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L’espoir d’un dernier mais pour l’école

  • Date: 2 mai 2016

Le président de la République, recevant les centrales syndicales, leur a lancé un appel pour qu’elles reviennent à la raison. Une allusion faite notamment aux centrales syndicales de l’enseignement qui s’arc-boutent sur leurs revendications au point de risquer  à hypothéquer l’avenir de tous les enfants de la Nation.

Une situation de grèves cycliques dans le système éducatif qui fait courir le risque d’année blanche malgré les  assurances du Ministre Serigne Mbaye Thiam. Trop de mais, d’interrogations donc, gangrènent l’école depuis de nombreuses années. Cela ne saurait continuer. D’ailleurs, des élèves ont fait entendre leurs voix pour exprimer leur inquiétude à travers tout le pays notamment ceux de Thor dans le département de Thiès qui sont descendus dans la rue.

Il en est  de même d’organismes de la société civile, de parents d’élèves. La situation est tellement grave qu’elle mérite un sursaut national dans un seul élan pour sauver l’école. Il est en effet malheureux de constater que le Gouvernement et les centrales syndicales en sont arrivés à une situation d’impasse. Le Haut Conseil du Dialogue social que dirige Madame Innocente Ntap Ndiaye, malgré la bonne volonté affichée, ne fait pas mieux avancer les choses. Il souffre en effet d²un problème de crédibilité aux yeux des enseignants qui le considèrent comme une agence à la solde de l’état, si l’on en croit en tout cas, Mamadou Lamine Dianke du Grand cadre.
Pourtant, tout le monde est d’accord sur le fait que les enfants ne sauraient être sacrifiés sous l’autel d’intérêts personnels.

Or, il semble bien qu’au niveau de l’Etat, toutes les solutions aient été tentées même s’il est le premier fautif pour n’avoir pas respecté ses engagements. Là-dessus, tout le monde ne convient. Mais ce qui n’est pas difficile à comprendre, c’est que l’Etat est pris dos au mur. Le problème n’est pas, à notre avis, qu’il ne peut pas satisfaire les revendications des enseignants. Il peut le faire et les enseignants le savent. Cependant, la préoccupation de l’Etat, c’est que d’autres syndicats ou centrales veillent au grain. Il sait que s’il cède face aux enseignants, le Sutsas et d’autres syndicats pourraient adopter la même stratégie jusqu’au-boutiste. Or, le président de la République a déjà précisé que des augmentations des salaires de fonctionnaires ne sont pas enviables. L’intransigeance de l’Etat répond beaucoup plus à ce souci de ne pas ouvrir la boite de pandore et exacerber le front social par une radicalisation tout azimut de syndicats comme celui des travailleurs de la Justice, entre autres. L’Etat ne cèdera pas, a notre avis.

Du coup, seuls les enseignants peuvent, aujourd’hui, sauver l’Ecole. S’ils continuent à adopter la même stratégie de lutte par la grève et le blocage des notes, etc., ils auront contribué alors à sacrifier des générations de jeunes sénégalais. Et nous savons, sur cette question que tous les enseignants n’ont pas la même vision de la lutte. Il y a, parmi eux, ceux qui pensent que même si la grève est légitime, elle a trop duré. C’est pourquoi, comme dans les situations conflits armées, il serait bon qu’il y ait des médiateurs autres que ceux qui s’activent maintenant. Nous pensons notamment à des instances internationales comme le Bureau international du travail, etc.
Il faut que l’Etat fasse appel à des médiateurs internationaux dans un conflit qui le dépasse et qui a des conséquences graves sur l’avenir de nos enfants. Dans le même ordre d’idées, il serait bon que les parents d’élèves s’impliquent davantage dans ce conflit par des plans d’action concertés pour pousser les différents acteurs à savoir raison garder.

Assane Samb

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