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Les sénégalaises dépensent 5 milliards par an pour du Khessal

L’Association internationale d’information sur la dépigmentation artificielle (A.i.i.d.a) a organisé en partenariat avec l’Association des femmes médecins du Sénégal,( A.f.e.m.s) une journée de consultations gratuites et d’information sur les méfaits de la dépigmentation. Le dermato-vétérologue, Fatou Fall, a exposé les risques qu’encourent les femmes qui s’éclaircissent la peau.
Des femmes, des filles ont pris d’assaut l’Institut d’Hygiène sociale de Dakar en ce début de matinée du samedi. Elles s’informent auprès du stand sur les produits traitant des lésions cutanées. Certaines sont assises sur les bancs. Elles attendent leur tour pour se présenter chez les dermatologues, ou chez les spécialistes du diabète ou de l’hypertension. Les plus vieilles sont sous le hangar. D’autres sont debout. Et toutes sont venues pour profiter de la journée de consultations gratuites organisée par l’Association internationale d’information sur la dépigmentation artificielle (A.i.i.d.a). Ce beau monde est révélateur de la prévalence des maladies dermatologiques chez la couche féminine dont la plupart d’entre elles n’ont pas la possibilité de se traiter soit pour des raisons financières soit à cause de l’éloignement des services compétents pour prendre en charge ces pathologies. « Les problèmes dermatologiques sont fréquents et représentent 52 % des motifs de consultation. Nous nous sommes rendues compte des consultations dermatologiques fréquentes chez les femmes âgées de 15 à 70 ans. Elles ont des problèmes d’accessibilité financière et géographique c’est pour cela que nous avons organisé cette journée à leur intention », explique la présidente de l’Aiida, Fatimata Ly.

La dépigmentation coûte chèr aux femmes Une femme dépense en moyenne par mois environ 3000 francs Cfa. Le cumul estimatif des frais d’achat des produits servant à la dépigmentation s’élève à 5 milliards par an et pour toutes les femmes dadaïsmes qui s’éclaircissent la peau. « Les femmes déclarent dépenser 3300 francs Cfa par mois pour l’achat des produits de la dépigmentation ; à partir de ces estimations et par rapport au nombre de femmes vivant à Dakar, on estime qu’elles dépensent 5 milliards par an pour l’achat de ces produits », argumente Fatima Ly.

Des cas de cancers

Les autres conséquences les plus graves sont les effets néfastes de l’utilisation des produits qui exposent les femmes à toutes sortes de complications dermatologiques. Depuis l’année dernière, il a été établi que certains produits de la dépigmentation sont à l’origine de la survenue du cancer de la peau. « Depuis longtemps, on parlait des effets cancérigènes de la dépigmentation. Mais ce n’était pas prouvé. Une étude qui a été publiée depuis l’année dernière démontre les cas de cancers. Ce sont des cas décelés à l’Institut d’Hygiène de Dakar, et à l’hôpital Aristide Le Dantec. Elles ont pu bénéficier d’une chirurgie, l’une a survécu, l’autre est décédée », rapporte le dermato-vétérologue, Fatou Fall officiant à l’Institut d’Hygiène sociale de Dakar. Et ce n’est pas tout.

Risques de diabète et d’hypertension

Les analyses des compositions chimiques des produits révèlent un fossé entre les données chimiques des étiquettes et leurs réelles compositions. « Nous conseillons aux femmes de ne pas utiliser n’importe quel produit pour se dé pigmenter. Après analyse, nous avons remarqué sur les étiquettes 2% ‘ d’hydroquinone » alors qu’en réalité il y en avait 8 % voire plus en réalité. Ce sont des produits pharmaceutiques qui ont été détournés de leur vocation première », souligne le docteur Fatou Fall qui demande aux femmes voulant tourner le dos à la dépigmentation ou se soigner de se rapprocher des spécialistes. Les corticoïdes contenus dans les produits utilisés sont des facteurs potentiels du diabète et de l’hypertension. « On sait que les tubes utilisés par les femmes pour se dépigmenter contiennent des corticoïdes qui sont des facteurs de risques de l’hypertension et de diabète », fait savoir le docteur Fatou Fall.



Problème de cicatrisation des césariennes

Les femmes enceintes utilisant 60 grammes de produits corticoïdes par mois ont toutes les chances d’avoir des saignements. A cela, s’ajoute la forte probabilité de mettre au monde un enfant de faible poids. « Une seule étude a été réalisée au Sénégal portant sur 99 femmes enceintes répertoriées à la maternité de l’Institut d’Hygiène sociale de Dakar et qui montre que les femmes qui emploient des produits corticoïdes ont un bas poids du placenta, et un bas poids des naissances », fait remarquer le docteur Fatou Fall. De même la dépigmentation ne facilite pas la cicatrisation après une césarienne, sans parler des difficultés pour les interventions chirurgicales du fait de la faible épaisseur de la peau.

Il faut aussi reconnaître que de nos jours ce ne sont pas seulement les femmes qui s’adonnent à cette pratique. Les hommes aussi s’éclaircissent la peau. Et l’on ne sait pas pourquoi.


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