall était quasiment plébiscité Président de la République au deuxième tour de la présidentielle. 65,8% des suffrages lui étaient accordés. Depuis, la face du Sénégal a bien changé. Alors que Abdoulaye Wade, le Président sortant, prédisait le pire pour les finances publiques trois mois après son départ, aujourd’hui le Sénégal est loin de ces prévisions cauchemardesques, catastrophistes. Le taux de croissance est passé de 1,1% en 2011 à 7,2% en 2017 ; le budget de l’Etat de 2.299 milliards en 2012 à 3.720 milliards en 2018. Le Sénégal est tellement crédible sur le marché financier international qu’il a pu lever récemment sans coup férir 2,2 milliards de dollars en euro bonds (plus de 1.100 milliards F Cfa), même si les bailleurs lui demandent de faire attention à un risque de surendettement. Les infrastructures émergent de partout : démarrage de l’autoroute Ila Touba, aéroport de Diass fonctionnel, prolongement de l’autoroute Dakar-Diamniadio à Sindia, un nouveau pôle urbain voit le jour à Diaminadio, etc.

Les prix des denrées de première nécessité sont restés stables. Le Plan Sénégal émergent (PSE) qui a pris la place du Yoonu Yokkute en marche depuis 2014 semble être la panacée pour faire des progrès prodigieux au Sénégal. Avec l’appoint du PUDC, de la CMU, des Bourses de sécurité familiale, du programme PUMA et du projet Promovilles. Toutes choses qui pourraient jouer en faveur du candidat Macky Sall pour un deuxième mandat en 2019. Si en milieu rural, le candidat Sall peut engranger des suffrages à la soviétique, tant ses réalisations sont palpables avec l’eau, l’éclairage, les pistes, les bourses familiales, en milieu urbain, la tâche ne sera pas aisée. L’emploi des jeunes constitue encore le ventre moue du système, surtout pour les dizaines de milliers de diplômés qui arrivent annuellement sur le marché du travail. Quant aux non diplômés, l’aventure de l’émigration continue d’être une obsession.

Le Premier ministre Mouhammad Boun Abdallah Dionne, invité de l’émission «Grand Jury» de la Rfm, hier dimanche, a soutenu qu’en six ans, 336.000 emplois ont été créés alors que le candidat Sall en promettait 100.000 par an. A ce rythme, on n’atteindra pas les 700.000 emplois. Une faille sur laquelle pourraient surfer ses adversaires, Idrissa Seck, Abdoul Mbaye, Ousmane Sonko etc. Le programme école-entreprise et le projet entrepreneuriat rapide devraient être la recette miracle pour résorber le chômage massif des jeunes, écrasante majorité de la population sénégalaise.

Hélas ! il faut aussi déplorer l’effritement des mœurs avec le délitement des valeurs. La drogue dure et le chanvre indien ravagent la jeunesse. Preuve terrible s’il en est que l’éducation de nos enfants doit être réinventée face à l’incapacité des familles. Comment y parvenir quand l’école, un des autres creusets de l’éducation, et la santé continuent d’être instables du fait de grèves récurrentes. Alors que cette semaine sera marquée par une grève des syndicats de la santé, rien n’indique que l’année scolaire ira à son terme. Mais de plus en plus, c’est l’enlèvement suivi de viol ou de meurtre d’enfants qui révulse et indique que la coupe est pleine et que le Sénégal s’enfonce dans les bas-fonds de la barbarie. Sans foi, sans éducation, l’émergence peut-elle servir à quelque chose ?

Certes des progrès ont été réalisés en matière d’infrastructures et le PSE est bien sur orbite, mais le changement des mentalités et l’ancrage citoyen tardent à suivre. Un nouveau type de Sénégalais s’impose. Car plus de 800 morts sont enregistrés chaque année accidentellement sur les routes, du fait, largement de l’indiscipline des conducteurs, mais aussi de l’absence de rigueur de nos forces de sécurité. Les défis du chef de l’Etat sont énormes surtout dans ce contexte d’insécurité ambiante où l’opposition menace.

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