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‘’LES POLITICIENS, DES COMMERÇANTS POLITIQUES’’ SELON LA LD Haro sur la mercantalisation de la vie politique

Mamadou Ndoye, le Secrétaire général de la Ligue démocratique (LD) a soulevé, ce samedi, un débat trop important pour passer inaperçu. Il a notamment mis l’accent et déploré l’existence d’un «commerce politique» ou si vous préférez, le fait que ceux qui nous gouvernent et ceux qui aspirent à le faire ne sont mus que par le besoin de s’enrichir.

Le ‘’Jallarbiste’’ va plus loin. Il pense que c’est toute la société sénégalaise qui est atteinte. C’est pourquoi, «(leur) parti s’interroge sur la financiarisation de la société sénégalaise. C’est-à-dire une société où l’atout principal des êtres humains est devenu l’argent. Notre parti s’interroge sur la montée de l’individualisme dans notre pays où chacun s’occupe de ce qu’il peut avoir ou de ce qu’il peut être, mais jamais du devenir collectif. (Leur) parti s’interroge sur la montée du commerce politique où les politiciens deviennent des commerçants politiques».

La première conséquence de cet état de fait que nous avons souvent souligné, c’est la multiplication des partis politiques. Chaque ‘’commerçant’’ tient à avoir sa boutique. Personne ne veut rester derrière afin de ne pas rater le partage du gâteau ou d’être mal servi. Avec comme conséquence, des partis politiques qui se multiplient et qui implosent à tout-va.

La seconde conséquence de cette situation, c’est l’achat de conscience comme méthode générale d’accession au pouvoir.

Les candidats aux différentes élections voyagent avec des mallettes d’argent avec comme objectif de les distribuer au sein des masses. La preuve, ceux qui ne sont pas riches ne peuvent pas aller aux élections au Sénégal. Et c’est ce qui explique le retard des partis de gauche aussi bien dans la massification que par rapport à leur possibilité à accéder au pouvoir. Ces formations politiques ayant peu de propension à distribuer de l’argent, les populations leur tournent le dos.

La troisième conséquence de la mercantilisassions de la politique et de notre société est que ceux qui arrivent à des postes de responsabilité ne sont préoccupés que par le fait de se remplir les poches. Les marchés de gré à gré avec leurs commissions et même retro commissions, les actes de corruption et délits assimilés comme les détournements de fonds publics, les entreprises de dévolution monarchique du pouvoir, le renforcement des cercles familiaux dans la gestion du pouvoir, l’instrumentalisation de la Justice, des corps de contrôle, etc. ; toutes ces tares ne s’expliquent que par le fléau dénoncé par Mamadou Ndoye.

Il découle de cette situation, une guerre atroce autour de l’enjeu de contrôle du pouvoir. Tous les coups sont désormais permis et le débat politique vole tout bas pour se limiter à des injures, des invectives et des jactances.

Il n’existe plus d’idéologie au Sénégal et les pouvoirs d’argent confondus avec les pouvoirs politiques et maraboutiques entretiennent une forme de nouvelle bourgeoise qui nargue la grande masse qui n’a pas accès aux privilèges.
Celle-ci ne cesse alors de plonger dans une pauvreté où les causes sont de plus en plus structurelles pour ne pas dire culturelles et sociologiques.

Les populations doivent se battre pour un minimum vital, assurer leur propre sécurité, faire des mains et des pieds pour que leurs terres ne leur soient pas arrachées, trouver un emploi, assurer l’éducation de leurs enfants avec des grèves répétitives d’enseignants atteints par le virus du bien-être, vendre leurs récoltes, etc.

Dans une société telle que décrite par Mamadou Ndoye, c’est le sauve-qui-peut. La corruption règne en maitre et les protocoles se multiplient à côté des trafiquants de faux billets de banque, des agressions, des vols à mains armées, etc.
Ceux qui donnaient hier des leçons de moralité sont devenus les délinquants d’aujourd’hui. Les repères sont perdus.
Face à une telle situation, il sera difficile de trouver des remèdes, le mal étant trop profond. La preuve, les hommes de Dieu et les intellectuels désargentés sont considérés comme des va-nu-pieds. Partant, ils ne seront nullement écoutés.
Mamadou Ndoye sait que s’il pense organiser une rencontre politique sans assurer aux militants et sympathisants qu’il y aura la prise en charge en matière de transport, de restauration et d’hébergement, ils seront peu nombreux à répondre à son appel.

Touba regorge de monde durant le Magal parce qu’il y a les ‘’berndel’’. Cheikh Béthio l’a compris depuis longtemps. Les gens n’écoutent que leurs ventres et les soi-disant ’’moralisateurs’’ de la société et au rang desquels les hommes politiques et nombre de guides religieux ne valent pas mieux.

Notre société est prise dans une spirale qui en sapent les fondements malgré un retour apparent vers sur le spirituel surtout de la part des jeune. C’est peut-être là où il y a un brin d’espoir.

Assane Samb

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