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Les pme face a leur contraintes : qu’il est loin le bout du tunnel

Le cadre réglementaire et les procédures administratives draconiennes, ajoutés à un environnement des affaires jugé peu reluisant malgré la stabilité politique dont bénéficie le Sénégal, ne militent pas en faveur d’un développement des Pme.

Source Sudonline
Les contraintes qui affectent l’environnement des affaires pour les micro, petites et moyennes entreprises au Sénégal demeurent. Une étude rendue publique hier, mardi 10 juillet 2007 à Dakar, l’a démontré. Avec un échantillon de 130 entreprises membres des cinq organisations patronales répondant aux critères de définition des micro, petites et moyennes entreprises tels que ceux qui figurent dans la charte des Pme, l’étude a démontré que le bout du tunnel est encore loin. Neuf secteurs d’activité ont ainsi été retenus en fonction de l’étroitesse de leurs liens avec les pôles de compétitivité de la Stratégie de croissance accélérée (Sca).

Bien qu’ayant constaté que le cadre réglementaire et les procédures administratives ne constituent pas une contrainte majeure pour les Micro, petites et moyennes entreprises (Mpme), l’étude a révélé que ce volet n’en recèle pas moins des difficultés importantes. Concernant les procédures de recouvrement des créances, l’enquête révèle encore un accroissement sensible de la dette intérieure et l’allongement des délais de paiement de l’État. Sur ce même point, il est montré que l’impact significatif immédiat sur trésorerie est généralement fragile. Ce qui est doublé d’une perception négative des dirigeants de Mpme fortement conjonturelle. Les contraites relatives au cadre réglementaire et aux procédures administratives ne se limitent pas à ce niveau. En plus de points sus-cités, l’étude a révélé que sur les connections utilitaires, les Mpme interrogées ont fait part d’une contrainte forte et des délais et coûts qui sont problématiques. Concernant la réglementation fiscale, elle est jugée encore prohibitive et le régime de taxation simplifié (Contribution globale unique) est jugé peu connu et limitatif. La législation sociale est caractérisée par des coûts sociaux et une législation rigide constituant des obstacles à l’embauche. Concernant le foncier, il est démontré que les Mpme ne sont pas prises en compte dans les Plans d’aménagement d’espaces urbains. Dans le chapitre des standars et certificat de qualité, l’étude montre la difficile obtention de certification requise dans les Btp (Batiment et travaux publics). Ces même contraintes sont relevées dans la réglementation relative à la construction d’entreprise, les procédures d’import-export qui se caractérisent par la faiblesse des opérations pour la majorité à part les commerçants et quelques artisans.

Un environnement des affaires timide

L’essor des Micro, petites et moyennes entreprises (Mpme) est également freiné par un environnement des affaires pas tellement reluisant dans lequel elles baignent. Sur le plan du financement, l’enquête révèle que ce volet constitue la première préoccupation des Mpme mais aussi des entreprises plus structurées ou de plus grande dimension. Il est noté une propension à la hausse des Pme à s’adresser aux Institutions de micro-finance pour obtenir un crédit et que les financements bancaires sont prohibitifs et de court terme. Face à la fragilité de leur trésorerie, l’enquête démontre que la possibilité des Mpme à acquérir des groupes électrogènes est limitée. Cette absence d’alternative engendre ainsi une perte de chiffre d’affaires. Face à ce phénomène, les petites industries doivent faire face à la concurrence déloyale que constitue l’importation de produits chinois tant redoutés par les commerçants locaux et les petits producteurs qui voient leurs parts de marché subir des pertes drastiques. Cette concurrence déloyale se précise dans le secteur des Btp où pullulent les opérateurs informels. Les Micro, petites et moyennes entreprises doivent également faire face à l’obstacle que constitue le foncier, avec le manque de locaux adaptés en particulier pour la mécanique auto et artisans. Cette situation s’explique par la cherté du foncier surtout à Dakar mais également par une difficulté dans l’attribution des marchés publics. Ce qui, selon l’étude, reflète la non-transparence soulignée en particulier par les opérateurs du Btp. A cela s’ajoutent l’instabilité institutionnelle et les changements fréquents du personnel politique et administratif dû aux nombreux remaniements ministériels.

L’arrimage du franc CFA à l’Euro constitue en outre une autre difficulté à laquelle les Pme sont confrontées, si l’on en croît les résultats de l’étude qui font ainsi cas de l’environnement des affaires avec aussi bien ses facteurs endogènes qu’exogènes.

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TROIS QUESTION A…

Ibrahima Diouf, directeur des Petites et moyennes entreprises

« Le processus d’élaboration de la lettre de politique sectorielle des Pme sera officiellement lancé dès septembre prochain »

Les initiatives pour la promotion des Pme jusque-là prises ne répondent pas aux attentes. Un cadre légal digne de ce nom s’impose. Ce sont les grandes lignes que le directeur des Pme a déroulé dans cet entretien qu’il nous a accordé .

Malgré les multiples initiatives prises par les autorités, cette étude démontre que les contraintes des Pme demeurent colossales. Ne serait-ce pas une enquête de trop ?

Tout d’abord, il faut dire que cette étude se différencie de celles qui sont déjà menées et qui ont donné des résultats que nous savons sur les contraintes perçues par les Petites et moyennes entreprises. La différence réside dans le fait que, aujourd’hui, ce sont une catégorie particulière d’entreprises qui sont concernées à savoir les micro, petites et moyennes entreprises qui sont une cible bien particulière. L’autre innovation que cette étude a apportée est que : c’est le secteur privé lui-même qui a procédé à ces enquêtes de perception des contraintes des Pme. Pour nous État, il s’agissait de partager avec eux ces contraintes et de procéder à une hiérarchisation afin d’apporter à des solutions les plus urgentes et les plus opérationnelles.

Quelles solutions à préconiser face au système financier qui est toujours inaccessible aux Pme ?

On a vu effectivement qu’aujourd’hui la question de l’accès des Pme-Pmi au crédit est quasiment résolue. La contrainte qui se pose est le loyer de cet argent ou le coût du financement qui pose problème. Les micros et moyennes entreprises font face à des taux d’intérêt élevés. Quelques solutions ont été proposées dont la bonification des taux d’intérêt pour cette catégorie particulière d’entreprise, ou encore la mise en place de lignes de garantie qui permet de soutenir la solvabilité des demandes de financement. On a également vu la domiciliation de certaines lignes de crédit dans des banques. Ce qui permet à ces dernières de baisser les taux d’intérêt par rapport à la demande de financement des micros et petites entreprises. Ce sont des solutions nouvelles en termes d’instruments financiers et de produits. Je pense qu’aujourd’hui, il faut également aller vers des produits spécifiques pour la création, le démarrage, le développement ou la pérennisation. Ce sont ces pistes qui vont être exploré dans le cadre du suivi de cet atelier pour arriver à l’élaboration de la lettre de politique sectorielle Pme, de définir les politiques de crédit aptes à permettre aux Petites et moyennes entreprises de faire face à la concurrence internationale

A quand la mise en place d’un véritable cadre légal des Pme-Pmi ?

Je pense qu’aujourd’hui, au niveau de l’environnement juridique et institutionnel le projet de loi d’orientation des Pme est sur la table du Conseil des ministres. On va vers son adoption et sa transmission à l’Assemblée nationale pour son vote. Dès le mois de septembre prochain, on va lancer officiellement le processus d’élaboration de la lettre de politique sectorielle des petites et moyennes entreprises qui va comprendre un plan d’action sous forme d’un programme croissance Pme. A partir de ce moment, on aura enfin ce cadre approprié pour le développement et la promotion de la Petite et moyenne entreprise.


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