LES SYNDICATS D’ENSEIGNANTS DEGAGENT DES PISTES

Quelle réponse de l’école sénégalaise face à la recrudescence des violences physiques marquée par une série de meurtres ? Les syndicats d’enseignants s’indignent et formulent quelques recommandations pour venir à bout de ce phénomène de société. Mamadou Lamine Dianté veut plus de considération à la fonction éducation de l’école, tout en signalant que les cours d’éducation civique et de morale qui, jadis constituaient la première activité du maitre en classe, n’existent pratiquement plus dans nos programmes d’enseignement. Pour Abdou Faty, l’école doit jouer un rôle essentiel sur les séries de meurtres. Il invite la famille à jouer pleinement son rôle.
MAMADOU LAMINE DIANTE, COORDONNATEUR DU GCSE : «La fonction d’éducation de l’école est reléguée au second plan»
«Cela relance la question de la fonction éducation de l’école. Il y a 7 grandes fonctions de l’école parmi lesquelles l’éducation. Elle est laissée en rade et semble reléguée au second plan au détriment de la fonction enseignement. L’école doit être le lieu de transmission des valeurs. Cette fonction n’est plus assurée par l’école. Ce sont simplement des déclarations d’intention. Dans la loi d’orientation 91 22, il est déclaré en son article 6, l’éducation nationale reflète également l’appartenance du Sénégal à la communauté de culture des pays francophones ; qu’elle s’inscrit dans les courants du monde contemporain : par-là elle développe l’esprit de coopération et de paix entre les hommes. Aujourd’hui, dans le Curriculum de l’éducation de base (CEB), cette fonction est opérationnalisée aussi par le domaine N°3 portant sur le développement durable et vivre ensemble. Ce sont des déclarations d’intention. Mais aujourd’hui, les cours d’éducation civique et de morale qui, jadis constituaient la première activité du maitre en classe, n’existent pratiquement plus dans nos programmes d’enseignement. En effet, il n’y a aucun module précis d’éducation à la paix dans les programmes scolaires. Il y a une montée de l’intolérance dans notre société gangrenée par des violences de toutes formes pernicieuses (verbale et symbolique) et physiques. Si la société en arrivait à ce point, nécessairement, il existait de bonnes pratiques portées par l’éducation, notamment le scolaire qui ont été abandonnées progressivement. Il va falloir repositionner la fonction d’éducation de l’école pour apporter un remède à cette situation de la situation. Quand l’institution scolaire faillit à sa mission, il y a des répercutions, notamment des séries de meurtres».
ABDOU FATY, SG SELS/A : «L’école doit jouer un rôle essentiel sur les séries de meurtre»
«Il faudrait que les parents puissent faire des efforts pour un embryonnaire d’éducation à leurs enfants. L’école complète et accompagne les parents. Il est utopique de penser que l’école éduque. Les enseignants et les enseignantes sont victimes de violence. Nous n’allons pas baisser les bras pour demander au gouvernement, aux autorités scolaires et les enseignants de s’appesantir davantage à l’éducation morale, à la citoyenneté. Souvent ce sont des matières que les gens survolent. Malgré la faillite de la société, je lance un appel aux enseignants de redoubler d’efforts pour ces jeunes élèves pour construire une société. Les enseignants sont conscients de ce défi. La famille aussi doit jouer pleinement son rôle. L’école doit jouer un rôle essentiel sur les séries de meurtres. Mais avec des préalables avec la responsabilité des familles».

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