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LEURRES ET LUEURS DE LA RENTRÉE (Par Baye Dame Wade)

  • Date: 26 octobre 2015

Le Président Macky Sall ne doit point rater ce virage stratégique du dernier trimestre. Il lui faut impulser les changements idoines, émettre ce déclic qui est toujours attendu, pour qu’on sente qu’il a bien compris les urgences

Après la rentrée des classes, celles gouvernementale et du secteur privé, c’est tout le pays qui a repris le cours normal du travail avant d’enclencher la dernière ligne droite vers la fin de l’année. D’ici là, bien des chantiers en perspectives.

D’abord, il a fallu contenir la forte pression sociale des préparatifs de la Tabaski. Une folie collective dans la recherche du mouton qui n’a absolument rien à voir avec la religion, mais plutôt une obligation socioculturelle à laquelle il faut s’en sortir. Sans compter le manque à gagner économique engendré par presqu’une semaine de « non-travail ». Un non-sens pour un pays prétendant à l’émergence… Après la Tabaski, ce fut la rentrée des classes.

Ensuite, ça va être le magal de Touba, le gamou de Tivaouane, les fêtes de fin d’année… Comme si dans notre pays, on ne travaillait que pour faire la fête. C’est ahurissant cette relation quasi-névrotique avec la « fête » alors que les urgences de production économique sont plutôt renvoyées aux calendes… sénégalaises.

Après 45 jours de vacances gouvernementales, c’est bien la reprise avec plein de dossiers sur la table. D’abord, les inondations récurrentes de la banlieue qui ne semblent pas avoir été traitées structurellement, malgré tout le bruit fait alentour, ces dernières années. Il a beaucoup plu et la banlieue a été inondée avec son lot de désagréments et de nuisances. Comme si les travaux d’assainissement pré-hivernage s’arrêtaient seulement aux portes de Dakar-ville. Vraiment dommage !

Il y a encore et toujours la question énergétique. Un déficit structurel qui semble pris en charge, progressivement, par l’équipe dirigée par Mouhamadou Makhtar Cissé. Dans certaines zones, il y a eu moins de délestages que précédemment. Comme quoi, avec des compétences aux bonnes positions de commandement, on peut arriver à des résultats tangibles. Faudrait-il que le gouvernement mette la main à la poche pour aider à équilibrer l’offre et la demande énergétique.

On a beaucoup spéculé sur un remaniement ministériel allant jusqu’à intoxiquer l’opinion sur un éventuel départ de l’actuel chef du gouvernement. Pendant que le traitement des dossiers urge, notamment du Plan Sénégal Emergent, on nous divertit sur des futilités politiciennes. Le Président Macky Sall ne doit point rater ce virage stratégique du dernier trimestre. Il lui faut impulser les changements idoines, émettre ce déclic qui est toujours attendu, pour qu’on sente qu’il a bien compris les urgences de l’heure. Ce qui n’est pas encore le cas…

Même si la dernière mission du FMI a noté avec « satisfaction » la détermination du gouvernement à améliorer la qualité des dépenses publiques et à « accélérer » les reformes structurelles pour mettre le Sénégal sur le chemin d’une croissance durable. Ali Mansoor, le chef de mission du FMI au Sénégal, a affirmé que, pour une fois, la croissance sera au rendez-vous et les objectifs de cette année seront atteints.

L’État avait prévu une croissance de 5,4%. Et d’après les prévisions du FMI, le taux en 2015 sera entre 5% et 5,5%. Un changement positif, comparé à la moyenne de 3%, connue ces 30 dernières années. Toutefois, M. Mansoor pense que le PSE, en tant qu' »excellent programme se comporte bien » et soutient qu’il y a des retards dans l’atteinte des objectifs de croissance de 7% à 8% sur 10 ans. « Si on veut être plus ambitieux et atteindre les objectifs de 7% à 8% visés dans le PSE, il faut accélérer les réformes, élargir le plan d’actions pour approfondir l’application des réformes ».

Pour le chef de mission du FMI, « il faut ouvrir l’espace économique. Il faudrait que l’installation soit facile pour les PME qui doivent émerger de l’informel en grandissant avant de créer de l’emploi et de la richesse pour une meilleure croissance ». Il faut ouvrir l’espace, pas à cet investissement qui vient chercher juste des opportunités au Sénégal, mais à l’investissement privé qui vient utiliser le Sénégal comme une plateforme pour la production mondiale à l’image de la Chine.

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