LIBÉRATION DE KARIM Macky et les Wade inventent « la grâce conditionnelle »

Après la « Liberté provisoire permanente » (LPP), le Sénégal est en passe d’inventer la « grâce conditionnelle ». Bien sûr, ces instruments n’existent pas en Droit pénal. Mais, à la lumière de certaines affaires, quelqu’un, en haut lieu, fait comme si les sciences criminelles devraient être réinventées au Sénégal et que le droit répressif est taillable et malléable à loisir.
Eh bien, la liberté de Karim Wade que l’on ne présente plus, nous offre, encore une fois, un cas d’école. Élargi à la faveur d’une grâce, l’homme a pondu d’un communiqué pour expliquer, en substance, que les conditions de sa libération ne lui ont pas permis d’aller à Touba et de remercier ses sympathisants et les Sénégalais qui ont lutté pour sa libération. Et, quelles sont ces conditions ? L’homme aurait été embarqué en voiture par le Régisseur de la prison, lui-même, jusqu’au tarmac de l’aéroport selon des sources qui se sont confiées à nous. Et il aurait atterri dans le jet privé qui l’attendait en compagnie du Procureur général du Qatar.
Les circonstances d’une telle libération ressemblent fort à une liberté conditionnelle qui, elle, est prononcée par un juge et astreint le bénéficiant à un certain nombre de contraintes. La comparaison est importante parce que la grâce, une fois signée, permet au détenu de recouvrer une entière la liberté. Une fois la porte de la prison franchie, personne n’a plus le droit de le soumettre à une quelconque restriction liée à son statut d’ancien détenu. Il est libre comme l’air. Eh bien, c’est ce qui a manqué à Karim dans cette affaire. Le fait qu’il reconnaisse, en filigrane, avoir été soumis à certaines contraintes, signifie clairement qu’il a eu un accord secret, qui l’obligeait à se soumettre à celles-ci. Que son père Me Wade ou n’importe quel autre cacique du parti libéral ait mené les négociations n’y change rien. Karim est partie prenante du deal. Il ne pouvait pas l’ignorer, se faisant, il en est complice. Nos sources nous signalent qu’il a été accueilli comme un prince par le jeune Emire du Qatar et il a rompu le jeun en présence de toute la famille royale. L’Emire serait son ami depuis Londres où il l’aurait aidé à parfaire sa formation.
Précisons, cependant, à l’attention de nos lecteurs, que ces types d’accords sont totalement illégaux aux yeux de la loi. Il s’agit de simples arrangements qui n’ont aucune portée juridique mais auxquelles les personnes se soumettent comme dans les deals de la mafia. C’est juste un pacte moral. C’est pourquoi, les avocats de Karim n’ont fait aucune déclaration parce qu’ils savent qu’on est plus dans le domaine strict de la loi qui s’arrête à la grâce. Et pour s’en convaincre, il suffit de se rendre compte que cette libération a été faite nuitamment, très tard, avec tous les réseaux de communication coupés.
Pourtant, Karim avait la latitude de refuser un tel arrangement. Il savait qu’il entrait dans un deal dont les conséquences politiques pourraient être graves. Si, en effet, son séjour au Qatar se prolongeait, nombre de Sénégalais se détourneront de lui. Pire, il aurait signé une forme d’aveu de culpabilité qui pourrait oblitérer ses ambitions présidentielles.
Calcul politique électoraliste
À ce propos, on peut se demander quelles surprises nous réservent encore Macky et les Wade. Nous sommes, en effet, convaincus que les choses ne s’arrêteront pas là et que tous les termes du protocole ne sont pas connus. Loin s’en faut. Les Sénégalais ne sont pas au bout de leurs surprises. Macky a manifestement privilégié le calcul politique électoraliste. L’alliance d’avec le Parti démocratique sénégalais (Pds) que dirige son ancien mentor, Abdoulaye Wade, le fait rêver pour trois raisons fondamentales.
La première que sa coalition Benno Bokk Yakaar (BBY) est oblitérée dans sa fonctionnalité par les scissions ou rébellions notées à l’Alliance des forces du progrès (AFP) et au Parti socialiste (PS). Il n’a plus grand-chose à attendre de ces anciens alliés d’autant plus qu’il sait qu’il peut compter sur Tanor et Niass qui ne sont pas prêts à quitter la barque.
L’autre raison, c’est que face à l’hostilité du vote mouride, il pense que la libération de Karim, le rapprochement avec des cadres du Pds comme Madické Niang qui a beaucoup d’entrées à Touba pourraient lui ouvrir les portes de la cité religieuse.
Enfin, il a toujours pensé pouvoir réunir la grande famille libérale avec la bénédiction de leur père spirituel, Me Wade. Le Pds étant une grande machine sans gouvernail, son alliance avec ce parti aurait l’avantage de maximiser ses chances aux élections mais surtout d’isoler Idrissa Seck qui a compris le manège.
Toutefois, ces calculs ne tiennent manifestement pas en compte le fait que le peuple, très déçu, peut ne pas adhérer à cette dynamique. Le vote-sanction des Sénégalais n’est pas à écarter si les hommes politiques persistent à monter des deals sur sons dos. C’est dire que ni Macky ni Karim n’ont pas, suffisamment, tenu compte de cette donne qui a pourtant son importance.

Assane Samb

Numéros Utiles

Indicatif Sénégal (de l’étranger) :

221

Renseignements :

12 12

Horloge parlante :

15

Aéroport :

33 869 50 50 / 33 628 10 10

Sénélec (dépannage) :

33 867 31 00

Sénélec (délestage BCC) :

33 839 94 35

SDE (dépannage) :

800 11 11

Sonatel (dérangement) :

13

Hotline Orange :

41 41

Commissariat Central :

33 823 25 29 / 33 823 71 49

Gendarmerie num vert :

800 20 20

SOS MEDECINS :

33 889 15 15

SUMA ASSITANCE :

33 824 24 18 / 33 824 60 30

POMPIERS :

33 823 03 50

Centre anti poison :

818 00 15 15