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Lettre ouverte à Son Excellence Monsieur le Président de la République : « Reprendre en main le parti malgré les charges inhérentes à vos fonctions»

Excellence Monsieur le Président de la République,
Je me suis résolu à vous adresser cette présente lettre ouverte pour vous faire part de mes idées et de mes réflexions, relativement à la vie du parti, en rapport avec les  importantes échéances électorales de 2019.
J’avoue que les questions qui seront soulevées dans cette présente lettre, auraient dues  faire l’objet d’un traitement et d’une réflexion interne au sein du parti. Cela me paraît plus approprié et plus méthodique et  a toujours  a été mon souhait.
A défaut d’un   cadre politique  dédié et d’oreilles attentives et disponibles et à ma portée, J’ai opté, Par devoir, par amitié, mais aussi par engagement militant à vos cotés, pour cet échange épistolaire, aux fins de  partager avec votre haute bienveillance, mes espoirs et mes inquiétudes en vue des prochaines élections.
Excellence Monsieur le Président de la République, Votre bilan à la tête du pays n’est pas seulement bon, il est exceptionnel à tout point de vue. Vous n’avez pas seulement redressé le pays qui était au bord de la faillite à votre  arrivée, vous l’avez placé sur les rampes de l’émergence.
Tous les secteurs de la vie économique et sociale sont positivement impactés. Sur le plan des infrastructures vous avez en six ans,  fait  plus  que votre prédécesseur en 12 ans.
Sur le plan social, vous avez conçu   et mis en œuvre la politique  la plus audacieuse qu’un Président africain ait osé entreprendre. Tout y passe : Bourses de sécurité familiale, couverture maladie universelle, baisse des impôts,  baisse du coût du loyer, baisse des prix des denrées de première nécessité, baisse du coût de l’électricité, maitrise de l’inflation, gratuité  de la césarienne, opérationnalisation du plan sésame, PUDC,PUMA etc.
Je pourrais en dire autant sur le plan de la santé, de l’éducation et de la formation, de l’emploi des jeunes, de l’agriculture, de l’élevage,  de la pêche, de l’accès à l’eau et à l’électricité, de l’équipement des forces de défense et de sécurité…Vous avez réussi a stabiliser la croissance au tour de 7%, et placé le Sénégal dans le top 10  économies africaines  les plus compétitives et les moins corrompu d’Afrique. L’intelligence politique, la lucidité et la fermeté avec lesquelles vous avez géré le conflit casamançais, les transitions politiques en Gambie et au Burkina Faso, ont confirmé au monde entier votre stature d’homme d’Etat.
Ceci est incontestable, ce sont des faits et des chiffres connus de tous.
Vous avez respecté scrupuleusement vos engagements électoraux. Nous y reviendrons dans une prochaine contribution.
A ce niveau de mon analyse, je pose la question fondamentale qui  taraude les esprits depuis plusieurs mois : pourquoi malgré ce bilan hautement positif, avons nous obtenu aux dernières élections législatives moins de à 50% des suffrages ?
De la bonne réponse à cette question fondamentale et de sa gestion, dépendront  largement nos résultats en 2019. Je sais, excellence, que les deux élections ne sont pas de même nature et ne se préparent pas de la même façon. Mais je préfère, ne pas tenir compte de ces paramètres pour le moment, l’essentiel étant ailleurs.
Si le bilan était le paramètre le plus important, nos résultats dépasseraient largement 65%,  j’en suis convaincu et nous aurions gagné à Touba. Aucun Président n’a fait autant que ce que vous avez réalisé dans la ville sainte.
Dans une de mes contributions parues en  Décembre 2015 je disais exactement ceci : « Un bilan économique positif  ne garantit pas à lui seul, la victoire à un candidat sortant.»
L’idée la plus partagée au sein du parti c’est que nous gagnerons très largement les prochaines élections. C’est très possible et même probable. Mais je ne crois pas et je ne croirais pas à une élection gagnée d’avance. C’est une règle vérifiable partout : un adversaire faible mais déterminé peu venir a bout d’un concurrent fort, mais qui pêche par excès de confiance.
Notre bilan est élogieux, c’est une potentialité électorale considérable qu’il convient de transformer en opportunité.  Il  faut derrière le gouvernement un parti fort, discipliné et engagé, un appareil politique solidaire et mobilisé, pour jouer pleinement  sa partition dans la vulgarisation de nos idéaux et de nos résultats, dans la défense de notre bilan, et dans le combat sans concession contre l’opposition sur tous les fronts.
L’adversaire, faible encore en capacité de mobilisation, reste déterminé. Il use et abuse de la  caricature,  de la désinformation et de la manipulation des consciences pour banaliser les réalisations du gouvernement et pour amoindrir leur impact positif dans la perception des populations. Nous ne devons pas négliger les effets pervers de cette stratégie adverse.
 L’analphabétisme et l’insuffisance de culture politique sont des facteurs  qui facilitent l’intoxication et la manipulation des esprits.
Cette perméabilité à l’influence,  de franges importantes des populations explique en partie la faiblesse de notre score  aux dernières élections. Il s’y ajoute, qu’il y’a de jeunes, primo votants, qui s’ajouteront en nombre sur les fichiers électoral. Non pris en compte et encadrés convenablement ces jeunes peuvent être victimes de la campagne de l’opposition  et nous sanctionner. Le risque est toujours  la, nous devons l’appréhender dans toute sa dimension.
Un parti au pouvoir, c’est souvent par surprise qu’il perd les élections. L’ivresse du pouvoir l’empêche souvent de voir la réalité en face. Ne tombons pas dans ce piège. Reconsidérons notre manière de faire et de fonctionner. Nous  n’avons pas été assez fort, assez organisés, assez percutants, assez engagés et assez solidaires, pour apporter la réplique à l’opposition et valoriser notre bilan lors des dernières  élections. Nous devons procéder à une rétrospection interne et reconsidérer  notre manière de faire, notre manière d ‘être et notre manière de fonctionner pour assumer notre mission historique : assurer l’émergence de notre pays.  Notre adversaire véritable n’est pas l’opposition ; elle n’est pas crédible même si elle peut faire mal. Le véritable ennemi de l’APR c’est l’APR elle même.
Tout se passe comme si notre parti s’est embourgeoisé, les liens avec le peuple militant sont devenus lâches. Beaucoup de militants à tord ou à raison sont découragés, se sentant parfois abandonnés et délaissés. »
L’arrogance, la suffisance d’une bonne partie de l’élite du parti, en seulement  quelques années de pouvoir est tout bonnement déroutant. Beaucoup de camarades qui s’étaient engagés avec vigueur, persévérance, patriotisme, se découragent à tord ou à raison. L’APR  a perdu de son PUNCH et la flamme militante devient moins ardente.
Excellence Monsieur le Président de la République, Vous avez dû vous même faire le même constat que moi, car dans votre lettre aux militants vous disiez textuellement ceci : « Seul un retour à nos fondamentaux structurants, à nos Valeurs fondatrices, pourrait nous pousser à dépasser les frustrations factices, les coups de Jarnac inutiles, le sectarisme inhibiteur, les combats fratricides d’arrière – garde, l’arrogance indue et les prétentions infondées. Un grand Parti tel que le nôtre, qui a réussi l’exceptionnel politique au Sénégal, ne doit pas sombrer dans de pareilles dérives. Refusons et rejetons de telles pratiques »
Excellence Monsieur le Président de la République, l’heure de la remobilisation militante a sonné. « LUY JOT JOTNA. » Votre réélection  pour un deuxième mandat dépasse le cadre strictement politique. C’est un impératif citoyen permettant de parachever les fondamentaux de l’émergence définitive de notre pays. On ne doit pas laisser le pays aux aventuriers de tout bord, assoiffés de vengeance et de pouvoir, et qui ont eu a démontrer leurs incapacités chronique à gérer le pays.
Il me semble important de lancer une offensive générale de remobilisation pour un sursaut républicain des militantes et des militants de l’APR, tant au Sénégal qu’au niveau de la diaspora.
Il faut que vous repreniez en main le parti, malgré les charges inhérentes à vos fonctions.
De par ma position dans le dispositif des associations d’élus, je suis en mesure d’affirmer que beaucoup de maires ou de présidents de département que je reçois à longueur de journée, ne se sentent pas assez considérés et assez valorisés et ont tendance à se décourager.
Excellence, il me semble important de trouver les formes les plus appropriées pour les recevoir et discuter convenablement avec eux, les écouter, les soutenir moralement et les encourager.  Ils ont besoin de cette forme de reconnaissance morale et de cette forme de valorisation pour mieux avancer. Il ne s’agira pas à mon avis d’une rencontre nationale avec tous les maires ou seulement quelques représentants souvent Ministres  auront l’opportunité de prendre la parole et de parler en leur nom sans concertation préalable. Il faut à mon avis, des rencontres par département pour permettre à chaque maire, à chaque président de département de prendre la parole, de s’exprimer et de communiquer directement avec Vous. Ces échanges directs marqueront un  déclic dans la remobilisation du parti.
Vous saurez et je le sais, trouver les mots justes pour lever les équivoques, clarifier les options, décliner votre vision, encourager, remobiliser et remettre tout ce beau monde au travail, ou plutôt sur le champ de bataille politique.
Il faut que toute l’élite du parti si je peux l’appeler ainsi se montre plus ouvert, plus accueillant et plus disponible envers les élus et envers les militants. Il faut à mon avis donner des instructions fermes dans ce sens.
Les militantes et les militants, les élus locaux doivent aussi se convaincre ce n’est pas en croisant les bras ou en boycottant l’animation politique qu’ils feront avancer leur cause.
Leur situation sera pire s’ils laissent l’opposition prendre le pouvoir.
Il nous faudra ensuite concevoir notre stratégie de campagne et de communication dans la presse, mais surtout dans les villages et dans les quartiers. Il faut élaborer des outils appropriés à mettre à la disposition des débatteurs et des animateurs à la base. Il faut organiser et structurer notre plan de communication et se battre sur tous les plans, dans les villages dans les quartiers pour ne laisser aucune place à la caricature et à l’intoxication.
C’est à ce prix que nous pourrons gagner les élections futures. Je ne crois pas, je l’ai déjà dit, à une victoire facile acquise d’avance. Il nous faut être dans les dispositions et dans l’état d’esprit  d’un combat de rue ou les positions se gagneront mètre par mètre.
Nous engagerons le combat politique avec enthousiasme, car contrairement à l’opposition nous agirons ainsi dans le sens de l’histoire avec votre bilan en bandoulière.
Je demeure convaincu, que personne ne peut compromettre l’APR, à moins que l’APR ne se compromette elle même.
Voilà excellence, c’est par ces idées et ces réflexions que j’ai voulu, avec naïveté peut-être mais en toute  solidarité et  fraternité, contribuer dans le processus de retour aux valeurs fondatrices de notre parti.
Je tiens aussi, malgré les contraintes du moment, à vous renouveler, mon amitié, ma fraternité et mon indéfectible loyauté.
Oumar BA
Maire de Ndiob
Président du collectif des maires du Sine-Saloum.
Président du réseau des villes et communes vertes et écologiques du Sénégal
Vice-Président et Secrétaire Permanent de  de L’AMS

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